Williams FW 16 1994



Pilotes Résultats Photos Le championnat 1994 Moteur


Pilotes FW 16
       

0  Damon Hill
   
2  Ayrton Senna

2  David Coulthard
remplace Senna

2  Nigel Mansell

remplace Senna en France,
Europe, Japon et Australie

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Fiche technique FW 16

Moteur:
Renault V10 RS6 de 3 litres, à aspiration atmosphérique
Système de gestion du moteur:
Magneti Marelli
Boîte de vitesses:
Boîte transversale semi-automatique 6 vitesses Williams
Embrayage:
AP
Châssis:
Monocoque en fibre de carbone
Suspension:
tubes jumelés, mue par poussoir, hydropneumatique
Freins:
Disques et plaquettes Carbone Industrie, étriers AP Racing
Carburant:
Elf
Huile:
Elf
Pneus:
Goodyear
Bougies d'allumage:
Champion
Voie avant:
1670 mm
Voie arrière:
1600 mm
Empattement:
2990 mm
Poids:
505 kg à sec
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Renault RS6

Configuration : 10 cylindres en V à 67 degrés
Cylindrée: 3500 cm3
Longueur: 623 mm
Largeur: 550 mm
Hauteur aux culasses : 411 mm
Poids: 134 kg
Matériaux: Culasses en aluminium, bloc-cylindres,
carter principal et carter de distribution en aluminium léger
Soupapes: 4 par cylindre, à commande pneumatique
Gestion électronique: Magneti Marelli
Puissance: 790 ch
Régime maxi: 14300 tr/mn
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Résultats FW 16
Champion du Monde Constructeurs
118 points, 7 victoires, 6 pole positions
La douleur
Une fois de plus, tout est dit et prédit à l'orée de 1994: Ayrton Senna va faire mieux qu'Alain Prost et le championnat va tourner au cavalier seul. Comment peut-il en être autrement ?
SennaPourtant dès les premiers essais hivernaux, Ayrton débusque le «loup» grâce à son feeling technique immense: la nouvelle FW16 semble vicieuse, affectée d'une tenue de route incertaine et difficile à cerner. Globalement l'ensemble est satisfaisant mais Senna le perfectionniste est gêné par deux ou trois petites choses. Par rapport à la FW15, la FW16 est dépourvue de tous les artifices électroniques d'assistance au pilotage bannis dorénavant et les performances du moteur Renault allant crescendo, la voiture se révèle délicate à piloter.
Impressionsconfirmées lors du Grand Prix du Brésil où Senna va sortir en course pour avoir tenté de rattraper Michael Schumacher sur sa Benetton. Le Brésilien avait mis un coup de gaz en trop en sortie de virage et le paya par un tête-à-queue. Lors du Grand Prix du Pacifique disputé sur le nouveau circuit de Ti Aïda au Japon, il ne put profiter de sa pole position, étant percuté, et éliminé, dès le premier virage par la Ferrari de Larini. Outre les vingt points qui le séparaient de Schumacher après seulement deux épreuves, c'était le comportement de sa voiture qui préoccupait Ayrton: trop instable sur les bosses, trop rétive, elle demandait beaucoup à son pilote. La pole position est une chose, la course et sa durée une autre. Pour le Grand Prix de San Marin à Imola, la FW16 sera modifiée au niveau des suspensions et adoptera un nouvel aileron pour tenter de contrecarrer ce problème de tenue de route.
Bien qu'il vienne de conquérir la 65e pole position de sa carrière sur l'autodrome Enzo et Dino Ferrari d'Imola, Senna est choqué. En ce Samedi soir, la Formule 1 a renoué avec les heures les plus sombres de son histoire. Ce qu'on ne pensait plus possible tant les mesures de sécurité sont devenues efficaces s'est produit: un homme est mort. La Simtek de Ratzenberger s'est écrasée contre le muret de la Tosa et le pilote fut foudroyé par l'onde de choc. Ayrton veut comprendre, d'autant que le vendredi, son compatriote Rubens Barichello se tira avec une chance inouïe d'un accident épouvantable. C'est donc dans un état d'esprit troublé qu'il s'installe dans son cockpit le lendemain pour la course. Une fois le feu vert allumé, le professionnel reprend le dessus et Senna effectue un départ impeccable, suivit par Schumacher. Derrière, le cauchemar commence: la Benetton inerte de JJ Lehto est percutée de plein fouet par la Lotus de Pedro Lamy et, des débris jonchant la route, on fait intervenir le pace-car (nouveauté calquée sur les épreuves américaines) pour neutraliser la course le temps de nettoyer la piste. Pendant six tours, les voitures vont passer au ralenti au milieu des restes des monoplaces et lorsqu'elle le juge opportun, la direction de course donne le signal pour libérer les Formules 1. Et Senna repart à l'attaque, suivit comme son ombre par Schumacher. Les deux monoplaces effectuent ainsi le premier tour et sitôt la ligne droite des stands avalée, s'engagent à plus de 280 km/h dans la courbe à gauche extrêmement rapide de Tamburello.
