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1993 |
B 193
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| 3e au Championnat du monde des Constructeurs |
| 1 victoire, 72 points |
Pourrait mieux faire
1993 doit être pour Benetton la concrétisation du décollage amorcé en 1992, c'est en tout cas ce que tout le monde souhaite dans l'entourage de l'écurie Anglo-italienne. Une nouvelle usine flambant neuve à Enstone, un Schumacher en pleine ascension épaulé cette année par le vétéran Riccardo Patrese dont l'expérience de la suspension active chez Williams sera d'une aide précieuse et un nouveau moteur Ford «série VIII» à distribution pneumatique, les choses devaient fort logiquement s'accélérer cette année. Pourtant au vu de l'exercice 1993, on ne pourra que constater une certaine stagnation qui n'apporte pas grand-chose en terme de résultats: si Benetton réussit à terminer troisième derrière Williams et McLaren, c'est avec moins de points qu'en 1992, et on aurait pu espérer qu'elle se classe au moins devant l'écurie de Ron Dennis qui utilisait le même moteur, et encore sans les dernières spécifications dont Benetton avait l'exclusivité. Plusieurs raisons expliquent cet état de fait.
Le châssis B193, qui évoluera vite en B193B, se montra long et difficile à mettre au point. Les pilotes peinèrent beaucoup pour trouver les bons réglages, surtout en qualifications. Le moteur Ford eut quelques petits problèmes de santé dans la saison et le tout proposa une fiabilité bonne, mais pas irréprochable comme en 1992. Des occasions de points, voire de victoires furent gâchées comme à Monaco où Michael était en tête après l'arrêt de Prost quand d'un coup la pression hydraulique de sa voiture chuta, bloquant la boîte de vitesses. Le problème principal du Ford était un manque de puissance par rapport au Renault et la recherche effrénée des quelques chevaux encore disponibles provoqua d'inévitables casses. Au niveau des pilotes, Riccardo Patrese fut loin de se montrer aussi vaillant que ne le fut Martin Brundle l'an passé et accusa réellement le poids des ans sur ses épaules. Déjà malmené par Mansell en 1992, il fut totalement laminé par son jeune et talentueux coéquipier en 1993. Il ne fut d'aucun secours à Michael qui n'avait besoin de personne pour régler sa voiture et la meilleure (et cruelle) preuve en fut fournie au Grand Prix d'Angleterre où l'Allemand étant sorti de piste aux essais, dut monter en catastrophe dans la monoplace de l'Italien sans rien y changer et avec laquelle il se qualifia deux secondes plus vite que Riccardo! Patrese ne chercha d'ailleurs pas d'excuses et cet épisode, ajouté à son abandon volontaire du Canada un mois plus tôt (suite à descrampes de fatigue), ne fit que confirmer qu'après dix-sept saisons pleines et plus de deux cents Grands Prix de Formule 1 à son actif, celui qui était devenu un des pilotes les plus appréciés du paddock pouvait légitimement prétendre à une retraite bien méritée, ce qu'il fera en fin d'année.
Malgré toutes ces réserves, la saison 1993 reste comme un bon cru pour Benetton et surtout pour Michael Schumacher qui continua à démontrer toute sa classe en alignant les podiums et en remportant une seconde victoire. C'était au Portugal et lorsqu'après la mi-course, il eût pris la tête devant Alain Prost grâce à un ravitaillement éclair dont les mécaniciens de Benetton devenaient des véritables spécialistes, il ne connut plus de soucis jusqu'à l'arrivée. Il savait pertinemment qu'Alain se satisferait de sa seconde place pour décrocher son quatrième titre de champion du monde ce jour-là et ne se posa donc pas trop de questions.
Pilotes
L'album photo de la B193