C 17 1998
Pilotes
C17
 

14
Jean Alesi
           
15
Johnny Herbert

Fiche technique
C17
Chassis :
Carbon fibre monocoque
Front Suspension:
Upper and lower wishbones, combined spring/damper units (Sachs), mounted inboard with pushrod actuation
Rear Suspension:
Upper and lower wishbones, combined spring/damper units (Sachs), mounted inboard with pushrod actuation
Transmission:
Semi-automatic, longitudinally mounted, six-speed transmission (SPE), carbon clutch (Sachs)
Chassis Electronics:
Magneti Marelli
Tyres:
Goodyear
Wheels:
Speedline
Lenght:
4410 mm
width:
1800 mm
Height:
1000 mm
Front track:
1470 mm
Rear track :
1410 mm
Wheel base:
2920 mm
Weight:
600 kg (including liquids and driver)

Moteur
C17
Official Designation:
Petronas SPE 01D
Number of Cylinders:
10
Configuration:
80° V
Displacement:
2997 cc
Cylinder Block:
Aluminium
Number of Main Bearings:
6
Number of Camshafts:
4 OHC
Camshaft Drive:
Gears
Number of Valves:
40
Valve Mechanism:
Pneumatic
Ignition System:
Magneti Marelli
Injection:
Magneti Marelli
Oil System:
Dry sump
Weight:
120 kilos
Lenght:
590 mm
Width:
580 mm
Height:
400 mm

