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Grand Prix d'Allemagne | Nürburgring 12 juillet 2009 |
| Webber récompensé |
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ark Webber, c'est du brutal, du viril, de l'Australien pure souche. Dans l'exultation qui suivit sa première victoire en F1, hier sur le Nürburgring, le poing droit sorti du cockpit et tendu vers le ciel, ses « yes » répétés et hurlés dans la radio de bord avaient quelque chose d'animal. Au départ, le coup de roue sur le flanc de la Brawn-Mercedes pour tenter d'intimider Rubens Barrichello n'eut rien de tendre non plus. Il n'empêcha pas le Brésilien de prendre la tête du Grand Prix au premier virage. Et il n'empêcha pas Webber de gagner... malgré un passage de pénalité par la voie des stands (drive trough) pour mauvaise conduite.
Les commissaires sportifs se souvenaient sans doute qu'au Grand Prix d'Espagne, le 10 mai dernier, il avait déjà poussé Alonso à mettre deux roues dans l'herbe, à 300 km/h en pleine ligne droite des stands. On lui pardonnera puisque les pilotes eux-mêmes ne semblent pas trop lui en tenir rigueur. Mais sa réputation est presque faite. « Ce n'est pas mon genre, se défendait-il pourtant. Ça paraît pire que ça ne l'était vraiment. En fait je ne croyais pas que Rubens était là, à droite... « Il guettait plutôt, à gauche, la McLaren de Hamilton qui, après un envol impeccable, fut définitivement trop optimiste au freinage, gâchant là toutes ses chances. Red Bull eut l'habileté de rappeler Webber juste derrière Barrichello, qui s'arrêtait pour son premier ravitaillement, au quatorzième tour. L'Australien se retrouvait aussitôt en première position sur la piste, en ayant perdu un minimum de temps et libéré de sa peine. Tout bénef ! Quand il rentra à son tour pour ravitailler (cinq boucles après Barrichello), Webber n'accusait que onze secondes de retard sur la Brawn. Un minimum pour une Red Bull-Renault terriblement efficace, hier, puisque l'écart était déjà comblé au moment où le Brésilien stoppa une deuxième fois (32e tour). On venait juste de dépasser la mi-course, Webber était de nouveau en tête, il y restera. D'autant que le ravitaillement de Barrichello fut cafouilleux. Et le Brésilien furieux ! « Voilà comment on perd une course ! s'emportait-il à l'arrivée, faisant référence au dysfonctionnement de la machine à ravitailler, Je n'ai qu'une idée : reprendre le premier avion et rentrer à la maison ! Je n'ai aucune envie d'écouter le blablabla de l'équipe pour m'expliquer ce qui s'est passé. » Ça se comprend : plutôt que d'espérer réduire l'écart au Championnat sur son équipier Button, voilà Rubens rejeté de la deuxième à la quatrième place derrière les deux pilotes Red Bull, auteurs de leur deuxième doublé de suite, le troisième de l'année, autant que les Brawn, finalement... Les comptes de Button Le pire est qu'à cette « frustration de pilote », ainsi qu'il qualifia les propos d'humeur de Barrichello, Ross Brawn, patron passablement agacé, dut ajouter la déception de Jenson Button ! « J'ai pris un départ trop prudent, reconnaissait le leader du Championnat. Je me suis retrouvé bloqué derrière la McLaren de Kovalainen. Quand il s'est arrêté au stand, malgré des pneus qui ne montaient toujours pas en température, j'ai pu adopter un meilleur rythme. Et puis à mi-course, je me suis retrouvé coincé derrière Rubens. Ses arrêts au stand ont ruiné sa course, mais la mienne aussi ! » Sans doute aurait-il aimé que son équipier lui ouvre le passage... « J'étais plus rapide, j'aurais peut-être pu rattraper Rosberg et Massa pour finir sur le podium. » Au lieu de cela, les deux Brawn-Mercedes, roues dans roues, se retrouvèrent sous la menace d'un vaillant Alonso lors des derniers tours. Pour la septième place, l'Espagnol de Renault devançait la McLaren de Kovalainen, troisième en début de course mais qui s'écroula rapidement. La vérité, c'est qu'en passant en cours de Grand Prix sur une stratégie à trois arrêts au lieu de deux, ainsi que prévu et comme s'y sont tenues les Red Bull, les Brawn-Mercedes ont adopté l'ultime solution qu'il leur restait pour tenter de battre leur adversaire. Ça n'a pas fonctionné. Barrichello finit par écouter et se calmer. Jusqu'à la prochaine déception... Faisant ses comptes, Button, lui, fulmina longtemps encore à propos de ces points qu'il estimait bêtement gaspillés : « Il m'en reste 21 d'avance sur Vettel, désormais. Si je termine à chaque fois derrière les Red Bull, ce ne sera pas assez pour le titre. » Ils sont toujours quatre à le jouer, mais dans un ordre différent d'avant ce Grand Prix d'Allemagne. Sébastian Vettel, bien que déçu de finir derrière Webber - « mais il était le meilleur ce week-end » - est désormais installé en deuxième position. Pas si mal. La suite, c'est en Hongrie, dans quinze jours. Sébastien Bourdais aurait tellement voulu être encore de la partie.
Stéphane Barbé
(L'Equipe)
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