![]() |
Grand Prix de Belgique | Spa-Francorchamps 29 août 2004 |
![]() |
Schumacher à qui perd gagne | ![]() |
|
Deux. A la sortie du premier virage, alors qu'il avait pourtant concédé deux places en quelques centaines de mètres (Coulthard et Alonso l'ont passé), l'Allemand avait déjà pris une sérieuse option sur les deux points dont il avait besoin pour être sacré. Ces deux points, il devait les prendre à son équipier Rubens Barrichello, le seul à pouvoir seulement mathématiquement le rejoindre au classement du championnat. Mais dès la première épingle, négociée de concert par les deux Renault de Trulli et Alonso, le Brésilien est victime de la bousculade du départ, heurté à l'arrière par un autre concurrent (Webber). Et ses chances de victoires s'envolent déjà.
Plus loin, à l'attaque du raidillon de l'Eau rouge, c'est plus grave. L'Australien Webber toujours lui , alors qu'il a perdu son aileron avant dans le premier virage, sème le chaos au milieu du peloton. Outre son abandon, l'accident qu'il provoque laisse sur le carreau quatre monoplaces.
Après quatre tours au ralenti, après la première des trois interventions de la safety car, Michael Schumacher, sachant l'autre Ferrari dans les profondeurs du classement, joue la prudence. Presque trop. Il se fait passer par Kimi Raikkonen puis attaquer par Juan Pablo Montoya.
Fragilité. Les premiers ravitaillements lui donnent un peu d'air. Il respire encore mieux quelques minutes plus tard quand, dans le même tour, Alonso est victime de la casse de son moteur Renault et David Coulthard d'une crevaison. Pour les clients de la firme Michelin, c'est le début d'une inquiétante épidémie qui va également coûter cher à Montoya et Button qui pouvaient tous deux prétendre à une place d'honneur. Ces crevaisons ont pointé la fragilité des enveloppes françaises sur une piste souillée par les débris de carbone.
Limites. Dans cette course, dominée par les McLaren-Mercedes et les Ferrari, l'équipe Renault a également montré ses limites. Partis de la première ligne, ses pilotes ont sombré en course. Quant à Michael Schumacher, qui avouait après la course : «J'aurais aimé gagner ce championnat par une victoire», il a bien tenté d'inquiéter Kimi Raikkonen dans la dernière partie de la course, mais sans pouvoir se rapprocher suffisamment de sa proie. Pour lui, l'essentiel était alors de contenir Barrichello dans son sillage jusqu'à l'arrivée.
Lionel Froissart (Libération)
|