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Grand Prix d'Allemagne | Hockenheim
30 juillet 2000 |
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L'envolée artistique de Rubens | ![]() |
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ubens Barrichello a remporté le Grand Prix d'Allemagne de F1 et le petit Brésilien, qui ne s'était jamais imposé auparavant, s'est senti emporté par l'émotion. "Gagner pour Ferrari c'est incroyable. C'est une sensation indescriptible." Alors, faute de mots, il a hurlé et sauté de joie. Il a pleuré de bonheur. Il a été porté en triomphe. A 28 ans, le Paulista qui a rejoint la Scuderia cette saison, osant ainsi affronter à armes égales le redoutable Michael Schumacher, aura bien du mal à s'offrir une victoire aussi pleine et belle que celle remportée hier sur le très rapide circuit allemand. En connaisseur, Schumacher a été l'un des premiers à venir le féliciter, après que Mika Hakkinen et David Coulthard, les pilotes McLaren-Mercedes, battus à la régulière, eurent eux aussi rendu hommage à la vista du Brésilien. Schumacher doit d'ailleurs une fière chandelle à son équipier. Parti de la 18e place sur la grille, après une séance de qualifications disputée entre les orages, Barrichello a cravaché son cheval cabré pour remonter du fond du peloton et finalement s'imposer, empêchant ainsi un pilote McLaren de prendre la tête du championnat. Schumacher a dû apprécier. Pour lui la course s'est arrêtée, pour la deuxième fois consécutive, dans le premier virage.
Désagréable. Pour une fois, Michael Schumacher a pu se rendre compte, en grandeur nature, à quel point il est désagréable de se faire sèchement subtiliser la trajectoire idéale au moment du départ. David Coulthard, qui avait dénoncé le comportement agressif et dangereux de l'Allemand au moment des départs, n'a pas manqué l'occasion de lui rendre la monnaie de quelques-unes de ses pièces. Surpris, Michael Schumacher s'est alors violemment déporté sur l'autre côté de la piste, croyant y être seul. Mais au moment d'un départ, c'est rarement le cas. La Ferrari de l'Allemand n'a pas parcouru 200 mètres qu'elle est percutée par la Benetton de Fisichella. Fou de rage et humilié devant son public, débout dans son cockpit, Schumacher a beau hurler sa rage contre Fisichella, l'Italien n'a pas grand-chose à se reprocher.
Energumène français. Le peloton est déjà loin, et entame une course assez incroyable. Mika Hakkinen a profité de l'escarmouche entre Coulthard, qui partait de la pole-position, et son "ami" Schumacher, pour prendre le commandement sans se faire remarquer. Derrière, la chasse s'organise et ce sont les Jordan-Mugen Honda de Trulli et Frentzen, lui aussi parti de loin, qui sont les plus inquiétantes pour les pilotes McLaren. Pendant quelques tours, c'est Pedro de la Rosa, au volant de son Arrows, qui crée la surprise en tenant le rythme des leaders.
Mais après quelques tours, une évidence s'impose. Rubens Barrichello est l'homme en forme du moment. Il remonte comme une balle vers l'avant. Jusqu'au deuxième incident de ce Grand Prix. La voiture de sécurité est obligée d'intervenir, alors qu'un énergumène se promène au bord de la piste, où passent les monoplaces à 350 km/h. C'est un français de 47 ans, qui, licencié par Mercedes pour des raisons de santé, entendait manifester contre le constructeur.
Fin orageuse. Côté sportif, c'est l'occasion d'un beau regroupement, après le balai des ravitaillements, dont Hakkinen a le mieux profité. Barrichello, remonté 3e, se retrouve candidat à la victoire. Coulthard tergiverse avant de rejoindre son stand, et hypothèque ses chances. Puis, un très violent accrochage entre Jean Alesi et son ancien équipier Pedro Diniz impose une nouvelle neutralisation. La situation est un peu plus confuse, mais Barrichello trace son chemin avec détermination, évitant avec maestria les embûches et construit son succès avec autorité. La première victoire de sa carrière se dessine plus nettement quand l'orage qui menaçait depuis le départ éclate enfin à dix tours de l'arrivée. Mais comme rien ne doit être simple dans cette course complètement folle, la pluie ne tombe que sur la partie la plus sinueuse des six kilomètres du circuit allemand. Hakkinen décide assez rapidement de faire monter des pneus pluie. Coulthard est tenté d'en faire autant, mais hésite. Chez Ferrari, Barrichello est inspiré. "Quand on m'a dit que Hakkinen rentrait au stand, j'ai dit: "Je veux rester un tour de plus." C'était pour voir si c'était jouable en pneus pour le sec." Ce le fut au prix d'une grosse prise de risques. Au soir de cette 11e manche du championnat, Barrichello n'a pas à regretter son choix. Michael Schumacher n'est plus qu'un leader fragile. Coulthard et Hakkinen, désormais a égalité à la 2e place du classement, sont revenus à deux points de l'Allemand. Barrichello fait un formidable bond en avant, et le voilà à dix points, prêt à se mêler à la course au titre. "Ce succès a été long à venir. Je le dédie à Ayrton Senna qui m'a tant aidé dans ma vie. Je ne veux pas penser au championnat. Je veux juste célébrer cette victoire.". LIONEL FROISSART ![]() ![]()
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