Grand Prix d'Italie Monza
14 septembre 2003
Le rouge est remis
En l'emportant à Monza, l'Allemand conserve la tête du championnat.

ichael Schumacher, qui a raté plus d'un départ cette année, réussit cette fois un envol parfait. Même si Montoya grignote une partie des neuf mètres de retard qu'il avait sur la grille, il reste derrière son adversaire. Et là, Schumacher commet une petite erreur. Son freinage, un peu trop long, l'entraîne vers le trottoir de la chicane. «L'espace d'un instant, je me suis demandé si je n'allais pas devoir escamoter les vibreurs et aller tout droit. Mais je risquais d'y perdre beaucoup de temps, alors j'ai quand même essayé de braquer dans la chicane», expliquera-t-il après l'arrivée. A cet instant, Montoya est proche. Il l'est encore plus à l'entrée de la deuxième chicane. Il retarde au maximum son freinage, possède un peu d'avance sur la Ferrari. Les deux monoplaces franchissent l'obstacle en se frôlant, à la limite de l'accrochage. Mais, devant le public italien et compte tenu de l'enjeu, Schumacher ne veut rien céder. Profitant de sa position à l'extérieur, il repousse l'assaut de la Williams-BMW. «Dur mais correct», dira Schumi, qui file vers le double-droit de Lesmo. A la sortie de cette difficulté, il possède quelques mètres d'avance. C'est fini ! En moins d'un tour, Schumacher a gagné le Grand Prix d'Italie. Montoya se rapprochera, en vain, à moins d'une seconde après le deuxième arrêt. Avant de devoir rendre les armes, à douze tours de la fin, ayant été retardé par le trafic.

En plaçant ses deux pilotes sur le podium, Ferrari a repris le pouvoir. Si les circonstances s'y prêtent, Michael Schumacher pourrait même être couronné à Indianapolis, le 28 septembre.

Si Kimi Raïkkönen (McLaren) ne se fait plus guère d'illusions, au soir du Grand Prix d'Italie, Michael Schumacher (Ferrari), le vainqueur, et Juan Pablo Montoya (Williams), son dauphin, assurent que le titre mondial est toujours d'actualité.

Aussitôt après l'épreuve italienne d'ailleurs, Ferrari, Williams-BMW et McLaren-Mercedes attaquent mardi une semaine d'essais intensifs afin de préparer au mieux la joute finale, les déplacements à Indianapolis (28 septembre) et à Suzuka (12 octobre), ultimes rendez-vous de la saison.

L'équipe italienne mettait même les bouchées triples, à Jerez, Fiorano et Monza pour tenter de prendre définitivement l'avantage. « Dimanche, ce n'était que la première marche de l'ascension. Plus vous vous rapprochez du sommet, plus cela devient difficile », indique Jean Todt, le directeur de Ferrari.

A Monza, sur ses terres, l'équipe italienne est à nouveau apparue conquérante, Michael Schumacher impeccable, comme aux plus beaux jours, comme l'an passé quand les rouges cannibalisaient le Championnat du monde. Après combien de doutes, de craintes cependant.

 

La Scuderia prête à tout
La rage, les cris de joie de Michael Schumacher, de Jean Todt, de toute l'équipe, lors de la cérémonie du podium, ont montré combien chacun au sein de la Scuderia a redouté ce rendez-vous. Combien la peur a été grande de voir la série d'insuccès se poursuivre. La victoire a été accueillie comme une délivrance, un immense soulagement.

Mais si comme en 2000, dans son duel avec Mika Häkkinen (McLaren-Mercedes), Michael Schumacher a retourné en sa faveur, dans le fief même de la Scuderia, une situation semblant compromise, l'Allemand et Ferrari se méfient néanmoins de Montoya et Williams-BMW, rivaux les plus menaçants.

La concurrence s'attendait à souffrir face aux F2003 GA à l'aérodynamique taillée pour le circuit milanais hyper rapide. La résistance du Colombien, tant en qualifications qu'en course, a conforté la confiance chez Williams-BMW, renforcé la conviction de la Scuderia de rester vigilante, assidue au travail... Et prête à tout pour conserver ses titres.

Même à avoir recours à l'article 179 bis du code sportif, permettant de revoir les résultats antérieurs, comme Jean Todt en a brandi la menace encore dimanche soir, après l'épisode de Budapest et des «pneus larges de Michelin».

 

Schumacher sacré à Indianapolis ?
Ferrari en difficulté face à Williams-BMW chez les constructeurs, Michael Schumacher lui est mieux placé, beaucoup mieux placé. L'Allemand pourrait ainsi être sacré, enlever son sixième titre mondial dès Indianapolis si jamais le sort était contraire à Montoya. Et s'il estime le championnat très ouvert, le succès et la manière de l'obtenir avaient redonné espoir au quintuple champion du monde.

« Les gens qui travaillent sur le moteur ont fait un boulot extraordinaire et ce moteur va nous aider partout, explique le vainqueur. Si vous regardez les trois dernières courses, on avait l'impression que les circuits à fort appui ne nous convenaient pas. D'autres facteurs entrent en jeu. Mais Indy n'est pas un tracé trop exigeant en appui. Il ressemble beaucoup à Monza, au Canada où j'avais gagné. »

Plus que les deux points supplémentaires pris sur Montoya, les records de vitesse (368,8 km/h en pointe), de Grand Prix le plus rapide de l'histoire, c'est sans doute sur le plan psychologique que la victoire remportée dimanche à Monza constitue l'atout le plus important pour Michael Schumacher et Ferrari au moment d'aborder le sprint final face à Montoya et Williams-BMW.