1966 312

Ferrari 512 (Mexique 64)
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Résultats F312
Erreurs et échecs à tous les étages
Le 1er janvier 1966 marque donc le début de la Formule 1 3 litres. Alors que la presque totalité des écuries est encore en quête d'un moteur répondant à ce critère, Ferrari n'a pas à chercher bien loin pour trouver la perle rare. Son V12 est une référence en endurance et c'est le 3,3 litres utilisé au Mans qui va se retrouver en version 3 litres dans les nouveaux châssis de Maranello. Annoncé pour 360 chevaux, il est présenté dans sa voiture dès le mois de Décembre 1965 à la presse. Il possède 3 soupapes par cylindres, quant à la voiture c'est une semi monocoque qui impressionne son public par sa finition. Pour tous les observateurs présents, il est clair qu'ainsi armée en un temps record par rapport à la concurrence, la Scuderia Ferrari devient la grandissime favorite pour 1966. De plus, son équipe de pilotes représente une force non négligeable puisque c'est le duo rodé Surtees Bandini qui portera les destinées de l'écurie cette année. Surtees est sorti de son calvaire à la force du poignet, en s'imposant une rééducation draconienne à une vitesse étonnante. Il est désormais en pleine forme et le fait savoir. La seule équipe qui sera elle aussi vraiment prête pour le début du championnat est Brabham, mais tout le monde se gausse de la faible puissance du moteur Repco et le côté frustre de son châssis laisse pensif. Très grosse erreur d'appréciation, que John Surtees va commencer à débusquer dès les premiers essais hivernaux. Pour se remettre à niveau, il s'est beaucoup entraîné au volant de la 246 Tasmane, plus légère et plus maniable. Aussi, lorsqu'il va essayer cette fameuse 312, les chronos vont la révéler bien plus lente que la petite 2,4 litres. Lors de l'International Trophy à Silverstone (hors championnat), il sera proprement battu par... la Brabham Repco de Jack, voiture soi-disant asthmatique au châssis vétuste. S'en suit une discussion animée avec Forghieri lorsque John lui assure que le moteur de la 312 ne doit dévellopper au plus que 270, voire 280 chevaux. Pour John, tant que le V12 n'est pas amélioré tout du moins, il faut utiliser la 246. A cette ambiance tendue, va venir se greffer Eugenio Dragoni et sa fameuse idée fixe: pousser Bandini au premier plan. Et pour le directeur sportif aveuglé par son nationalisme outrancier, l'occasion est trop belle: selon lui, Surtees n'est plus au mieux de sa forme depuis son accident et il le fait délicatement savoir l'Anglais qui apprécie pleinement le compliment.

La saison débute à Monaco et John demande à Dragoni de courir avec la 246 plus adaptée selon lui au tracé tortueux de la principauté. Refus catégorique du directeur qui argue qu'une Ferrari doit avoir un V12 et que le premier pilote en est l'étendard. En course, Surtees sera contraint à l'abandon sur rupture de la boîte qui a déposé le bilan suite aux nombreux changements de vitesses que John lui a imposé "pour faire avancer cette satanée voiture". Bandini qui pilotait la 246 finis ... deuxième. L'anglais est blanc de rage. Il va se venger au Grand Prix de Belgique disputé sous le déluge en gagnant au volant de la V12, mais uniquement parce que le leader Rind va casser son couple conique en fin d'épreuve. Bandini sur la 246 est troisième et Dragoni fait la gueule. La coupe est pleine et une semaine plus tard, lors d'une réunion d'équipe sur la composition des équipages pour les 24 Heures du Mans, une violente discussion va opposer Dragoni et Surtees qui va couper court en claquant la porte de la Scuderia. A toutes ces erreurs tactiques va venir s'ajouter la non intervention d'Enzo Ferrari. Il fut certes ennuyé par le départ de celui qui lui avait ramené le titre modial et qui avait tant fait progresser l'écurie mais, pour ne pas désavouer son directeur sportif, ne leva pas le petit doigt pour retenir Surtees. Il aurait été plus inspiré de faire l'inverse et le cours du championnat 1966 en aurait certaine modifié.