D'un seul coup, la Williams en tête quitte inexplicablement la piste et tire tout droit vers le mur en béton trop proche. Le choc est fulgurant. Lorsque l'épave s'immobilise enfin, le casque jaune et vert remue d'un petit mouvement anarchique, puis s'incline. La course est stoppée, les secours s'affairent et Ayrton Senna est évacué en hélicoptère vers l'hôpital de Bologne. Rien ne transparaît quant à l'état du pilote. Le Grand Prix reprend, il sera remporté par Michael Schumacher.
Ce n'est qu'en fin d'après-midi que retentira le cri dans l'enceinte du circuit: «E morto! E mono!».
Ayrton Senna n'était plus et passé la période de stupeur consécutive à un tel drame, il fallait comprendre pourquoi. Selon un premier examen, il apparut que la colonne de direction avait cédé sous l'effort à un endroit où une partie avait été remplacée par un tube de section plus fine, apparemment selon les souhaits de Senna lui-même qui éprouvait de la difficulté à loger ses jambes. D'autre part, on constata que la cellule de survie de la Williams avait résisté au choc mais que c'est un bras de suspension avant qui, en se brisant, vint heurter et transpercer le casque du Brésilien. Autant dire que le malheureux pilote était quasiment perdu lors de l'arrivée des secours sur les lieux de l'accident et dans ces conditions, on se demanda en toute légitimité pourquoi on maintint l'épreuve malgré tout. La réponse est cyniquement simple: la loi italienne prévoyant qu'en cas de décès lors d'une course automobile, la manifestation soit stoppée sur le champ, il était inconcevable pour tous les promoteurs et sponsors de tous poils de ce Grand Prix de tout planter là. C'est pourquoi la mort du champion ne fut annoncée officiellement qu'en toute fin d'après-midi.
Pour ce qui est de la cause mécanique de la sortie de route, la justice italienne ordonna que l'épave de la FW16 fut mise «en lieu sûr» et inculpa Frank Williams et Patrick Head «d'homicide involontaire». L'affaire va bizarrement traîner en longueur et lorsque l'on voudra procéder à un examen approfondi de la voiture, on s'apercevra comme par hasard que le «lieu sûr» n'était qu'un vulgaire hangar ouvert aux quatre vents et que l'épave était aux trois quarts rongée par la rouille!...
Au final, aucune raison officielle ne fut entérinée et tout ceci va être mystérieusement entouré d'un halo de brouillard plus ou moins savamment entretenu. Lorsqu'en plus on sait que la vidéo de la caméra embarquée sur la voiture de Senna a elle aussi mystérieusement «disparu», on reste très perplexe... la seule chose qui ressortit et blanchit finalement Frank et Patrick, c'est que la soudure faite sur la colonne de direction s'avéra de bonne facture et faite dans les règles de l'art. La belle affaire!...
Il va sans dire que l'écurie Williams fut complètement retournée par ce drame et qu'il lui faudra du temps pour se remettre vraiment sur les rails. Il lui fallait recruter en vitesse un pilote qui puisse aider à comprendre cette FW16. On contacta tout d'abord Nigel Mansell qui fit savoir qu'il était occupé avec son programme Indy, puis Riccardo Patrese, sans plus de succès. Finalement, c'est le pilote-essayeur «maison» David Coulthard qui fut choisi en désespoir de cause. Le jeune Ecossais se mit vite au parfum et va vite égaler, voire dépasser, son coéquipier Damon Hill en performances pures. Son inexpérience, et une bonne dose de poisse, le feront souvent passer à côté des points cette saison. Pour les gens de chez Renault, Coulthard, aussi talentueux qu'il puisse être ne constituait pas ce qu'on pourrait vulgairement nommer un «vecteur porteur» et la Régie insista pour qu'on rappelle le vieux «Lion», au moins pour quelques courses. Dont acte, et Frank se fendit d'une somme astronomique pour attirer Mansell juste pour le Grand Prix de France (Un million de dollars, soit plus que le salaire annuel de Damon Hill). Le «moustachu» prouva d'emblée qu'il possédait encore de beaux restes en se qualifiant en première ligne aux côtés de Hill, mais abandonnera en course. Il repartira ensuite aux Etats-Unis pour terminer sa saison Indy et finira l'année chez Williams lors des trois derniers Grands Prix où il trouvera même le moyen de signer la pôle position en Australie et en plus d'y triompher après l'accrochage des deux protagonistes au championnat, Hill et Schumacher.
Car Damon Hill disputait le titre cette année à Michael Schumacher. Disons plutôt que tout fut organisé pour que Damon Hill dispute le titre cette année à Michael Schumacher. Car honnêtement, l'avance prise lors de la première demi saison par l'Allemand était tellement énorme qu'elle était quasiment irrattrapable. Au soir du Grand Prix de Hongrie, alors qu'il ne restait plus que six courses à effectuer, Damon possédait un retard de 31 points sur Michael qui avait engrangé 7 victoires contre 2 pour l'Anglais. Et au vu de la forme du pilote Benetton, on voyait mal comment Damon pouvait recoller au score.Sauf à l'y aider et c'est ce que fit le pouvoir de la FIA en pénalisant Schumacher par un déclassement en Belgique (il avait encore gagné) et en le suspendant pour les deux Grands Prix suivants. Les fautes reprochées étaient bien réelles mais sans aucune commune mesure avec les sanctions infligées. De fait, Damon Hill mit à profit ces trois occasions pour marquer au maximum et revint donc logiquement à un point de son rival, trois courses avant le terme de la saison.
Lors du Grand Prix d'Europe à Jerez, il ne put toutefois résister au retour impressionnant de Michael, mais finit second, puis au Japon dans des conditions météorologiques particulièrement épouvantables, il réussit à tenir tête à l'Allemand qui payait une erreur de stratégie de son équipe. Les deux hommes se retrouvaient donc en Australie pour se départager, Michael menant d'un petit point sur Damon. Au départ, Hill se blottit derrière Schumacher et va ainsi le suivre pendant une trentaine de tours en essayant de lui faire commettre la faute le premier. Ce qui arrive au trente-cinquième tour où la Benetton sort un peu large d'un virage à droite et part taper le muret de gauche. Hill le suivait de si près qu'il n'eût pas la présence d'esprit de ralentir et de laisser l'Allemand terminer sa figure tout seul. 11 tenta de passer par la droite et se fit cueillir par la voiture en perdition de Schumacher qui ne pouvait voir son adversaire situé derrière lui. L'Anglais tenta désespérément de rallier son stand, mais la suspension avant gauche de sa Williams déposa le bilan et Damon Hill dut se résoudre à laisser le titre à son rival. Il pouvait se consoler par sa seconde place au championnat, ses malgré tout six victoires dont la plus belle en Angleterre où il avait vengé son père qui ne put jamais s'imposer en Grand Prix sur sa terre natale, et par sa contribution au troisième titre mondial de rang pour Williams-Renault qui finalement, ne se sortait pas si mal que cela d'une saison épouvantable, sportivement parlant bien entendu.
source: La Grande Encyclopédie de la Formule 1

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L'album photo FW 16
Brésil
le départ Damon Hill Senna Brésil Brésil: Senna sur la Williams FW16

Pacifique

Senna Senna

San Marin
Imola Imola Imola, l'accident Vidéo de l'accident de Senna

Monaco
Damon Hill

Espagne
  Coulthard Podium

Canada
2e GP pour Coulthard et 1ers points (5e) Hill 2e

France
Hill et Mansell au départ Mansell

Grande Bretagne
Coulthard Coulthard Hill Podium

Hongrie
Hill Hill

Belgique
Damon Hill Coulthard

Italie
Podium

Portugal
  Hill aux essais Coulthard devance Hill

Europe Hill

Japon
Hill Hill

Australie
Accrochage entre Hill et Schumacher Mansell podium

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