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Schumacher remporte à Albert Park sa 71e victoire tandis que
la Scuderia signe le doublé avec la deuxième place
du Brésilien Rubens Barrichello. L'inquiétude manifestée
dès vendredi lors de la première journée d'essais
par la concurrence et Bernie Ecclestone, le grand argentier de la
F1, s'est donc avérée fondée. Oui, les Ferrari sont plus intouchables que jamais.
« On savait que l'on serait très compétitifs, très
forts ici », a reconnu Michael Schumacher. De là à assister à un
cavalier seul du sextuple champion du monde, ne lachant jamais la tête
de la course même à l'occasion de ses trois ravitaillements...
Meilleurs temps de tous les essais, pole-position, meilleur tour en course
et victoire, le triomphe était total pour Michael Schumacher et Ferrari.
Seul l'Espagnol Fernando Alonso (Renault) a réussi à limiter les écarts
pour terminer dans l'ombre des «rouges» sur le podium. De son côté,
le Britannique Jenson Button a confirmé la bonne santé de BAR-Honda
avec une sixième place.
Terrible humiliation. En revanche, les Williams-BMW
de Ralf Schumacher et Juan Pablo Montoya, 4e et 5e à plus
d'une minute des Ferrari F2004, ont été balayées
tandis que les McLaren-Mercedes de David Coulthard (8e) et Kimi Räikkönen (abandon) ont été laminées. Terrible humiliation donc pour
les troupes de Frank Williams et de Ron Dennis, patrons des deux écuries
supposées donner le plus de fil à retordre à Ferrari.
« Dire que notre week-end a été difficile est un euphémisme ,
a constaté amèrement le patron de McLaren. Notre piètre
performance a été amplifiée par la température basse
(18 degrés) qui ne favorisait pas les Michelin. Il va falloir analyser
soigneusement ce qui n'a pas marché pour résoudre nos problèmes. »
Chez Williams, le discours s'est montré plus positif. « Nous
n'étions pas au niveau de Ferrari et de Renault. Mais c'est loin d'être
un mauvais résultat », a affirmé l'ingénieur
en chef, Sam Michael.
La concurrence qui, excepté Renault, faisait grise mine dans le paddock,
dimanche soir, contrastait avec la satisfaction de Michael Schumacher. « L'an
dernier, je ne comptais que six points après trois courses. Là,
j'en ai déjà dix à l'issue de la première »,
s'est d'ailleurs félicité le vainqueur.
Le spectre de 2002. La suprématie des Ferrari a été telle, dimanche à Melbourne,
que déjà le spectre d'une saison 2002 «cannibalisée» par
la Scuderia se profile à l'horizon. « Non, il ne faut pas penser
cela , s'est insurgé Michael Schumacher. L'an dernier, le résultat
aurait été le même si les conditions avaient été normales
(humide au départ et succès de Coulthard). Et nous avons souffert
par la suite. Alors ne parlons pas déjà d'une domination type
2002. »
Notons que chez Renault, l'ambition se trouve décuplée après
ce premier podium d'Alonso. Un pilote en qui Michael Schumacher voit lui-même
un sérieux rival dans la course au titre. « La Renault à l'air
de très bien marcher et Fernando a indiscutablement un talent énorme.
Alors pourquoi pas », a-t-il déclaré tandis que directeur
exécutif de l'ingénierie Renault, Pat Symonds, a lancé un
petit avertissement. « Chapeau à Ferrari. Il nous reste beaucoup
de travail à accomplir avant de les rattraper. Mais nous le ferons »,
a-t-il prévenu.

