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Grand Prix du Brésil | Interlagos
1er avril 2001 |
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La touche écossaise | ![]() |
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es frères Schumacher s'étaient déjà fréquentés sur des podiums, mais jamais sur la première ligne d'un Grand Prix. Mais, samedi, Michael Schumacher a offert sa septième pole d'affilée à Ferrari, sous la moustache naissante de son jeune frère. C'était une première pour la fratrie, mais aussi du jamais vu dans l'histoire de la F1. Du coup, l'aîné avait pronostiqué un combat dur mais loyal. Avant d'aussitôt rassurer ses parents venus assister au GP du Brésil: "On se connaît bien et il n'y aura pas de problème."
Miracle. Michael avait raison, d'autant que le duel fratricide n'a pas eu lieu. Alors que la rampe de feux s'éteint, libérant le peloton, il arrache à la perfection sa Ferrari de la grille de départ et laisse son frangin scotché sur sa gauche. Et, surtout, Mika Hakkinen au plus profond de l'angoisse. Installé en deuxième ligne, le Finlandais a senti son moteur s'étouffer au moment où il devait donner toute la puissance de ses 850 chevaux. C'est le pire moment que puisse vivre un pilote de F1. Hakkinen agite ses bras, désespéré, puis les rentre dans son cockpit et serre les poings. Il sait que la probabilité d'être percuté par l'une des 19 voitures surgissant de l'arrière de la grille et qui doivent le doubler augmente à chaque seconde. Pourtant, le miracle se produit.
Loin de cet incident, Michael Schumacher est en tête, avec une Williams-BMW dans son sillage, celle de l'étonnant Juan Pablo Montoya. Devant les stands, et dans sa précipitation à vouloir quitter sa voiture, Mika Hakkinen n'a pas replacé son volant amovible, et les commissaires de piste sont bien embarrassés pour manœuvrer la McLaren-Mercedes inerte. Le peloton revient à grande vitesse, et le recours à la voiture de sécurité s'impose.
Un tour suffit pour dégager la ligne droite. Et c'est reparti. Schumacher n'a pas le temps d'apprécier sa position de leader qu'il voit surgir la Williams de Montoya. Le Colombien n'est pas là pour se faire des amis, comme il aime le répéter. Il n'apprécie pas Ralf Schumacher et n'est pas plus impressionné par son grand frère. Dès la première attaque, il lui montre que lui aussi sait jouer des coudes. Alors que la safety car vient de s'effacer, à la fin d'un freinage énergique, il plonge à la corde. Mais, comme Schumacher fait mine de résister, Montoya lui montre qu'il n'est pas de ceux que l'on intimide.
Hold-up déçu. Un petit coup de volant appuyé, un léger contact avec les roues avant, et le champion du monde est obligé de s'avouer vaincu, ce qu'il déteste par-dessus tout. Il lève le pied et limite les dégâts en retenant Coulthard dans son sillage. Au fond du circuit, c'est beaucoup plus grave pour la deuxième Ferrari. En bagarre avec une Jordan-Honda, Barrichello se fait surprendre par le freinage de la Williams-BMW de Ralf Schumacher devant lui. C'est déjà fini pour le Paulista, qui a passé son enfance de l'autre côté du mur d'enceinte du circuit. D'un coup, les nombreuses torcidas qui dansaient et chantaient en son honneur se désagrègent et des milliers de spectateurs déçus tournent le dos à cette course qui ne fait que commencer. Montoya, l'ancien pilote d'essai Williams, qui est allé se faire un palmarès aux Etats-Unis dans le championnat Cart, se retrouve en tête du troisième Grand Prix qu'il dispute. Il résiste aux attaques de Schumacher et parvient même à s'en défaire en alignant quelques meilleurs tours.
Bref déluge. Il laisse Coulthard faire la chasse à la Ferrari. La Williams-BMW, chaussée des pneus Michelin, fait étalage de ses qualités. Montoya est en train de filer vers sa première victoire, lorsqu'il est victime d'une erreur d'appréciation d'un retardataire. Alors qu'il double Verstappen - un ami de Schumacher -, qui vient de sortir des stands, il se fait percuter par le Néerlandais, qui s'est replacé trop rapidement dans son sillage, dans la zone de freinage, et ses espoirs de hold-up s'arrêtent là. Schumacher hérite de la tête de la course jusqu'à la péripétie suivante.
Quelques gouttes de pluie ont déjà alerté les pilotes sur l'imminence d'un orage. Il était prévu à 15 heures, c'est trois minutes plus tard qu'il détrempe une partie du circuit. Coulthard est le dernier à passer par son stand pour faire installer des gommes intermédiaires. Sous le bref, mais violent déluge, ce contretemps apparaît comme une erreur. C'est pourtant sur la piste que la McLaren-Mercedes a gagné le Grand Prix, au prix d'une magnifique manœuvre, alors que Schumacher dépassait une voiture plus lente.
Graviers. Schumacher, lui, peut se satisfaire d'être à l'arrivée devant le surprenant Nick Heidfeld. Le champion du monde ayant "survécu" à un tête-à-queue et une sortie dans les graviers. Il faut parfois de la chance pour voir l'arrivée d'une course. Olivier Panis, lui, peut être contrarié par la désorganisation de son équipe - celle-ci prétexte un problème de communication - au moment du ravitaillement. Cet arrêt sans fin lui a probablement coûté la deuxième place. Il doit se contenter de la quatrième. LIONEL FROISSART |
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