Grand Prix de Hongrie Hungaroring
31 juillet 2005

Raikkonen se remet en piste

I l y a plusieurs semaines que Fernando Alonso redoutait ce moment, alors que Kimi Raikkonen l'appelait de tous ses voeux. Que la réussite et la malchance veuillent bien changer de camp. Sur la piste chauffée à blanc de l'Hungaroring, dans les faubourgs de Budapest, la poisse qui collait aux pneus du Finlandais l'a délaissé pour s'intéresser à l'Espagnol. Mal qualifié en troisième ligne, le leader du championnat, qui fêtait samedi ses 24 ans, s'est ainsi retrouvé englué dans le turbulent peloton au départ.

 

La Red Bull de Klien partait en tonneau dans le premier virage. Un endroit où il ne fait jamais bon laisser traîner son aileron avant. Alonso avait prévenu qu'il était prêt à prendre des risques pour rester au contact de Raikkonen devant lui. Aux prises avec un Ralf Schumacher, décidé, lui, à faire oublier son piètre début de saison, le pilote espagnol a perdu gros en se frottant à la Toyota de l'Allemand. Avec un aileron baladeur ­ que David Coulthard viendra heurter sur la piste ­, et l'obligation d'en changer à l'issue du premier tour, Alonso se savait condamné à une vaine course-poursuite. Il terminera à la onzième place.

 

Dépassements difficiles. Comme prévu, Michael Schumacher a pris un envol parfait de sa pole position, située sur le côté propre et adhérent de la piste. Avant de se retrouver très vite sous la menace des deux McLaren-Mercedes, Montoya ayant même cédé la deuxième place à Raikkonen, son compagnon d'écurie, moins chargé en essence et donc plus rapide. Avant même le départ, tous les observateurs se doutaient que sur ce circuit où il est presque impossible de doubler tout serait question de stratégie. Dans le meilleur des cas, malgré le regain de forme de sa Ferrari, et surtout de ses pneus Bridgestone, Michael Schumacher ne pouvait pas espérer beaucoup mieux que la dernière place sur le podium.

 

Sauf si la douteuse fiabilité des McLaren-Mercedes lui venait en aide. Après une première salve de ravitaillements inaugurée par Raikkonen au onzième passage, puis un judicieux changement de stratégie pour le Finlandais, la vraie hiérarchie de ce treizième Grand Prix de la saison est en place. Par le jeu des arrêts au stand, les McLaren ­ Montoya devant Raikkonen ­ tiennent la tête et la Ferrari de Schumacher tente de rester accrochée à ce bon wagon.

 

Loin derrière, les pilotes Renault ­ Fisichella et Alonso ­ sont à la peine et ne semblent même pas en mesure de marquer des points. Autant dire que l'écurie anglo-allemande s'apprête à frapper un grand coup. Une manière d'effacer la déconvenue du Grand Prix d'Allemagne, une semaine plus tôt.

 

Mauvais sort. Quand, soudain, le spectre de la débâcle refait son apparition du côté des flèches d'argent. Juan Pablo Montoya revient au ralenti vers son stand. Encore une fois, c'est un élément de la transmission qui vient de céder. Raikkonen hérite de la première place devant la Ferrari de Schumacher. Le Finlandais n'a plus d'autre solution que de serrer les fesses jusqu'à l'arrivée, en espérant que le mauvais sort va l'oublier un peu.

 

Carton plein. La malchance s'éloigne même complètement de ce circuit surchauffé et sans grand intérêt, où plus rien ne se passe vraiment jusqu'à l'arrivée. La Toyota de Ralf Schumacher est bien revenue dans le sillage de la Ferrari de l'autre Schumacher, mais ne parvient pas à la dépasser. Pour une fois, Kimi Raikkonen laisse éclater sa joie au passage de la ligne d'arrivée. Pour lui, c'est un carton plein qui lui permet d'entretenir l'espoir de disputer le titre à Fernando Alonso jusqu'au bout de la saison.

Lionel Froissart (Libération)

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