Grand Prix du Japon Suzuka
9 octobre 2005

Raikkonen en démonstration

Le départ Albers Monteiro Karthikeyan Trulli Ralf Schumacher Massa Massa Barrichello Schumacher Schumacher Schumacher et Alonso Klien Coulthard Button Sato Pizzonia Webber Webber Alonso Alonso Alonso Fisichella MontoyaRaikkonen Podium

A ussi terne fut le Grand Prix du Brésil, malgré le sacre de Fernando Alonso, aussi lumineux fut le Grand Prix du Japon qui n'avait d'enjeu que la bataille que se livrent McLaren et Renault pour le titre des constructeurs. Cette avant-dernière épreuve restera comme l'un des sommets de la saison qui s'achèvera en Chine. Et les 150 000 spectateurs qui s'étaient pressés dans les tribunes du magnifique circuit de Suzuka n'ont pas eu à le regretter.

 

La pluie a même pimenté la sauce lors des qualifications, offrant ainsi une grille de départ inédite, notamment avec une Toyota en pole position (celle de Ralf Schumacher), une BAR-Honda (celle de Jenson Button) pour compléter la première ligne, et la plupart des favoris relégués en fond de grille dont Michael Schumacher, Fernando Alonso et les deux pilotes McLaren.

 

Illusion. Avec le retour d'un chaud soleil, tout était en place pour un Grand Prix riche en spectacle. Et les différents acteurs n'ont pas lésiné sur les effets de manche... jusqu'à surjouer parfois. A commencer par Sato et Barrichello, déjà dehors au premier virage, et Montoya qui, après avoir effleuré son équipier dans le premier virage, se frotte plus durement au rail, y détruisant même sa belle McLaren après une tentative de dépassement un peu loupée face à Villeneuve. L'intervention de la voiture de sécurité pendant cinq tours (tout ça pour dégager une seule voiture !) permet aux équipes d'ajuster leur stratégie et au peloton de se regrouper.

 

Tandis que le trio formé par la Ferrari de Schumacher, la Renault d'Alonso et la McLaren de Raikkonen anime le début de course, c'est l'autre Schumacher (Ralf) qui fait illusion en tête de la course, tout en sachant que ses trois arrêts au stand vont le condamner, comme d'ailleurs Jenson Button dont le rythme n'est en rien comparable à celui des cadors habituels, encore englués dans le peloton, mais déjà plus rapides que la plupart de leurs concurrents. Seul Fisichella, en embuscade, a de réelles chances.

 

Hargne. C'est dans ce début de course qu'Alonso perd toute chance de l'emporter lorsqu'il tente de doubler la Red Bull de Klien : il est obligé de couper la chicane pour l'éviter puis de lever le pied pour laisser repasser l'Autrichien avant de le redoubler dans la foulée. Pourtant, les commissaires sportifs intiment l'ordre à l'Espagnol de laisser repasser Klien. Le nouveau champion du monde perd ainsi sept secondes dans l'aventure, mais rien de sa hargne, s'offrant deux dépassements d'anthologie sur Schumacher, toujours coriace et qui devra également céder à Raikkonen, tout aussi remonté qu'Alonso.

 

C'est toutefois le Finlandais qui fait la plus forte impression dans la dernière partie de la course, alignant une série de tours de folie, ravitaillant à la volée, se jouant de tous les obstacles pour finalement ne faire qu'une bouchée de Giancarlo Fisichella à l'entrée du dernier tour. «Je me suis bien amusé. Je pense que c'était une des plus belles courses de ma vie. Compte tenu de tous les problèmes accumulés ici, finir sur une victoire est simplement fantastique.» Au championnat des constructeurs, ce résultat permet à McLaren-Mercedes de rester au contact, mais c'est Renault qui a repris l'avantage hier, pour deux points. En attendant la Chine...



Lionel Froissart (Libération)

Les résultats du Grand Prix

 

 



le circuit
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