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Grand Prix de Hongrie | Hungaroring 19 août 2001 |
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Michael Schumacher, pilote quatre étoiles | ![]() |
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es unes après les autres, les monoplaces qui viennent de terminer le Grand Prix de Hongrie freinent au niveau des Ferrari de l'Allemand Michael Schumacher et du Brésilien Rubens Barrichello (2e) qui roulent au ralenti. Certains pilotes regardent vers le duo et font un geste interrogatif, puis reprennent leur élan. La Jordan-Honda de Jean Alesi (10e) s'attarde un peu plus longuement. Le Français a compris que son ami Schumacher vient de remporter son quatrième titre de champion du monde et il le félicite à distance, pouce levé. Puis, c'est au tour de Ralf Schumacher de glisser sa Williams-BMW sur le flanc de la Ferrari. Ralf fait comprendre à son grand frère qu'il a pour sa part terminé quatrième de la course. Les deux frangins ne seront donc pas ensemble sur le podium pour célébrer la 51e victoire de l'aîné de la famille.
Espoir. Michael Schumacher termine son tour d'honneur à l'extrême ralenti. Il hoche la tête et s'adresse par radio à son équipe. «Je ne trouve pas les mots. C'est tellement incroyable de travailler avec vous, les gars. Je vous aime. Je vous aime. Merci!» Lorsque la Ferrari se gare enfin dans le parc fermé, Ralf est déjà là. En compagnie de Jean Alesi, il aide son frère à s'extraire de sa monoplace. Beau joueur, David Coulthard (3e) est venu congratuler le vainqueur. Comme à son habitude, malgré la chaleur accablante et la fatigue de l'effort fourni, Schumacher ne semble pas marqué. La victoire fait oublier les douleurs. Debout, les deux bras levés, il salue la foule. C'est à croire qu'une partie de l'Allemagne s'est déplacée en Hongrie. Les nombreux supporters finlandais venus, quant à eux, encourager Mika Hakkinen se sont volatilisés. Les drapeaux aux couleurs allemands et à celles de Ferrari se confondent.
A l'instant de la pesée de la voiture, Schumacher retrouve Coulthard pour une accolade plus franche. L'Ecossais ne se faisait de toute façon pas beaucoup d'illusion sur ses chances de rattraper Schumacher au championnat du monde. Mais c'est toujours l'espoir qui fait avancer. Quand un curieux veut connaître son sentiment sur le championnat, Coulthard fait dans l'humour: «Je crois bien que c'est terminé, non?» Maintenant, le pilote McLaren-Mercedes va même se retrouver à défendre sa place de dauphin face aux assauts de Rubens Barrichello et de Ralf Schumacher. «Mais, très franchement, être deuxième ne me procure aucune émotion particulière. Je visais la victoire et rien d'autre.»
Carrosserie. Contrairement aux dénouements de ces dernières saisons, Michael Schumacher n'aura pas à subir la terrible pression de devoir attendre les deux dernières courses pour défendre ses chances au championnat. Pourtant, la course de l'Allemand a failli se terminer avant même le départ. Lorsque, à 13 h 43, sa Ferrari est la dernière à quitter la ligne des stands que les officiels fermeront à 13 h 45, Michael Schumacher fonce sur la piste au point de se faire une belle frayeur. A l'approche d'une chicane, il perd le contrôle de sa monoplace, saute un vibreur et se retrouve à se battre avec son volant dans les graviers. Avec son sang-froid habituel, il contrôle la situation, puis revient vers la grille de départ où ses mécaniciens l'attendent. Quand la monoplace s'immobilise à l'emplacement de la pole position, un essaim de fourmis rouges se jette sur la bête. Il y a quelques travaux de carrosserie à faire, mais rien de grave. Le chef mécanicien calme ses troupes. Schumacher, un peu penaud, se met à l'écart pour parler avec Ross Brawn, le directeur technique de la Scuderia. Mais le pilote reste confiant. Il salue l'énorme foule qui scande son nom de l'autre côté du grillage. A cet instant, il ne sait pas vraiment si cet incident va affecter le comportement de sa machine, irréprochable depuis le début du week-end. «Je n'ai pas vraiment ressenti la pression en arrivant ici. Tout simplement parce que je pouvais me permettre de ne pas obtenir un très bon résultat. J'aurais, de toute façon, conservé une marge de sécurité.»
A peine la meute lâchée à ses trousses, Michael Schumacher sait qu'il a fait le plus dur. Sur ce circuit tourniquet de l'Hungaroring où il est quasiment impossible de doubler, il s'est propulsé en tête. Mieux, son compagnon d'écurie, Barrichello, s'est glissé dans son sillage en prenant l'avantage sur Coulthard. Avec une telle protection derrière lui, l'Allemand peut voir venir. A partir du dixième tour, il augmente la cadence, preuve que sa monoplace n'a finalement pas souffert de son passage en hors-piste. Avec un tel rythme, les stratèges de l'équipe McLaren comprennent qu'ils ne pourront même pas faire la différence lors des arrêts au stand. Coulthard parvient pourtant à s'intercaler entre les deux Ferrari pour la durée de son deuxième relais, mais concédera à nouveau cette place après son dernier arrêt. Dans ces conditions, seul l'abandon de Michael Schumacher aurait pu lui permettre de rester dans la course au titre. Mais, comme souvent cette saison, la mécanique italienne n'a pas failli. Une fiabilité remarquable qui permet à la Scuderia de remporter le titre mondial des constructeurs pour la deuxième année consécutive. Dès l'arrivée, le président de Ferrari, Luca Cordero di Montezemolo, qui avait suivi la course à la télévision depuis Maranello (fief de l'écurie), décidait de partir pour Budapest afin de fêter avec toute son équipe ce double titre. Et les milliers de tifosi, qui avaient assisté à la course dans l'auditorium Ferrari, pouvaient s'en donner à cour joie dans les rues de la petite ville. LIONEL FROISSART |
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