Album photo
C17

Australie

Brésil

Argentine

San Marin

Espagne

Monaco  

Canada      

France    

Autriche  

Belgique    

Italie

Luxembourg

Japon

Résultats
C18
La venue de Jean Alesi dans l'écurie Sauber en 1998 fut accueillie chaleureusement par tous les membres de l'équipe. A Hinwil, on est sensible aux critiques qui taxent la structure helvétique de mollesse et d'attentisme, et l'arrivée de l'Avignonnais va à coup sûr dynamiser tout ce petit monde un peu terne. De son côté, Jean a besoin de se refaire une santé. Ses deux années pénibles passées chez Benetton l'ont marqué et il veut prouver qu'il est loin d'être fini. L’occasion d'apporter un peu de son expérience et de sa fougue légendaire à la petite écurie lui convient parfaitement. Il aime la droiture de Peter Sauber et celui-ci est ravi de disposer d'un peu de cette chaleur qui lui fait tant défaut. Le patron remodèle son staff durant l'intersaison et si la venue de Tim Preston en tant que team manager ne choque pas en elle-même, le départ de celui qu'il remplace, Max Velti, est différemment perçu. Beaucoup d'observateurs pensent que Sauber s'est défaussé d'une bonne carte tant Velti était un ambassadeur unanimement apprécié et connaissant parfaitement les rouages de la maison, puisque présent depuis le début. Peter Sauber n'est pas le plus visé dans l'histoire, mais ses associés que sont le financier maison Fritz Kaiser et les gens de Red Bull, sont montrés du doigt. Une fois encore, c'est toute la communication à l'intérieur de cette structure indiscernable qui est dans la ligne de mire.
Avec sa sincérité si particulière, que certains qualifient de naïveté, Alesi pensait véritablement «remuer le cocotier» suisse en intégrant Sauber. Les premiers Grands Prix vont lui apporter ses premières désillusions. Malgré un V10 allégé et abaissé, la C17 souffre du même mal sournois que ses devancières: sous-vireuse à l'extrême et manquant de vitesse de pointe. Herbert finira 6e de la première manche en Australie en mettant surtout à profit un tracé lent. Alesi se classera lui 5e en Argentine et 6e à Imola grâce à son attaque généreuse, mais les deux hommes devront composer avec de piteuses places sur la grille dues à une voiture délicate à mettre au point (ce qui rend ces résultats d'autant plus flatteurs). A l'issue de l'épreuve de San Marino, Jean ne mâchera pas ses mots comme à son habitude et indiquera à Peter Sauber la pédale à enfoncer si l'on veut progresser: celle de droite ! Après des courses ternes menées avec toute la hargne nécessaire, le Français se réjouit de participer à son Grand Prix national au volant d'une C17 entièrement revue et corrigée grâce à un empattement allongé pour une meilleure tenue de route, une nouvelle suspension arrière qui accroît la motricité et un nouvel aileron avant pour combattre le sous-virage chronique. La semaine précédent le Grand Prix, Alesi explose les chronos en essai privés sur la piste nivernaise et établit le meilleur temps de tous les participants. Enfin! Pourrions-nous dire. Hélas! Devrons-nous ajouter. Hélas car les essais privés peuvent être grandement illusoires et les qualifications officielles sans pitié: sur la grille de départ, Jean n'est que onzième et Johnny treizième. Ils termineront frustrés en septième et huitième place, Alesi d'autant plus amer qu'il s'est fait souffler le point de la sixième place en toute fin de course par David Coulthard ! Une fois encore, l'Avignonnais doit composer avec ses deux compagnes habituelles et encombrantes, l'amertume et la frustration. Et ce n'est pas terminé.
En Angleterre, Alesi a effectué une superbe course et s'apprête à cueillir les points de la cinquième place lorsque sa commande de boîte se bloque en fin de course. En Autriche, il a profité des conditions météorologiques particulières des essais (et de son expérience) pour se qualifier en première ligne, ce qui n'est jamais arrivé à une Sauber. Il fait normalement beau le jour de la course et Jean glisse logiquement à la quatrième place. Un résultat qui aurait pu être envisageable au final s'il n'avait rencontré entre-temps Fisichella avec lequel il s'accrocha! L’Allemagne et la Hongrie n'apportèrent rien d'autre que la certitude du manque chronique de performances de la C17, l'empêchant de briguer les points, du moins à la régulière. Mais lorsqu'il pleut et que les conditions sont à la limite de l'acceptable pour le commun des pilotes, c'est autre chose. Et Jean Alesi n'est jamais meilleur que sur une piste détrempée à la visibilité réduite. Aussi, la purée de pois et les hallebardes qui tombaient sur Spa-Francorchamps lors du Grand Prix de Belgique ne pouvaient que pousser la Sauber vers les sommets. Jean termina même dans les roues des deux Jordan de tête, mais assura qu'il n'aurait pu les passer sans risques inconsidérés. Or, en ces temps de disette, un beau podium valait mieux qu'une grosse «cagade».
Jean le valeureux confirma à Monza (dans son jardin pourrions-nous dire) que son ardeur au combat était effectivement toujours intacte en terminant 5e sur un circuit où la puissance prime. Quand on connaît le potentiel de la Sauber sur ce plan-là, on réalise à quel point le pilote a dû se cracher dans les mains pour se hisser à pareil rang. Sa hargne est ainsi récompensée, mais ces places d'honneur ne le satisfont qu'à moitié. Il désire se battre avec les meilleurs et sait que la C17 ne le lui permettra jamais. Toujours optimiste, Jean Alesi espère beaucoup en la prochaine voiture qui bénéficiera d'un nouveau moteur Ferr... pardon, Petronas en 1999.
C'est par contre en Italie que Johnny Herbert comprit définitivement qu'il n'y avait rien à tirer de cette écurie lymphatique où les remarques et les conseils semblaient glisser comme sur de l'huile. Certes l'Anglais avait fortement été déstabilisé par l'arrivée de son nouveau coéquipier français et n'avait marqué que son seul point australien, mais pour lui, les méthodes de Sauber étaient hélas figées une fois pour toutes et il avait décidé d'aller voir ailleurs. Monza fut la bévue de trop: au départ, Johnny s'aperçoit avec stupeur qu'un de ses mécaniciens a oublié une pince sur le plancher de son cockpit. L'ustensile va évidemment se balader au gré des changements d'appui et finir par se coincer sous la pédale de frein! On devine la suite, le freinage loupé et la voiture dans les choux. Fou de rage, Herbert reviendra prendre ses affaires pour les amener directement dans le motorhome Stewart, équipe pour laquelle il piloterait en 1999. Pour Sauber, le bilan est sévère: l'écurie termine l'année à la sixième place, mais avec le plus petit nombre de points qu'elle n'ait jamais enregistré. L'arrivée de Jean Alesi et de ses coups de gueule n'ont pas donné le coup d'accélérateur souhaité, quant aux deux saisons passées avec le moteur Petronas, elles n'ont rien déclenché d'exceptionnel. La seule consolation de notre Suisse, outre un bon cigare évidemment, est que Ferrari lui renouvelle sa confiance pour 1999 et lui promet le tout dernier V10 utilisé en fin de saison 1998. Espérons, faute de mieux...