Grand Prix de Hongrie Hungaroring
24 août 2003
L'incroyable démonstration d'Alonso
L'Espagnol offre sa première victoire depuis vingt ans à une monoplace 100% Renault.

n tête d'un bout à l'autre de la course, crédité de près de vingt secondes d'avance après seulement dix tours, Fernando Alonso a frappé les esprits autant que ses adversaires. Un coup sec, violent et aussi improbable que son dépassement sur Michael Schumacher a huit tours de l'arrivée. A seulement 22 ans et 27 jours, l'Espagnol, déjà plus jeune « poleman » de l'histoire de la F1 depuis le GP de Malaisie, efface du palmarès le record de précocité du Néo-Zélandais Bruce McLaren, fondateur de l'écurie éponyme, vainqueur aux Etats-Unis en 1959 à 22 ans et 104 jours.


Mais si l'avenir a désormais un nom, celui d'Alonso, on espère que Schumacher n'a pas donné le sien au passé. Dépassé - par le sort, par son frère, par le vainqueur -, le quintuple champion du monde termine huitième d'une course qu'il avait remporté par deux fois depuis le début de sa carrière. Pis, l'Allemand est désormais talonné par ses deux principaux adversaires au classement des pilotes. Présents sur le podium de part et d'autre d'Alonso, Kimi Räikkönen (deuxième) et Juan Pablo Montoya (troisième) se retrouvent aujourd'hui, respectivement, à deux et un points de Michael Schumacher. Quant à Ralf, quatrième du GP et du « général », il pointe à quatorze points de son frère.


Si Schumacher a conservé sa première place, ce n'est pas le cas de Ferrari, plombé par la terrible sortie de route sans gravité de Rubens Barrichello, piégé par une rupture de suspension. La Scuderia est désormais devancée de huit points par Williams-BMW et suivie par McLaren-Mercedes à seulement six unités. Quatrième du classement des écuries, Renault a surtout connu la sensation intense de renouer avec la victoire avec une voiture 100% maison pour la première fois depuis vingt ans et le succès d'Alain Prost au GP d'Autriche le 14 août 1983. Et dire que cette saison, la firme au losange visait quatre ou cinq podiums. La prime à la modestie, sûrement.