Grand Prix de Monaco 26 mai 2002
Coulthard, 78 tours sans céder
L'Ecossais s'impose devant Michael et Ralf Schumacher.

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avid Coulthard a fissuré la forteresse Schumacher. Depuis le début de la saison, à l'occasion des six premiers Grands Prix, c'est toujours un des fameux frères qui s'était imposé. Michael à cinq reprises ­ en Australie, au Brésil, à Imola, en Espagne et, d'une manière plus que controversée, il y a quinze jours en Autriche. Ralf, lui, n'avait gagné qu'une seule fois, en Malaisie. A Monaco, David Coulthard a eu la satisfaction d'être celui qui a mis un coup d'arrêt à cette domination sans partage. Les inséparables l'ont pourtant rejoint sur le podium princier, Michael devant Ralf.

 

Pour le pilote écossais et l'écurie McLaren-Mercedes, c'est un résultat inespéré après un début de saison catastrophique. Mais cette victoire ne doit rien au hasard. Coulthard, qui s'était déjà imposé il y a deux ans dans la principauté et avait signé la pole position l'an passé a, cette fois, dominé les débats du premier au dernier tour. Et, comme souvent sur le tourniquet monégasque, tout s'est joué au départ. Installé en pole, après un fantastique rush lors de son dernier tour en qualification, Juan Pablo Montoya tenait là une sérieuse option sur la victoire. Restait tout de même à prendre le meilleur départ et à exécuter une partition irréprochable pendant 78 tours.

 

Raisonnables. Comme il y a quinze jours, en Autriche, le départ de Montoya est laborieux, et la configuration particulière de ce circuit étroit ne permet de récupérer les places perdues dans un freinage désespéré au premier virage, d'autant que la direction de course a plusieurs fois demandé aux pilotes de se montrer raisonnables. Et ils le sont. Après quelques mètres d'accélération, David Coulthard prend nettement l'avantage sur la Williams qu'il côtoyait sur la première ligne. Ralf Schumacher n'ose pas attaquer son frère, alors que Barrichello perd deux places, ce qui va ruiner sa course.

 

Pour une fois, le Grand Prix s'annonce passionnant. Coulthard, Montoya et les frères Schumacher forment un quatuor très offensif. La Ferrari semble encore une fois la plus rapide du lot, mais cet avantage ne sert à rien sur un circuit où il est presque impossible de doubler. Montoya le sait et se contente de soigner ses trajectoires, tout en essayant de mettre ce qu'il faut de pression sur Coulthard. Toujours prudent, Ralf regarde cette bagarre de loin : «On ne sait jamais ce qui peut se passer sur ce circuit, et je préférais garder mes distances.» Mais son frère ne tente rien de particulièrement risqué. Michael se dit qu'un bon ravitaillement va peut-être lui faire gagner une ou deux places. Lui qui dit «à Monaco, même quand on se sent plus rapide que ceux qui vous précèdent, il faut se montrer patient» verra sa patience bientôt récompensée. Si la fumée qui s'échappe de l'arrière de la McLaren de Coulthard s'avère être une fausse alerte, la casse du moteur BMW de la Williams de Montoya est bien réelle.

 

Espoirs en fumée. Peu après la mi-course, les espoirs du Colombien s'envolent en fumée. Coulthard n'a plus qu'à contrôler la course de Schumacher. Et le passage par les stands n'y change rien : «Si je n'avais pas été ralenti par le trafic après mon arrêt au stand, j'aurais pu me rapprocher de David et espérer autre chose, racontera l'Allemand. J'ai poussé jusqu'au bout, mais il a superbement conduit et ne m'a donné aucune opportunité de l'inquiéter.» Plus loin derrière, Ralf Schumacher assure sa troisième place, malgré un second arrêt imprévu pour changer un pneu en fin de course.

 

Tout le monde n'a pas connu un après-midi aussi paisible. Les débutants ont souffert. Le Japonais Takuma Sato, le Malais Alex Yoong et le Brésilien Felipe Massa ont terminé leur premier Grand Prix de Monaco dans le décor. Mika Salo a été victime d'une casse mécanique au volant de sa Toyota, tandis que quelques accrochages ont fini de décimer le peloton. Le Finlandais Kimi Raikkonen a été victime de la fougue de Rubens Barrichello lors d'un freinage. Tandis que le Français Olivier Panis et l'Anglais Jenson Button se sont emmêlés lors d'une passe d'armes. Jarno Trulli, quatrième, craint, lui, un déclassement en raison de l'absence de scellés sur le boîtier électronique de sa Renault.

LIONEL FROISSART