Grand Prix de Hongrie Hungaroring
15 août 2004

Schumacher rougeoyant

Le départ Pantano Klien Zonta Fisichella Raikkonen Raikkonen Montoya Montoya Montoya Pizzonia Button Sato Alonso Alonso Barrichello Schumacher Schumacher Schumacher

A l'Est rien de nouveau non plus. L'écurie Ferrari ­ Michael Schumacher en tête ­ a dominé comme prévu le Grand Prix de Hongrie pour s'en aller quérir bien avant l'heure le titre mondial des constructeurs, avant que celui des pilotes ne tombe dans l'escarcelle du pilote allemand ou de Rubens Barrichello. Quand les duettistes de l'équipe italienne ont franchi la ligne d'arrivée de cette 13e course de la saison, Fernando Alonso, troisième, avait encore plus de trois quarts de tour à parcourir. Une douce revanche pour les hommes de Jean Todt, le patron de la Scuderia, qui n'avaient pas oublié l'humiliation de 2003 lorsque Schumacher à la dérive s'était fait prendre un tour par ce même Alonso, futur vainqueur.

 

Ce presque crime de lèse-majesté avait déclenché une remise en question chez Ferrari. Plutôt que de plonger dans la crise, les Italiens avaient accepté de revoir toute leur stratégie pour repousser les assauts des équipes McLaren et Williams, alors des adversaires très virulents. Plus offensive sur la piste, l'équipe Ferrari était également passée à l'attaque dans la coulisse, accusant au passage Michelin, le manufacturier concurrent de Bridgestone, d'utiliser des pneumatiques non conformes au règlement technique. Dès lors, les Français ont perdu beaucoup d'énergie à prouver leur bonne foi, laissant leurs adversaires japonais revenir à leur niveau et finalement les déborder.

 

Depuis cette déroute hongroise, Ferrari n'a plus rien perdu ou presque (seul le GP de Monaco leur a échappé cette année). Les adversaires de la Scuderia, à commencer par Renault et BAR-Honda qui se disputent la deuxième place au classement des constructeurs, espéraient un nouveau faux pas des Rouges sur le circuit atypique et insipide de Budapest. D'autres (McLaren et Williams ?) l'attendaient peut-être trop. Il est pourtant rare qu'une grande équipe répète ses erreurs. Hier, il ne s'est strictement rien passé sur le Hungaroring, et surtout rien de fâcheux pour Schumacher et Barrichello.

 

L'espoir de voir les BAR-Honda, installées en deuxième ligne sur la grille, prendre l'avantage au départ a fait long feu. Seul l'Espagnol Alonso a fait vibrer le maigre public. Parti de la troisième ligne, il espérait s'attaquer à la Ferrari de Schumacher dans le premier tour, mais Barrichello a joué à merveille son rôle de lieutenant en servant de bouclier à son chef de file. Après ce départ sans histoire, les deux hommes ont déroulé sans faiblir pendant 300 km. L'unique souci chez Ferrari a concerné les mécaniciens, aux prises avec une ravitailleuse en carburant récalcitrante. Sur le podium, l'Allemand pouvait savourer sa 82e victoire. Le Brésilien, lui, se forçait à sourire après cette nouvelle défaite personnelle. Il reste pourtant l'unique concurrent de l'ogre Schumacher au championnat.

Lionel Froissart (Libération)

Les résultats du Grand Prix

 

 



le circuit

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