La troisième marche du podium:
le purgatoire des grandes équipes, mais Benetton l'a méritée
après deux saisons au sommet et notre ami Flavio Briatore avait l'oreille
d'autant plus basse qu'il utilisait le même moteur que l'équipe
Williams, c'est-à-dire le célèbre V 10 Renault. Il avait
réussi l'an passé à faire mieux que Frank, son adversaire
direct, et il a fait moins bien cette année. Il y a des explications
à cela et elles ne relèvent pas forcément du talent des
deux pilotes qui fut mis en cause au début de la saison. Tout d'abord,
la B 196 - radicalement nouvelle par rapport à sa devancière -
fut conçue à l'origine pour Schumacher, avec des détails
spécifiques exigés en cours de saison 95 par le pilote allemand
qui prit ensuite le chemin de Maranello. Ainsi, la boite de vitesses longitudinale
à 7 rapports. Vinrent ensuite des difficultés dans l'exploitation
du V 10 Renault, notamment dans le domaine de la boite à air. Le moteur
avait du mal à respirer, il était moins "rond" dans
les reprises et il fallut l'intervention de la télémesure, selon
Alesi, pour que soient définitivement abandonnés les 7 rapports
de la boite qui ajoutaient donc un peu plus aux problèmes. Mais c'est
peut-être là que le bât blessait.Autant il y avait eu auparavant
accord parfait entre les ingénieurs de Benetton et Schumacher, autant
les méthodes d' Alesi et de Berger, issus de la Scuderia, différaient
de celles de leur nouveau staff technique. Le mariage fut long à être
consommé. Enfin, Benetton rencontra des problèmes dans un domaine
qui avait été jusque-là son point fort : la fiabilité.
Suspension, freins, porte-moyeu, système hydraulique furent autant d'épines
dans le pied de Berger et d'Alesi.