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Grand Prix de France | Magny-Cours 4 juillet 2004 |
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Michael Schumacher gagne en s'arrêtant | ![]() |
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Ordinateurs. Car, cette fois encore, c'est l'écurie italienne qui a forcé le sextuple champion du monde à l'exploit. Après un départ sans histoire, donné sous 27 degrés, le début du Grand Prix voit les Renault d'Alonso et de Trulli encadrer la Ferrari de Schumacher. Celui-ci se rapproche de la voiture de tête, mais pas suffisamment pour l'inquiéter. Alors que Schumi vient de procéder à son deuxième arrêt, tout va bien à bord. Mais il manque à l'Allemand un petit quelque chose pour s'attaquer à l'Espagnol. Derrière leurs ordinateurs et leurs écrans de contrôle, les stratèges de Ferrari constatent qu'il sera très difficile de venir à bout du coriace Alonso en conservant comme lui une stratégie à trois arrêts. Essayer de le doubler sur la piste représente un trop gros risque.
Soudain, la radio de bord de la Ferrari numéro 1 grésille. C'est Brawn qui suggère à son pilote de marquer quatre arrêts. Schumacher répond quelque chose comme : «No risk, no fun !» («Pas de risque, pas de plaisir»). L'idée est simple, mais nouvelle. Très périlleuse à mettre en pratique. Il faut pour cela un pilote exceptionnel, capable d'exploiter dès la sortie des stands et de manière instantanée 100 % du potentiel d'une voiture plus légère en essence dotée de pneus frais. En faisant des relais courts et ultrarapides, Michael Schumacher a des chances de gagner son pari. On lui demande en quelque sorte de finir le Grand Prix à un rythme de qualification. C'est le genre de défi qui excite le champion du monde en titre. Ce n'est que cinq tours avant ce dernier arrêt (à douze tours de l'arrivée), quand l'équipe l'informe qu'il possède assez d'avance pour s'arrêter, que Schumacher commence à croire à sa 79e victoire.
Désillusion. Fernando Alonso, lui, comprend qu'il devra encore attendre avant de cueillir la deuxième victoire de sa carrière. Pour son équipier Jarno Trulli, la désillusion est encore plus grande. C'est dans le dernier virage qu'il se fait subtiliser la troisième place par un Rubens Barrichello déchaîné, remonté de la dixième place, qu'il occupait au départ.
En gagnant hier à Magny-Cours, Michael Schumacher a signé son septième succès dans la Nièvre, le neuvième cette saison. Sur le podium, l'Allemand peut savourer cette victoire et la classer parmi ses plus belles. Au pied des marches, Ross Brawn peut, lui, se féliciter de travailler avec un tel pilote.
A l'écoute. Une des forces de Michael Schumacher est bien de s'adapter à toutes les situations sur la piste et à bord de sa machine. Ses admirateurs se souviennent de l'avoir vu triompher en Espagne au volant d'une Benetton blessée sur laquelle la boîte de vitesses avait perdu la plupart de ses rapports les uns après les autres. A bord, Schumacher, alors jeune pilote au sein de l'écurie anglaise, s'était mis à l'écoute de sa mécanique, avalant certains virages à la limite de l'équilibre sur un rapport peu adapté. Les adversaires de l'Allemand n'y avaient vu que du feu tant Schumi avait su maintenir une belle cadence.
Une autre fois, en Hongrie, parti de très loin sur la grille et sur une piste où il est quasi impossible de doubler, il avait déjà fait une confiance aveugle à Ross Brawn pour s'adapter à une stratégie inattendue. Avec succès.
Plus récemment, lors du Grand Prix d'Espagne, le champion du monde avait adouci son pilotage pour compenser des petits soucis mécaniques consécutifs à un échappement cassé. Sans compter tous les petits ennuis qui restent dans le secret de la Scuderia. Lionel Froissart (Libération)
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