Quoi qu'il en soit, Eugénio Dragoni a atteint son but et Bandini se retrouve premier pilote au Grand Prix de l'A.C.F. avec Michael Parkes, pilote d'endurance de l'écurie Sport, qui remplace Surtee, Le sourire du directeur sportif s'allonge au soir des essais: Bandini est en pole et Parkes est troisième. Lorenzo va mener les deux tiers de la course quand son câble d'accélérateur casse à Thillois. Il tente de le réparer sur place sous le regard effondré de son "protecteur" mais il sera finalement contraint à l'abandon. Parkes termine néanmoins deuxième. En Hollande, les 312 sont carrément hors du coup et en Angleterre, les Ferrari sont tout simplement absentes. Le Commendatore argue de grèves en Italie qui perturbent les déplacements mais personne n'est dupe: la situation au sein de la Scuderia est critique. En Allemagne, Ludovico Scarfiotti se qualifie devant les deux 312 au volant d'une 246. La crédibilité du V12 en prend encore un sacré coup! En course, seul Bandini termine à une lointaine sixième place. La grande domination annoncée en début d'année est restée lettre morte car Jack Brabham sur sa "poussive" voiture vient de remporter son quatrième Grand Prix d'affilée et le titre par la même occasion. On peut sans risques affirmer que c'est là une belle année gâchée par des intrigues mesquines et des choix tactiques hasardeux. Ferrari le sait mieux que quiconque et est bien décidé à frapper un grand coup pour le Grand Prix d'Italie où toute la péninsule attend malgré tout un sursaut d'orgueil du petit cheval cabré. Aux essais, Parkes réussit la pole, Scarfiotti est second et Bandini troisième. La course va voir Brabham mener jusqu'à son abandon sur fuite d'huile, puis un combat pour la victoire entre Parkes et Scarfiotti. Ce dernier va finalement l'emporter devant son compagnon d'écurie. C'est une nouvelle fois le délire à Monza car Ludovico est le premier Italien depuis le grand Alberto Ascari à gagner au volant d'une Ferrari, qui plus est en Italie. Ce feu de paille ne peut que donner des regrets et ne masque pas l'échec de la Scuderia qui semblait parfaitement taillée pour cette nouvelle réglementation 3 litres.

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Pilotes F312
John Surtees
Lorenzo Bandini
Ludovico Scarfiotti
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L'album photo de la F312
Essais février 66
Surtees
Monaco
Surtees: 312
Bandini: 246
Monaco: Bandini Monaco: Bandini Monaco: Bandini Surtees Surtees
Belgique
Surtees: 312
Bandini: 246
Bandini Surtees
France
Bandini Parkes
Allemagne
Bandini, Parkes: 312
Scarfiotti: 246
Bandini Allemagne: Bandini Scarfiotti
Italie
italie: Bandini Parkes Scarfiotti
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Fiche technique F312
Engine :   Type 218 rear-mounted 60° V12 (derived from 216), light alloy cylinder block and head, special cast iron wet liners, 126 mm connecting rods, water cooled
Bore and stroke :   77 x 53.5 mm
Unitary and total capacity :   249.1297/2,989.556 cc
Compression ratio : 11.8:1
Max. power output : 360 bhp at 10,000 rpm
Timing gear :   2 valves per cylinder, 2 camshafts per cylinder bank, chain drive
Fuel feed :   Lucas indirect injection
Ignition :   Twin-plug, 2 coil ignition units and 4 coils
Lubrication :   Dry sump with radiator
Transmission :   Rear-wheel drive, Borg & Beck multi-plate clutch, 589 rear longitudinal overhanging 5-speed gearbox + reverse, plunger-type limited-slip differential
Chassis :   Type 589 monocoque, aluminium panels in double wall riveted to a tubular steel structure  
Front suspension :   Double wishbone, upper rocker arm, reversed lower wishbone, inboard spring/damper units, anti-roll bar
Rear suspension :   Upper arm, reversed lower wishbone, 2 radius arms and anti-roll bar
Steering : Rack and pinion.
Brakes : Girling discs and callipers, inboard at rear on differential housing, independent hydraulic circuits, 2 pumps
Tyres: Front 5.50x14", rear 7.00x14". Dunlop.
Rims : Cast in light alloy. Front 7.50x14". Rear 9.50x14"
Wheelbase : 2,400 mm.
Front/rear track : 1,450 mm / 1,435 mm.
Length : 3,830 mm
Width: 760 mm
Height : 870 mm
Weight with water and oil : 548 kg
Fuel tank : 158 litres in 5 Pirelli rubber tanks
Bodywork : Aluminium single-seater body with composite elements

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