Grand Prix de Grande Bretagne Silverstone
23 avril 2000
Coulthard court-circuite Hakkinen

ncore une fois, le Grand Prix de Grande-Bretagne a illustré qu'une course peut se gagner ou se perdre sur la première accélération après le départ. Hier, lorsque les feux rouges se sont éteints, libérant le peloton pour 300 km d'un sprint échevelé, David Coulthard a profité d'une meilleure traction que son équipier Mika Hakkinen qui l'avait pourtant précédé aux essais. Michael Schumacher y a perdu gros. "Mon départ était bon, mais je me suis retrouvé cerné par plusieurs voitures. Je n'ai pas voulu prendre le risque de passer dans l'herbe, sachant qu'elle serait très glissante ici." Cet épisode le repoussait à la septième place, puis à la 8e après s'être fait surprendre par Jacques Villeneuve. Comme devaient en convenir les trois premiers à l'issue de l'épreuve, cette quatrième course de la saison s'est jouée avant la fin du premier tour. Mais Coulthard, Hakkinen et Schumacher ont également profité de l'abandon de Rubens Barrichello, leader pendant plus de la moitié de la course, et de celui de Heinz-Harald Frentzen, qui apparaissait comme le plus sérieux adversaire du Brésilien.

 

Plateau. Barrichello était bien parti pour décrocher sa première victoire en F1 lorsque sa Ferrari a connu des faiblesses. "Je suis très triste. Quelques tours avant mon abandon, j'ai senti que quelque chose n'allait pas, puis j'ai commencé à avoir des problèmes d'accélérateur et d'embrayage. C'est pour cela que Coulthard a pu me doubler. Lorsque mon moteur a brutalement coupé avant de repartir, je n'ai pas pu éviter le tête-à-queue. Je suis rentré au stand, mais il n'y avait rien à faire."

 

En abandonnant, Rubens Barrichello a offert la victoire aux pilotes McLaren-Mercedes sur un plateau d'argent. Après avoir perdu une vingtaine de secondes derrière Villeneuve pendant 33 tours, la Ferrari de Michael Schumacher n'avait aucune chance de les inquiéter, d'autant que l'équipe italienne avait opté - comme McLaren - pour une stratégie à un seul arrêt. Dans ces conditions difficiles, Michael Schumacher peut s'estimer heureux de maintenir son avance au championnat.

 

Surprise. Mais si l'Ecossais Coulthard a reçu les applaudissements polis de la foule, le jeune Jenson Button, cinquième de son premier Grand Prix à domicile, a été ovationné. Coulthard n'en a pas pris ombrage, son deuxième succès d'affilée à Silverstone le place comme le principal rival de Michael Schumacher au championnat. C'est bien la plus grosse surprise du week-end.

LIONEL FROISSART