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Grand Prix de France | Magny-Cours 16 juillet 2006 |
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A chacun son tour | ![]() |
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DEPUIS PLUSIEURS MOIS, les supporters de I'un ou de I'autre aimeraient à cette question lancinante une réponse tranchée : qui, de Michael Schumacher ou de Fernando Alonso, est aujourd’hui hui le meilleur pilote du monde? Mais le déroulement de la saison 2006 et I’alternance de ces duellistes magnifiques sur la première marche du podium, conduisent plutôt à ce constat heureux pour le sport et pour le spectacle :ils sont de la même étoffe, du même calibre. Et I on se réjouit de les voir évoluer au sein des deux meilleures équipes actuelles, Ferrari et Renault Ainsi ont-ils les moyens de se donner continuellement la réplique, tandis que le troisième larron, Kimi Räikkönen présumé de carrure identique ne peut réellement prendre part aux débats, desservi qu’il est trop souvent par les errements de McLaren-Mercedes.
Pour I'heure, I'arbitrage entre Alonso, champion du monde en titre, et Schumacher, sept fois couronné, se joue à peu de choses. Au détail infime. À I'imperfection, matérielle ou humaine, que traquent en permanence les écuries de pointe. Au degré de température en piste. Au dixième de seconde envolé lors d un ravitaillement... Lors des essais libres, Renault avait également exploré avec Michelin une voie très agressive, mais celle-ci s était révélée risquée, compte tenu de la température plus élevée qu’on ne I'attendait. « Ce pneu testé avec succès à Jerez une semaine auparavant aurait trop souffert sur la distance du Grand Prix », confie Nick Shorrock, directeur du programme F1 chez Michelin. On misa donc sur la longévité d un mélange plus dur et moins rapide sur un tour, d'où la troisième position d'Alonso sur la grille en espérant que sa constance avérée viendrait à bout de la concurrence... laquelle, justement réussit à marier ici performance et endurance ! Dès I'extinction des feux rouges, Michael Schumacher prit le contrôle des opérations, vira en tête au premier virage, devant son équipier Felipe Massa occupé à contrer les assauts de Fernando Alonso. N'ayant rien à perdre, le Brésilien ferma la porte au nez de la Renault, avec autorité et aussi souvent qu’il le fallut. Alonso comprit qu’il n'avait aucune chance de passer, à moins d'une faute de Massa. Et maintint sur lui une impitoyable pression. Après la première série de ravitaillements, I'examen des pneus par Michelin montra que Renault pouvait sans crainte faire évoluer sa stratégie, et réduire à deux au lieu de trois le nombre d arrêts au stand. Cette tactique paya pour Alonso, qui, à ce jeu, gagna une place sur Massa plus sûrement qu’il ne I aurait fait en demeurant sur trois stops. Mais elle n’apporta rien à Giancarlo Fisichella, I'autre pilote Renault, aux prises avec I'équilibre dégradé de sa voiture, et qui ne bougea pas du sixième rang. Et la course ne connut pas d'autre rebondissement Fernando Alonso, toujours leader au Championnat, avec 17 points d'avance sur Schumacher désormais, tira le premier enseignement de Magny-Cours: « Ferrari est l'écurie qui, ces temps derniers, a produit plus de développements que toute autre. » Bridgestone, fort d'un partenariat diversifié en 2006, en cueille certainement les fruits. D'autant que la présence chez Toyota comme chez Ferrari d'ingénieurs transfuges de Michelin, peut contribuer à nourrir la réflexion commune et les progrès permanents. La compétitivité retrouvée des Toyota, depuis Indianapolis, le laisse en tout cas supposer. « Nous avons toujours admis que la bataille des gommes allait tantôt favoriser nos adversaires, tantôt nous avantager», avoue Pat Symonds, patron de I'ingénierie châssis chez Renault. « Nous allons tout mettre en œuvre avec Michelin, pour inverser la tendance des Hockenheim », renchérit Ron Dennis, patron de McLaren. Il pouvait en tout cas se louer hier soir de la prestation de Pedro de La Rosa, septième (à 4/10 de Fisichella). L'Espagnol revenait en course pour la première fois depuis le Grand Prix de Bahreïn 2005 où il remplaçait déjà ! Juan Pablo Montoya. Il a parfaitement rempli son rôle, en rapportant quelques points à son équipe... qui en a bien besoin. McLaren-Mercedes en compte aujourd’hui deux fois moins que Renault: 71 contre 142 !
On saura, dans deux semaines à Hockenheim, si le duel Ferrari-RenauIt a des chances d'être arbitré, non plus par McLaren seulement, mais aussi par Toyota. Auquel cas on s'acheminerait vers une fin de saison sept manches encore haletante...
Anne Giuntini (L'Equipe)
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