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tête d'un bout à l'autre de la course, crédité de
près de vingt secondes d'avance après seulement dix
tours, Fernando Alonso a frappé les esprits autant que ses
adversaires. Un coup sec, violent et aussi improbable que son dépassement
sur Michael Schumacher a huit tours de l'arrivée. A seulement
22 ans et 27 jours, l'Espagnol, déjà plus jeune « poleman » de
l'histoire de la F1 depuis le GP de Malaisie, efface du palmarès
le record de précocité du Néo-Zélandais
Bruce McLaren, fondateur de l'écurie éponyme, vainqueur
aux Etats-Unis en 1959 à 22 ans et 104 jours.
Mais si l'avenir a désormais un nom, celui d'Alonso, on espère
que Schumacher n'a pas donné le sien au passé.
Dépassé - par le sort, par son frère, par le vainqueur
-, le quintuple champion du monde termine huitième d'une course
qu'il avait remporté par deux fois depuis le début de
sa carrière. Pis, l'Allemand est désormais talonné par
ses deux principaux adversaires au classement des pilotes. Présents
sur le podium de part et d'autre d'Alonso, Kimi Räikkönen (deuxième)
et Juan Pablo Montoya (troisième)
se retrouvent aujourd'hui, respectivement, à deux et un points
de Michael Schumacher. Quant à Ralf, quatrième du GP
et du « général », il pointe à quatorze
points de son frère.
Si Schumacher a conservé sa première place,
ce n'est pas le cas de Ferrari,
plombé par la terrible sortie
de route sans gravité de Rubens Barrichello,
piégé par
une rupture de suspension. La Scuderia est désormais devancée
de huit points par Williams-BMW
et suivie par McLaren-Mercedes à seulement
six unités. Quatrième du classement des écuries,
Renault a
surtout connu la sensation intense de renouer avec la victoire avec
une voiture 100% maison pour la première fois depuis vingt
ans et le succès d'Alain Prost au
GP d'Autriche le 14 août
1983. Et dire que cette saison, la firme au losange visait quatre ou
cinq podiums. La prime à la modestie, sûrement.
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