Grand Prix de San Marin Imola
9 avril 2000

Mika Hakkinen doublé à la pompe

es 110 000 spectateurs d'Imola ont gagné une heure de sieste. Pendant 43 des 62 tours du Grand Prix de Saint-Marin, il ne s'est rien produit ou presque. Passée l'émotion du départ, avec un envol parfait de Mika Hakkinen, un patinage excessif de Schumacher, une brève passe d'armes entre Barrichello (Ferrari) et Coulthard (McLaren) dont le Brésilien est sorti vainqueur, cette troisième course de la saison a plongé les tifosi dans la torpeur. Jusqu'au second ravitaillement, au 44e tour, Hakkinen apparaît comme un solide leader avec un peu plus de quatre secondes d'avance sur Schumacher. Pourtant l'équilibre de sa McLaren s'est altéré depuis plusieurs tours à la suite d'un choc avec un débris sur la piste. Autre alerte, il a été victime d'une infime coupure électrique, avant de retrouver son rythme.

 

Mais lorsque, après 220 kilomètres de course, le Finlandais arrête sa monoplace devant ses mécaniciens, il n'a plus aucune raison de s'inquiéter. Il sait que Schumacher devra en faire autant avant l'arrivée. Pourtant, son arrêt se prolonge pendant près de neuf secondes. En piste, follement encouragé par le public qui s'est réveillé en sursaut en voyant la Ferrari débouler en tête, Michael Schumacher fait le forcing. Avec une voiture allégée de son essence, et malgré des pneus usés, il fait parler sa science du pilotage et son sens de l'équilibre. A ce moment de la course, la moindre escapade en dehors de la trajectoire peut l'expédier dans le décor. L'Allemand se fait pourtant une énorme frayeur lors d'un freinage qu'il manque de finir dans l'aileron arrière d'une Sauber.

 

A l'entrée du 48e tour, Schumacher sait qu'il lui en reste encore un à boucler avant de passer par son stand. Quelques instants plus tôt, Barrichello et Coulthard ont ravitaillé de concert et le Brésilien a perdu sa troisième place dans la manœuvre, les ravitailleurs anglais ayant, pour une fois, fait mieux que leurs homologues italiens. C'est une mauvaise nouvelle pour les tifosi. Si l'incident se répète pour Schumacher, l'Allemand offre la victoire à Hakkinen.

 

Mais tout se déroule comme dans un rêve. Avec quatorze tours à couvrir, les mécaniciens se contentent d'injecter moins de 80 litres de carburant dans la Ferrari. Une opération effectuée en 6,6 secondes. Sur ce seul arrêt, Schumacher a encore gagné deux secondes sur Hakkinen. Et c'est avec un avantage de moins de quatre secondes qu'il reprend la piste, avec deux retardataires intercalés. Personne dans les tribunes n'imagine alors le Finlandais capable de passer Schumacher à la régulière. Même si la McLaren se rapproche à chacun des derniers tours, Hakkinen finit à la deuxième place. "Je dois me satisfaire d'avoir marqué des points aujourd'hui", reconnaît le pilote de l'écurie anglaise dont les deux voitures sont à l'arrivée. Avec une fiabilité retrouvée pour les McLaren, le véritable duel entre Schumacher et Hakkinen a peut-être commencé à Imola.

LIONEL FROISSART