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Grand Prix d'Allemagne | Hockenheim 3 août 2003 |
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Montoya, le rival n° 1 | ![]() |
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quatre
tours de la fin du Grand Prix d'Allemagne, Michael Schumacher pensait
bien être en train de réaliser la bonne opération du jour. Bien sûr,
la Williams-BMW de Juan Pablo Montoya caracolait
en tête avec une confortable avance mais, comme le Colombien, le pilote Ferrari, remonté à la deuxième place, pouvait se féliciter d'avoir échappé à l'accrochage du départ ayant éliminé trois
des candidats au titre mondial, laissant sur le carreau Kimi Raikkonen, Ralf
Schumacher et Rubens Barrichello.
Pourtant, à moins de vingt kilomètres du but, Schumacher a senti l'arrière de sa machine s'affaisser. Victime d'une crevaison, le champion du monde en titre a été contraint de lever le pied, laissant passer une demi-douzaine de concurrents, tout en traînant sa monoplace jusqu'à son
stand pour y changer une roue. Au final, Schumacher peut
s'estimer heureux d'être revenu en piste à la septième place, grignotant ainsi deux petits points qui lui permettent de se maintenir en tête du championnat avec une avance de six points sur Juan Pablo Montoya. Ce dernier devient, du même coup, le principal rival de l'Allemand pour cette fin de saison, alors que quatre courses sont encore au programme. Mais avec un barème d'attribution des points qui ne permet plus de faire de grands écarts, le Colombien se montre prudent sur ses chances de remporter le titre mondial au soir du Grand Prix du Japon, le 12 octobre prochain. «Je n'y pense même
pas. Tout peut encore arriver.»
Virage. Les trois victimes du premier virage peuvent
en témoigner. Pour eux, tout s'est joué en une fraction de seconde à l'extinction des feux. A cet instant, la Ferrari de Barrichello (comme celle de Schumacher d'ailleurs) marque un temps d'arrêt. Après une hésitation, Raikkonen au volant de sa McLaren revient à sa hauteur sur la gauche. Juste devant, Ralf Schumacher n'a pas pris un envol plus fameux de la première ligne. Il a déjà laissé filer Montoya. Le jeune Allemand commet alors l'erreur de plonger à l'extérieur de la piste (1) sans se soucier de la présence
de la Ferrari de
Barrichello. Le Brésilien se retrouve coincé entre la Williams-BMW
et la McLaren-Mercedes.
Malgré un coup de frein énergique, Barrichello ne peut pas éviter le double contact. Kimi Raikkonen est expédié dans le décor, en percutant au passage le flan de la Williams de Schumacher. Ce triple abandon est une aubaine pour Montoya, et surtout pour Michael Schumacher. Il reste 300 kilomètres de course à l'Allemand pour venir à bout des Renault qui l'ont précédé au départ et peut-être profiter d'un ennui de Montoya. Au pire, c'est de toute façon une place sur le podium, derrière
le vainqueur, qui lui est promise.
Raikkonen
de son côté est dirigé vers l'infirmerie afin d'examiner un choc à une jambe. Lui qui fut, en début de saison, le leader du championnat sait qu'il vient de perdre gros. Pour le cadet des Schumacher, c'est pire encore. Il vient sans doute de laisser filer la possibilité d'inquiéter son grand frère au championnat. Quant à Rubens Barrichello, cet accrochage enterre ses dernières
illusions.
Chaleur. Sur la piste surchauffée à 50°, il n'y a plus de suspense ou presque. Grâce à son excellente stratégie à trois arrêts, Montoya s'envole vers sa deuxième
victoire de la saison. Les pilotes Renault, Trulli et Alonso,
font mieux que de la figuration, donnant même du fil à retordre à Michael
Schumacher. Mais c'est donc une crevaison qui a eu raison du chouchou
du public. David Coulthard revenu
de nulle part ne se fait pas prier pour rafler cette inespérée deuxième
place.
(1)
Jugé responsable par les commissaires sportifs, Ralf Schumacher sera rétrogradé de dix places sur la grille de départ
du prochain Grand Prix en Hongrie.
LIONEL FROISSART |
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