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Grand Prix d'Australie | Melbourne 2 avril 2006 |
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Hip, hip, hip, Renault ! | ![]() |
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A son ingénieur de piste qui, vers la fin, lui signalait par radio le rythme soutenu de Kimi Räikkönen, Fernando répondit tranquillement : "Ne t'inquiète pas. Je suis relax ! " Relax pendant que les autres affrontaient avec plus ou moins de bonheur la tempête des avatars... Jenson Button se débattait avec des pneus qu'il ne parvenait pas à chauffer- Honda avait fait un choix assez éloigné, semble-t-il, des recommandations de Michelin. Räikkönen, dans la bataille du début commit un "plat ” sur son pneu avant droit ; la " blessure " engendra des vibrations, lesquelles provoquèrent à terme la perte d'un élément sur l'aileron avant... D'où le retard accumulé par la McLaren au bout de 33 tours « Des lors, nous avions perdu la course, admet le Finlandais. // n'empêche que la voiture est bonne, et que nous nous replaçons au Championnat. Nous sommes nettement mieux que l'an dernier à la même éoque. Quant à Michael Schumacher, qui figure forcément parmi les adversaires attendus d'Alonso. Il connut hier une première période difficile, peinant à faire grimper la température de ses gommes. Les phases de neutralisation de la course ne firent qu'aggraver le malaise. Tandis que, enfin, il commençait à tirer parti de son matériel, au 33e tour, il s'en alla percuter le mur, à l'entrée de la ligne droite des stands ! Revenu sur Button (cinquième), Schumacher envisageait d'attaquer la Honda lorsque, à l'amorce de la dernière courbe, il essuya tout à coup un violent sous-virage et perdit le contrôle de sa Ferrari. Jean Todt, le patron de la Scuderia, ne chercha pas d'excuses: "C'est un week-end à oublier. Nous avions ce qu'il fallait pour être compétitifs. Mais nous n'avons pas pu le montrer." Apparemment en cause, l'option "pneumatiques" prise par l'écurie : Bridgestone proposait plusieurs spécifications, explique Todt. Nous avons retenu celle que nous connaissions. Williams et Toyota ont suivi une autre voie, qui s'est révélée meilleure, en tout cas pour eux. Le quatrième rival potentiel d'Alonso, Giancarlo Fisichella, son propre équipier, n'eut pas l'heur de renouveler sa prestation d'il y a deux semaines à Sepang où il avait gagné. Sur la grille, à quelques secondes du départ, Fisico vit s'évanouir toutes ses chances, victime des sautes d'humeur de son système anticallage Pendant que le peloton s'élançait pour un second tour de formation, l'Italien regagnait la voie des Stands... d'où il allait prendre le départ d'une course décidément placée sous le signe du désordre. Montoya, dans le premier tour de mise en grille, s'était offert un « 360 » déjà : à zigzaguer pour chauffer ses gommes, il avait perdu la maîtrise de sa McLaren. Et comme Juan Pablo n'apprend pas bien ses leçons, il commit la même erreur un peu plus tard, derrière la voiture de sécurité. Aucun doute, dans la gestion d'une course tronçonnée, Fernando Alonso s'inscrit plusieurs crans au-dessus, ainsi qu'il en fit la démonstration aussi souvent que nécessaire dans ce Grand Prix perturbé. De tous, c'est lui qui sut le mieux, à tous moments, préserver la température idéale de ses pneus. Ainsi produisit-il des relances stupéfiantes chaque fois que la safefycar s'écarta pour libérer la meute.
Fisichella, donc, prit le départ en dernier. Ce qui lui évita, au moins, l'imbroglio dont se seraient volontiers passés Nico Rosberg et Felipe Massa. Le second, pris en sandwich entre Klein (Red Bull) et Speed (Toro Rosso), puis bousculé par Klien, partit en tête-à-queue, ricocha contre la Williams de Rosberg dont il détruisit l'aileron arrière et les radiateurs, et au final percuta les barrières de sécurité. Quelques hectomètres plus tard, Coulthard (Red Bull) heurtait la Toyota de Trulli qui tentait de le dépasser ; suspension cassée, Jarno ne bouclait même pas son premier tour. Les débris jonchant la piste justifiaient assurément une intervention de la safety car. Dans son malheur, au moins Fisichella tira-t-il profit de ces ralentissements, recollant au peloton pour entamer sa remontée. L'accident de Michael Schumacher au 33e tour entraîna la troisième apparition de la safety car, celui de Liuzzi (Toro Rosso) au 38e, la quatrième et dernière neutralisation de la course. Cette succession d'épisodes turbulents faussa partiellement le résultat final. Ralf Schumacher et sa Toyota (troisième) héritèrent ainsi d'un podium circonstanciel, où une BMW aurait certainement mieux tenu sa place, Heidfeld et Villeneuve ayant accompli un parcours plus qu'honorable. De même, Rubens Barrichello (Honda), cueillant les 2 points de la septième place, vit sa misérable prestation généreusement récompensée.
Fisichella, lui, ne ménagea pas sa peine pour surmonter une cascade d'ennuis : sous-virage vers la mi-course, problèmes d'embrayage après son second arrêt au 34e tour. Quand tout, enfin, rentra dans l'ordre, il entreprit de revenir sur Button alors cinquième. Et, à défaut de le dépasser, imprima une pression telle sur la Honda que le moteur nippon rendit l'âme dans le dernier virage ! « Fisico » hésitait entre la satisfaction du devoir accompli -envers et contre tout ! - et une légitime déception : « Nous avions les moyens de signer un nouveau doublé», commenta-t-il, la mine défaite.
Anne Giuntini (L'Equipe)
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