Grand Prix de Hongrie Hungaroring
13 août 2000

Raz de marée Hakkinen
Le Finlandais gagne en Hongrie et prend la tête du classement.

andis qu'une armée de mécaniciens intervenait sur le train avant de sa voiture arrêtée sur la grille de départ, Hakkinen fait mine de s'en désintéresser pour préserver sa concentration. Chacun son boulot. Pour le Finlandais, installé en deuxième ligne, il allait falloir faire sauter le bouchon formé par la Ferrari de Schumacher et la McLaren de son équipier Coulthard.

 

Banco. Quelques secondes après le départ, le miracle s'est produit. La McLaren de l'Ecossais a hoqueté une fraction de seconde. Les roues de la Ferrari ont trop patiné. Et Hakkinen a entrevu une faille. Il n'a pas hésité à y glisser l'avant effilé de sa monoplace. En lui laissant un minimum de place à l'intérieur du virage, Schumacher a fait le maximum pour préserver l'avantage de sa pole position. Mais pas plus, pour ne pas se retrouver dans une position délicate. L'Allemand, après deux abandons dans le premier virage et même s'il jure ne pas y avoir pensé à l'instant de lâcher les 800 chevaux de sa Ferrari, est le mieux placé pour savoir qu'il n'a plus la moindre marge de manœuvre. Avant même le départ de cette douzième manche de la saison, il se doutait qu'il ne pourrait pas, cette fois, jouer les gros bras pour défendre sa position.

 

Le problème, c'est que l'Hungaroring est un tracé ridiculement tortueux qui ne laisse pas beaucoup d'espoir pour les dépassements. A la sortie du premier virage, avec une piste dégagée devant lui, Hakkinen peut savourer le formidable banco qu'il vient de remporter. Le voilà seul au monde. Et si la mécanique ne le trahit pas, si ses deux ravitaillements se déroulent comme prévu et s'il ne commet pas une faute, il sait que la victoire lui permettra de prendre la place de Schumacher en tête du championnat du monde, quel que soit le résultat de l'Allemand.

C'est donc derrière la McLaren-Mercedes du champion du monde que se situe l'intérêt du Grand Prix. Coulthard enrage d'avoir raté son envol. Le seul moyen de rattraper cette bévue est de reprendre l'avantage sur Schumacher. Les premiers ravitaillements ne changent rien au classement en tête.

 

Coulthard doit encore patienter. Il se rapproche de la Ferrari sur la piste, mais compte encore deux secondes de retard lorsqu'il s'arrête une seconde fois. Ses ravitailleurs lui font gagner une seconde au stand, mais la deuxième McLaren voit la Ferrari lui passer sous le museau, alors qu'elle reprend la piste.

 

Schumacher contrôle. A 20 tours de l'arrivée, avec Coulthard blotti dans le sillage de Schumacher, la course jusque-là très ennuyeuse est enfin lancée. Mais ce n'est qu'une illusion. Schumacher contrôle la situation. Pas de glissade intempestive ou le moindre petit blocage de roue pour traduire une quelconque nervosité. Battu au départ et à l'arrivée, il ne le sera pas vraiment en piste. De devoir céder sa place de leader pour la première fois de la saison le chagrine beaucoup plus. A cinq courses du but, tout est à recommencer, ou presque. Et c'est Hakkinen qui endosse le costume de l'homme à battre.

LIONEL FROISSART