Grand Prix d'Autriche A1 Ring
13 mai 2001
Ferrari sacrifie Barrichello
le Brésilien forcé d'offrir la 2e place à Schumacher derrière Coulthard.

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errari aurait pu perdre le Grand Prix d'Autriche avec panache. Mais à la beauté du sport, Jean Todt, patron de l'équipe, a préféré les intérêts comptables de son équipe. Il a toutefois attendu le dernier tour pour exiger de Rubens Barrichello, leader du 16e au 46e tour, puis en chasse derrière David Coulthard jusqu'à l'avant-dernier passage, de céder sa deuxième place à Michael Schumacher, mieux placé que lui au championnat. Le petit échange entre Todt et Barrichello à l'arrivée laisse deviner que les relations entre ces deux hommes vont désormais être glaciales.

 

Coup de trique. La course, superbe, du deuxième pilote Ferrari aurait mérité une meilleure récompense que cet ordre sec comme un coup de trique. Pendant plus de 300 kilomètres, le Brésilien n'a pas commis la moindre faute. La plupart de ses adversaires ne peuvent pas en dire autant. A commencer par son équipier qui s'élançait de la pole-position. Mais, à l'extinction des feux, Schumacher marque un temps d'arrêt qui permet aux pilotes Williams-BMW de se propulser en tête. Ralf Schumacher dépose son vieux frère, mais ne tente pas l'impossible avec son équipier Montoya. Le champion du monde est rejeté à la troisième place. Sur la grille de départ, l'électronique a encore fait des siennes. Le système de démarrage automatique de la Jordan de Trulli a eu une faiblesse, la boîte de vitesses de celle de son équipier aussi. Heidfeld reste scotché. Pour Hakkinen, contraint à l'abandon, cette sixième course de la saison a tourné à la catastrophe. Comme au Brésil, ou à Barcelone pour Coulthard, son moteur s'est étouffé au moment de l'envol.

 

L'immobilisation de ces quatre monoplaces nécessite une courte apparition de la voiture de sécurité, le temps de faire place nette. Après trois tours, les Williams sont à nouveau lâchées, avec les Ferrari comme principale menace. L'abandon prématuré de Ralf Schumacher (freins arrière) après dix tours ouvre une brèche pour la Ferrari de son frère. En quelques virages, il est derrière Montoya. Schumacher harcèle sa proie, l'oblige à quelques figures scabreuses. Montoya dicte le rythme, mais sa cadence n'est pas assez élevée pour éviter un regroupement dans son sillage. Schumacher montre des signes d'impatience. Il est lui-même sous la pression de Barrichello qui voit Coulthard se rapprocher. Le Colombien repousse ses freinages, mais un pilotage aussi extrême ne peut pas se poursuivre à l'infini. Et c'est en voulant résister à un nouvel assaut de Schumacher qu'il commet une petite faute: "C'est un incident de course. J'ai freiné un peu trop tard, j'ai bloqué mes roues arrière et je suis sorti trop large." Schumacher lui aussi embarqué dans l'herbe après un léger contact n'a pas vu la situation sous le même angle. "Jusque-là, la bataille était loyale, mais Montoya a poussé un peu loin. Il n'a pas cherché à éviter la sortie de piste, mais, au contraire, il regardait s'il m'embarquait avec lui." Montoya n'ira pas beaucoup plus loin, victime d'un problème hydraulique.

 

Ordre. Cinq voitures ont profité de l'incident, dont la Ferrari de Barrichello et la McLaren de Coulthard. Dès lors, Schumacher attaque sans pouvoir économiser son essence ou ses pneus, ce qui lui impose un ravitaillement prématuré. C'est d'ailleurs aux stands que la victoire se décide. Un peu juste en performance, Barrichello se retrouve derrière la McLaren de l'Ecossais après les arrêts et perd sa première place. Puis la deuxième à cinquante mètres de la ligne sur ordre de son stand.

LIONEL FROISSART