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Grand Prix d'Espagne | Barcelona
29 avril 2001 |
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Hakkinen passe son tour | ![]() |
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e protocole des Grand Prix ne laisse pas beaucoup de place à la fantaisie. Chaque pilote qui termine la course doit garer sa monoplace dans le parc fermé, avant de se soumettre au pesage, effectué par les responsables de la fédération internationale (FIA). Les trois premiers sont, eux, happés par les officiels pour la cérémonie du podium, qui ne doit surtout pas déborder, même de quelques secondes, sur les horaires programmés pour la mondovision. Hier, le vainqueur, Michael Schumacher, a bousculé la règle. Il s'est précipité vers Mika Hakkinen qui venait d'être ramené en stop par son équipier David Coulthard pour lui dire combien il était désolé pour lui: "Mika avait vraiment fait une course parfaite et rapide. Il m'avait doublé à la régulière grâce à une excellente stratégie.", dira-t-il ensuite. Après tout, Schumacher doit aux malheurs du Finlandais de l'avoir emporté.
Fumée. Comme souvent sur le circuit de Catalunya, réputé pour offrir une des courses les plus ennuyeuse de la saison, tout semblait s'être joué lors des arrêts au stand. Mais cette fois, c'est à croire que la course de Montmelo était digne d'un scénario pour Pepe Carvalho. Avec dénouement riche en rebondissement.
A moins d'un tour de l'arrivée, et après en avoir bouclé soixante-quatre à cadence infernale, Mika Hakkinen tenait enfin les dix points de la victoire. Il va récolter sa quatrième victoire de suite en Catalogne, et se remettre dans la course au titre. Mais quelques virages plus tard, il entend un bruit épouvantable dans son dos. Le tableau de bord de sa McLaren se transforme en arbre de Noël. Tous les voyants sont au rouge. Un regard dans ses rétroviseurs le renseigne sur l'étendu des dégâts. Un épais panache de fumée blanche le suit à la trace (hier, les motoristes de Mercedes penchaient pour une défaillance d'un système hydraulique ayant entraîné une cascade de problèmes dont la casse de l'embrayage). Avec cinq virages restant à négocier, il tente d'aller le plus loin possible sur sa lancée. Mais des flèches de toutes les couleurs le passent sans pitié, à droite et à gauche. La rouge lui fait le plus mal. La Ferrari de Michael Schumacher passe en trombe, alors que le Finlandais vient de garer sa monoplace fumante sur le bas-côté du circuit.
Coulthard loin derrière. Le champion du monde en titre, au comble de la réussite, s'en va récolter la 47e victoire de sa carrière, et déjà la troisième de la saison. Ce don du ciel est inespéré. Depuis plus de vingt tours, Schumacher était en grande difficulté. D'importantes vibrations troublaient sa vision et lui faisaient craindre le pire quant à l'état de ses pneus. "Je pensais que mes pneus étaient usés jusqu'à la corde, sans vraiment en comprendre la cause. Je craignais un éclatement, aussi j'étais vraiment sur la défensive, surtout dans la longue ligne. Le stand m'a d'ailleurs conseillé de baisser le rythme. C'était inutile de prendre plus de risques." D'autant que Schumacher avait vraiment mis beaucoup de distance entre lui et ses poursuivants dans la première partie de la course. Coulthard n'était même plus une menace après avoir calé dans le tour de chauffe (logiciel défaillant), et contraint de s'élancer derrière le peloton.
Alors qu'il aborde lui aussi le dernier tour, Michael Schumacher perçoit une agitation dans les tribunes. Les innombrables supporters de la Scuderia, vêtus de rouge, sont debout. Puis il voit la McLaren d'Hakkinen arrêtée et le drapeau à damiers qui salut son passage sur la ligne, en vainqueur.
Villeneuve sur le podium. Sur le podium, Michael Schumacher a la surprise d'être entouré par un petit nouveau et un revenant. Le Colombien Juan Pablo Montoya, auteur d'un départ fulgurant qui l'a propulsé de la 12e à la 6e place n'en revient pas. Avec une Williams-BMW à la peine sur ce circuit intraitable pour les pneumatiques, Montoya a su saisir toutes les occasions, doublant Trulli dans les stands lors de son ravitaillement et profitant des abandons de Hakkinen, Rubens Barrichello et de son équipier Ralf Schumacher.
A la gauche de Schumacher, Jacques Villeneuve a retrouvé le sourire après un début de saison difficile. C'est la première fois depuis l'été 1998 que le Québécois remonte sur un podium. Un tiercé surprise comme celui-ci, le baron de la Scuderia Ferrari en redemande. LIONEL FROISSART |
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