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Grand Prix d'Italie | Monza 12 septembre 2004 |
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Ferrari maître à la maison | ![]() |
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Dans leur fief milanais, théâtre du Grand Prix d'Italie depuis 1950 (à l'exception de 1980), les Ferrari ont obtenu leur huitième doublé cette année et l'une de leurs plus belles victoires. Averses. Dimanche matin, le parc de Monza est noyé de brume et d'humidité. Les milliers de tifosi déjà dans la place, les pieds dans l'eau, les cheveux dégoulinants, errent à la recherche d'un abri. Débarquant de leurs hélicoptères ou de leurs confortables berlines, les pilotes s'attendent, eux, à vivre un après-midi difficile si les averses orageuses persistent. Vers midi, le ciel de la Lombardie se dégage, mais la piste reste détrempée par endroits. Moins d'une heure avant le départ, tous les directeurs sportifs sont encore en briefing pour déterminer la meilleure façon d'aborder une course qui s'annonce périlleuse. Sur la grille, le ciel laisse enfin passer un chaud soleil.
La plupart des pilotes font alors le choix, risqué, de partir avec des pneus pour piste sèche sachant qu'ils vont vivre quelques moments difficiles dans les premiers tours. Barrichello choisi de garder ses pneus pluie dans l'espoir d'exploiter au mieux sa pole position. «Dans le tour de formation, je me suis posé des questions. Je ne savais pas combien de temps j'allais pouvoir défendre ma place. Mais je devais foncer pour échapper au peloton.»
Glissade. Dès le départ, Barrichello garde l'avantage, tandis qu'Alonso parvient à bondir dans sa roue après s'être faufilé entre Montoya et Schumacher. Mais ce premier tour va coûter cher à l'Allemand. Trop optimiste avec ses pneus pour le sec, Schumacher s'embarque dans une glissade qui s'achève en tête à queue et un contact avec Button. Cette fois, la course ne semble pas devoir sourire aux Ferrari. Dès le troisième tour, la Renault de Alonso est la plus rapide en piste grâce à ses pneus pour piste sèche. L'Espagnol mène la chasse avec Button, Montoya, et Raikkonen dans ses roues. Schumacher navigue au-delà de la dixième place, et Barrichello décide de s'arrêter à son stand après s'être fait déposé par Alonso. Il en profite pour ravitailler en essence et changer un réglage d'aileron. Les Ferrari sont «nulle part».
Dans les tribunes, les tifosi ont séché mais restent sans voix. Après l'arrêt de Barrichello, et celui d'Alonso cinq tours plus tard, Jenson Button s'installe aux commandes, tandis que Raikkonen revient à son stand pour abandonner. Mais encore une fois, ce sont les ravitaillements qui décantent la situation. Avec une stratégie décalée, Schumacher revient dans le peloton de tête et signe des chronos qui démontrent la supériorité de sa machine pour finalement pointer en tête à moins de vingt tours de l'arrivée. Le public se réveille. Grâce à une stratégie «corrigée», c'est Barrichello qui est virtuellement le mieux placé.
Avantage. Schumacher s'offre un superbe dépassement sur Button pour prendre l'avantage, tandis que le Brésilien file en tête, et conserve de peu cette place, après son dernier arrêt. Mais les duettistes de Ferrari ne sont sûrs de rien comme l'expliquera le Brésilien après l'arrivée. «J'essayais de voir la réaction du public à mon passage, mais j'étais trop concentré sur la conduite. Alors j'ai demandé au stand : "C'est quoi ma place ?" On m'a répondu P1 ! Incroyable.» «Pareil pour moi, renchérit Schumacher. J'étais 15e, puis 9e et 7e et à un moment on m'a dit que j'étais 2e derrière Button après la sortie d'Alonso. Pas mal après m'être retrouvé presque dernier au premier tour !» Son ultime ravitaillement ne changera plus rien : treizième victoire de la saison pour Ferrari donc. Et la première de Barrichello cette saison.
Lionel Froissart (Libération)
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