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Grand Prix du Canada | Montréal 12 juin 2005 |
| Renault se plante, Raikkonen récolte |
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Avant même le premier freinage, les duettistes de l'écurie Renault sont rassurés. Leur envol est un rêve, Fisichella parvenant même à prendre l'avantage sur Button, qui partait en pole position. Quant à Schumacher, qui s'élançait également de la première ligne, il a complètement loupé son départ, chutant en sixième position, annulant sa performance des qualifications. L'Italien devant l'Espagnol, les deux Renault s'échappent en cadence, oubliant même les McLaren. En s'arrêtant les premiers, Schumacher et Button confirment qu'ils ont tenté un coup de bluff en qualifications.
Jusqu'à l'approche de la mi-course, les Renault sont en démonstration. Puis Fisichella baisse sa cadence, au point d'être inquiété par son équipier. Jusqu'au 33e tour, où l'Italien s'efface, mécanique (hydraulique) en berne. Alonso s'envole vers une victoire qui lui donnerait un avantage presque décisif au championnat. Mais l'Espagnol ne va pas beaucoup plus loin. Il touche un mur et y laisse sa suspension arrière. La piste est grande ouverte pour les McLaren-Mercedes. D'autant que Button (BAR) s'arrête, lui aussi, dans un mur. Un incident qui justifie l'apparition de la voiture de sécurité et celle de la plupart des pilotes dans la ligne des stands pour ravitailler. C'est là que Juan Pablo Montoya, qui s'était retrouvé en première place avec sa McLaren, abandonne tous ses espoirs, victime d'une panne de cerveau. En repartant des stands, le Colombien au sang chaud néglige le feu rouge et double plusieurs concurrents en se replaçant alors que la course est neutralisée. La sanction est immédiate : drapeau noir, soit exclusion du Grand Prix.
Reste l'imperturbable Kimi Raikkonen, qui hérite de la tête, mais aussi de la menace de Michael Schumacher, qui est passé à travers toutes les embûches. Mieux, la Scuderia Ferrari est sur le point de créer la sensation, avec Rubens Barrichello qui se retrouve troisième après l'abandon de Trulli sur problèmes de freins. Mais, cette fois, le Finlandais, qui avait vu la victoire lui échapper à un tour de l'arrivée au Grand Prix d'Europe, tient sa revanche. En contenant Schumacher jusqu'au bout, il décroche sa troisième victoire de la saison. Avec l'abandon d'Alonso, elle compte double et permet au pilote McLaren de revenir à 22 points de l'Espagnol.
Lionel Froissart (Libération)
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