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Grand Prix de France | Magny-Cours 3 juillet 2005 |
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Renault renoue avec le succès à domicile | ![]() |
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Le succès d'Alonso est indiscutable : après s'être élancé de la pole position, l'Espagnol a mené la course de bout en bout. Il n'a manqué que la présence de Giancarlo Fisichella sur le podium pour que Renault mérite la note maximum. Du haut de la plus haute marche, Alonso a profité de la Marseillaise pour pointer du doigt l'écusson Michelin cousu sur sa casquette de vainqueur, histoire de souligner le rôle du manufacturier français dans cette victoire. Et aussi d'oublier le désastre du Grand Prix des Etats-Unis. Voilà pour ce qui est de l'image.
Raikkonen deuxième. Sur le strict plan comptable, Alonso grignote deux points à Kimi Raikkonen revenu à la deuxième place après s'être élancé de la treizième position (1). Cette performance en dit long sur le réel potentiel de la McLaren. Avec un départ de la deuxième ligne, comme prévu, Kimi Raikkonen aurait sans aucun doute mené la vie dure au pilote Renault. Du coup, l'équipe française en profite pour conforter son avance au classement des constructeurs, où elle compte l'équivalent d'un doublé d'avance.
Quant à l'écurie Ferrari, elle peut toujours compter sur le talent de Michael Schumacher pour obtenir des résultats bien supérieurs aux possibilités de sa voiture. Encore une fois, l'Allemand n'a rien lâché pendant les 308 kilomètres de la course pour accrocher une troisième place qui lui aurait échappé sans l'abandon de la McLaren de Montoya. L'Allemand a d'abord perdu beaucoup de temps dans le trafic. Son coéquipier Barrichello, lui, a sombré dans le classement en même temps que ses freins, plombant un peu plus l'ambiance chez Ferrari. Schumacher a beau marteler que rien n'est perdu pour le titre mondial tant que les mathématiques ne le contredisent pas, il n'y a plus grand monde pour le croire du côté de Maranello.
Première pour Ghosn. Carlos Ghosn a pu, par sa première visite sur un Grand Prix, découvrir la F1 en grandeur nature et constater où passent les colossaux budgets engloutis par cette vorace activité. Fixant des objectifs clairs à ses hommes, il n'a pas manqué de souligner que «Renault n'est pas en F1 par tradition ou par habitude, encore moins pour seulement participer, mais pour démontrer son savoir-faire dans ce domaine de haute technologie». Ghosn, qui n'a pas la réputation d'être un tendre, en a profité pour résumer sa façon de voir l'implication de Renault en F1 : « La F1 a un coût quand on ne gagne pas. Elle devient un investissement quand il y a des résultats.» Le nouveau patron de Renault, qui reste aussi celui de Nissan, estime que sa marque doit maintenant étudier la meilleure façon de transformer les succès en résultats commerciaux, ce qui ne semble pas le plus facile à réaliser. Le PDG s'est toutefois réjoui que ses hommes soient parvenus à construire une équipe qui gagne en si peu de temps, mais a aussi fait clairement comprendre qu'il était prêt à aimer la F1 tant que les succès seraient au rendez-vous. Lucide, Fernando Alonso a quand même prévenu qu'il s'attendait à un week-end difficile dans une semaine à Silverstone, sur le terrain des McLaren-Mercedes à l'occasion du Grand Prix de Grande-Bretagne.
(1) Le Finlandais avait été rétrogradé de dix places après avoir changé de moteur avant les qualifications.
Lionel Froissart (Libération)
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