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Grand Prix du Canada | Montréal
10 juin 2001 |
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Un Schumacher peut en cacher un autre | ![]() |
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ême s'il a décidé de prolonger son contrat chez Ferrari quelques années encore, Michael Schumacher pourrait prendre sa retraite dès aujourd'hui l'esprit tranquille. Il y aurait toujours un Schumacher pour défendre l'honneur de la famille en F1. Après son succès au Grand Prix de Saint-Marin, Ralf Schumacher a récidivé hier au Canada.
Quand ils étaient petits, les deux frères adoraient se lancer des défis, en général au volant d'un kart. Parfois, c'est Ralf, le cadet, qui gagnait. Michael, l'aîné, n'aimait pas ça, mais admirait ce petit frère, si timide dans la vie, mais redoutable d'audace en compétition. Arrivé en F1, l'aîné de cette incroyable famille avait prévenu que son frère le suivrait et qu'il était plus rapide encore. Quelques années ont passé. Schumacher a remporté trois titres de champion du monde; il est en passe de battre le record de victoires (51) détenu par Prost. Ralf, 24 ans, en F1 depuis 1997, reste un de ses plus sûrs espoir.
Duel fratricide. Hier, sur le circuit Gilles-Villeneuve de Montréal, Michael et Ralf se sont retrouvés sur la première ligne de départ. Comme au Brésil, quelques semaines plus tôt, les deux frangins s'étaient promis une belle bagarre, à la loyale, avec l'espoir de ne pas voir leur duel fratricide troublé par un étranger à la famille. Avec la seule McLaren-Mercedes de Coulthard en embuscade, et l'autre Ferrari de Barrichello disposée à se mettre en protection, le coup était jouable. Restait à franchir sans encombre le premier virage, véritable cimetière de voitures lors des éditions précédentes.
Les frères, obligés de défendre à fond les intérêts de leurs employeurs respectifs (la Fiat pour Michael, BMW pour Ralf), avaient sans doute convenu d'un premier tour prudent, pour mieux s'expliquer ensuite. Le premier tour se déroule sans encombre pour les hommes de tête, ce qui relève du miracle sur ce circuit étroit et truffé de pièges. Il n'y a que Jacques Villeneuve pour décevoir le public. Après un départ raté, le Canadien abandonne vite: mécanique défaillante. En tête, le scénario frise la perfection. La Ferrari et la Williams se détachent.
Sortie de piste. Le festival commence, avec une série de meilleurs tours que les frères se disputent à chaque passage. Une sortie de piste de Montoya, l'équipier de Ralf, et de Barrichello pour l'éviter, impose l'intervention de la voiture de sécurité. Elle casse le rythme pendant quelques tours, mais, à la reprise, le duel reprend. Ralf est le plus rapide, mais ne semble pas oser attaquer son grand frère. Il patiente donc jusqu'à l'arrêt de la Ferrari de tête, qui intervient à la fin du 46e tour, sur les 69 prévus. Tandis que son frère ravitaille, Ralf Schumacher fait son effort. Ses pneus Michelin résistent à la torture, son moteur BMW ne faiblit pas, sa monoplace transperce l'air. Quand la Ferrari reprend la piste, l'avance de Ralf Schumacher est suffisante pour que le jeune Allemand puisse filer vers la deuxième victoire de sa jeune carrière. LIONEL FROISSART |
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