Grand Prix des USA Indianapolis
30 septembre 2001
Hakkinen, fringant préretraité
Le Finlandais remporte le GP des Etats-Unis devant Schumacher.

c

e temps de l'hymne américain, les nombreux supporters colombiens ont fait silence. Pour mieux reprendre leurs encouragements pour leur idole Juan Pablo Montoya. A quelques instants de s'installer dans sa Williams-BMW, le Sud-Américain leur a offert un rapide salut. Mais le vainqueur de l'édition 2000 des 500 miles d'Indianapolis, qui découvrait le circuit F1, était trop tendu pour afficher son traditionnel sourire. Victorieux il y a quinze jours à Monza, qualifié en deuxième ligne derrière la Ferrari de Michael Schumacher et la Williams-BMW de l'autre Schumacher, Montoya, qui a vécu dans la région lorsqu'il disputait le championnat CART, avait à cour de réussir dans «son jardin».

 

Tête-à-queue. Dès le départ, il prend l'avantage sur son équipier. Il remonte même au niveau de la Ferrari du champion du monde, mais le Colombien, véritable pit-bull en début de saison, s'est assagi. Plutôt qu'un coup d'éclat trop risqué, il remet à plus tard ses projets offensifs. En attendant, le début de course est dominé par les Ferrari. Michael Schumacher laisse même son équipier Barrichello, dont la voiture est moins chargée en essence, s'échapper en tête. Il sait que le Brésilien va devoir anticiper son ravitaillement. Après quelques tours, la situation se précise. Dans le premier peloton, Ralf Schumacher est le premier à s'arrêter, bientôt imité par Barrichello. Montoya ne tarde pas à se retrouver dans le sillage de Schumacher. C'est lui le plus rapide en piste et l'Allemand est bientôt une proie facile. Après quelques tours d'observation, sa première attaque est la bonne. Il exploite au mieux le phénomène d'aspiration, s'offre un freinage d'équilibriste et passe dans une belle glissade.

 

Rétrogradé. A la mi course, sa Williams-BMW mène le Grand Prix. Avec un seul arrêt à son tableau, il n'y a plus que Michael Schumacher pour l'inquiéter. Mais comme à Monza, la Williams semble posséder un léger avantage en performance. Pourtant, en moins de cinq minutes, les espoirs de l'écurie anglo-allemande sont anéantis. Ralf Schumacher part en tête-à-queue et échoue dans les graviers. Pour Montoya, le sort est plus cruel encore. Alors qu'il vient de ravitailler, il entend son moteur ferrailler dans son dos, puis exploser. Comme lors des essais matinaux, sa mécanique n'a pas tenu.

 

Alors que Montoya salue la foule sous les vivats, la course a pris une autre tournure. Hakkinen, très discret jusque-là, et rétrogradé sur la deuxième ligne de départ pour avoir grillé un feu rouge le matin lors du warm up, s'empare du commandement à la faveur d'une parfaite stratégie. Lui aussi n'a prévu qu'un ravitaillement. Il lui faut encore résister au retour éclair de Barrichello ressorti des stands juste devant l'autre Ferrari. Un petit coup de pouce du destin le débarrasse de cette angoisse: le moteur de Barrichello explose à quelques tours de l'arrivée. A une course de la préretraite, Hakkinen s'offre sa deuxième victoire de la saison. Avec la troisième place de Coulthard, McLaren est assurée de la 2e place au championnat du monde des constructeurs.

LIONEL FROISSART