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Grand Prix du Japon | Suzuka 8 octobre 2000 |
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Schumi met un titre dans son moteur | ![]() |
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ichael Schumacher n'a oublié personne. Tout le monde chez Ferrari a eu le droit à l'accolade du nouveau champion du monde des pilotes. Corinna Schumacher a savouré deux longs baisers tendres, avant d'être à nouveau ballottée par une marée rouge et bruyante. Puis elle a regardé son héros de mari, tout là-haut sur le podium, s'imprégner de ce moment d'extrême émotion dont il n'a pas su ensuite décrire l'intensité. Le titre qu'il vient d'apporter à Ferrari vaut bien, à lui seul, ses deux précédents acquis chez Benetton en 1994 et 1995. Pour faire bonne mesure, il y a ajouté la manière et une bonne dose de suspense.
Installé en pole position, Michael Schumacher pouvait tuer la course dès le départ, mais c'est Hakkinen, son voisin de première ligne, qui lui a grillé la politesse. "J'ai vraiment un problème avec les départs ici et je n'ai rien pu faire pour contrer Mika qui est vraiment parti très vite." Dès lors, les deux hommes oublient le reste de la meute. Leurs équipiers respectifs (Coulthard et Barrichello), ne peuvent même pas apprécier le spectacle. Ils sont déjà trop loin. Pendant plus de vingt tours, Hakkinen creuse un petit écart sur la Ferrari et, avant son premier arrêt-ravitaillement au 22e tour, la McLaren possède un avantage supérieur à 2 secondes. C'est suffisant pour que le Finlandais retrouve la tête lorsque Schumacher ressort des stands à son tour.
Hakkinen, encore champion du monde en titre pour quelques minutes, reprend son rythme très élevé, jusqu'au moment où le ciel, menaçant depuis le départ, laisse échapper quelques gouttes. Si la piste reste sèche, ce caprice météo entame la sérénité du leader. Schumacher efface son retard en quelques tours et, tel un prédateur, renifle sa proie en attendant un moment de faiblesse pour lancer la patte.
"Le moment crucial est arrivé quand Mika est rentré au stand pour son deuxième "pit-stop". Je savais que j'allais rester deux tours de plus en piste pendant lesquels je devais faire la différence. Mais j'ai rencontré du trafic. J'ai alors pensé que ça ne serait pas suffisant." Mais Hakkinen n'est pas au mieux avec ses pneus neufs, sous l'averse soudain plus franche. C'est une chance pour Schumacher. "Alors que j'étais au ralenti me dirigeant vers mon stand, je me disais que c'était foutu. Mais Ross Brawn (directeur technique de Ferrari) me disait le contraire. Ce fut le moment le plus étonnant de ma carrière de pilote."
Lorsque la Ferrari revient en piste, elle possède une confortable avance sur la McLaren. "Une fois en tête, j'ai joué la prudence pour ne pas sortir de la piste en espérant que rien ne casse sur la voiture", avouera Schumacher. Hakkinen n'a plus rien à perdre et se rapproche même à moins de deux secondes dans le dernier tour. Trop tard. Michael Schumacher est champion du monde pour la troisième fois. Cette fois au volant d'une Ferrari. Dans le genre, on ne fait pas mieux. LIONEL FROISSART |
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