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Grand Prix du Canada | Montréal 15 juin 2003 |
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Droit d'aînesse chez les Schumacher | ![]() |
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Piste sèche. Juste avant le départ, Michael Schumacher ne semble regretter qu'une chose : le retour d'une météo plus clémente après deux journées pluvieuses. Sur une piste détrempée, les pilotes Williams-BMW, en délicatesse avec leurs pneus pluie, n'auraient pas représenté un obstacle redoutable. Dans des conditions normales, la bagarre s'annonce plus rude. Prudent, Michael Schumacher ne tente pas l'impossible au départ et se place derrière Montoya, pourtant à sa portée. Le premier tour fait deux victimes. Barrichello laisse son aileron avant sur l'arrière de la Renault d'Alonso et Trulli se fait crever un pneu dans une touchette. Montoya commet une erreur qui l'expédie en tête-à-queue.
Alonso intérimaire. Ralf Schumacher se retrouve ainsi sous la menace de son frère aîné. Et ce sont les ravitaillements qui font la différence. Deux fois, le pilote Ferrari y prend l'avantage d'un rien sur le pilote Williams. Et, à chaque fois que les deux animateurs de la course passent par leur stand, c'est le jeune Alonso, au volant de sa Renault, qui assure l'intérim en tête de la course.
En fin de grand prix, le petit Espagnol se joint à la bagarre pour le podium. Si le retour de Montoya dans le trio de tête apparaît comme logique, tant le Colombien a cravaché sa Williams-BMW, la présence d'Alonso est plus étonnante. A l'instar d'un Schumacher des meilleurs jours, le pilote Renault n'a rien cédé lors de ses entrées et sorties des stands. En fin de course, il profite du bras de fer entre les pilotes Williams et le leader de Ferrari pour recoller au train. Les 120 000 spectateurs québécois ne s'attendaient sans doute pas à vivre une fin de course aussi haletante, avec quatre pilotes dans la même seconde. Mais avec Michael Schumacher traqué par la meute et Ralf, toujours un peu tendre, dans le rôle du chasseur, il y avait peu de chances que l'ordre bouge en fin de course. Michael Schumacher n'a pas tremblé pour cueillir son 68e succès en F1, le quatrième cette saison. Son frère peut s'estimer heureux d'avoir contenu la furia de son équipier Montoya dans les derniers tours. Tandis qu'Alonso s'affirme, de course en course, comme un futur très grand. Sa troisième place au championnat n'est pas une surprise.
Kimi Raikkonen, pourtant brillant, reste comme le grand perdant de ce grand prix. Parti de loin, il a remonté à la sixième place. Un classement insuffisant pour sauver sa place en tête du championnat. Depuis hier, Michael Schumacher a repris le pouvoir en Formule 1.
LIONEL FROISSART |
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