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Grand Prix de Belgique | Spa-Francorchamps 1er Septembre 2002 |
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Michael
Schumacher seul en scène |
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a voiture était incroyable, merci à tous.» Michael Schumacher est toujours sobre et précis quand il s'agit de remercier tous les membres de la Scuderia à la fin d'une course. D'autant que son succès au Grand Prix de Belgique s'est résumé à une simple formalité. Cette fois, le champion allemand n'a même pas cherché à faire croire que la concurrence était vive ou qu'il lui a fallu rester sur ses gardes. C'est tout juste s'il a rappelé que le sport mécanique est aléatoire, la performance du pilote dépendant directement de la qualité de sa machine et surtout de la fiabilité de celle-ci. Et si l'Allemand avait oublié ce principe de base, les événements en piste se sont chargés de le lui rappeler. Prudent, le pilote Ferrari a bouclé les derniers kilomètres et les trois derniers tours à un train de sénateur. Et ce n'était même pas à cause d'un problème naissant à bord de sa voiture. «Non, simplement, à la fin j'ai vu beaucoup de moteurs exploser. C'était inutile de stresser l'équipe. En plus, Montoya (3e) était à bonne distance.» Et ce n'était pas Rubens Barrichello, tout heureux d'être deuxième, qui pouvait l'inquiéter.
Début étourdissant. Il était donc tout à fait inutile de prendre le moindre risque et de jouer les équilibristes en fin de parcours. D'autant que sur son circuit préféré, celui qui l'a vu débuter en Formule 1 en 1991, cette piste sur laquelle l'Allemand a remporté en 1992 la première de ses 63 victoires, Schumacher a tout de même eu le temps de se faire plaisir. Avec le titre dans la poche depuis le Grand Prix de France, et Rubens Barrichello en couverture, Schumacher n'a pas vraiment eu à regarder dans ses rétros. Il s'est concentré sur le pilotage et a produit un début de course étourdissant, reléguant tous ses poursuivants loin de ses échappements. Parti de la pole position - ce qui ne lui était jamais arrivé en onze participations (1) à Spa, le pilote Ferrari a eu la vie facile.
Comment souvent cette année, il extrait sa Ferrari de la première ligne avec une aisance déconcertante, laissant Rubens Barrichello faire le boulot derrière lui. Le Brésilien parvient d'ailleurs à s'intercaler entre son leader et la McLaren-Mercedes de Kimi Raikkonen, qui avait fait illusion aux essais.
Après dix tours, ce qui représente tout de même 70 kilomètres sur le circuit belge, les Ferrari ont la longue ligne droite des Combes d'avance et une poignée de secondes sur le deuxième peloton. Un petit groupe d'agités, composé des pilotes des équipes Williams et McLaren, tente de mettre un peu d'animation dans une course déjà très ennuyeuse. Il y a là Montoya, qui a passé Raikkonen en début de course, et Coulthard qui en fait autant avec Ralf Schumacher.
Epidémie de casse. Ces quatre pilotes ne vont plus vraiment se lâcher jusqu'à l'arrivée, après avoir perdu de vue les Ferrari. Seul Kimi Raikkonen n'a pas atteint le drapeau à damier, victime d'une casse de son moteur. Le Finlandais n'a pas été le seul à subir cette soudaine épidémie. En l'espace de quelques tours, les moteurs de Trulli (Renault), Fisichella (Jordan-Honda), Panis (BAR-Honda), Massa (Sauber-Ferrari Petronas) partent en fumée.
C'est cette hécatombe qui persuade Schumacher de rendre la main. Sa démonstration est faite et il peut dérouler jusqu'à l'arrivée. Puis monter sur le podium avec ce geste caractéristique qui semble dire : «C'est moi le plus fort !». Ce qui est vrai dans beaucoup de domaines. Par chance, Michael Schumacher affirme ne pas s'intéresser aux records, encore moins aux statistiques - «C'est le genre de truc que l'on regarde une fois à la retraite», dit-il - sinon, il verrait qu'il ne lui reste plus grand-chose à se mettre sous la dent. Hormis le record de pole positions d'Ayrton Senna (65), intouchable avant deux saisons pour Schumacher, qui en a 48, et le nombre de titres (5) qu'il partage avec Fangio, tout le reste appartient à l'Allemand: nombre de victoires (63), points marqués (923), records du tour (51).
A Spa, Schumacher est devenu le premier pilote à avoir gagné dix courses dans une même saison. L'Anglais Nigel Mansell, qui était en Belgique en touriste et qui, lui, s'était imposé à neuf reprises, n'a pas manqué de féliciter le pilote Ferrari pour cette performance. Et inutile de se faire des illusions, Michael Schumacher, sur les terres de Ferrari, tentera de faire mieux encore dans quinze jours à Monza, à l'occasion du Grand Prix d'Italie.
Lionel Froissard |
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