Grand Prix de France Magny-Cours
2 juillet 2000
Il n'est jamais trop Coulthard
L'Ecossais profite de l'abandon de Schumacher pour remporter Magny-Cours.

es pilotes McLaren-Mercedes ne sont pas toujours des garçons à l'éducation irréprochable. Ils peuvent parfois avoir des gestes un peu canailles. Ainsi, David Coulthard, qui ferait un gendre très respectable, n'a pas hésité à brandir un doigt vengeur, agrémenté d'un geste de la main évocateur, lorsque Schumacher, qu'il chassait depuis plusieurs tours, s'est rabattu sèchement devant lui alors qu'il tentait un premier dépassement. Schumacher, même en délicatesse avec une monoplace ayant perdu de son efficacité, n'est pas du genre à capituler sans pousser ses adversaires dans leurs ultimes retranchements. Mais Coulthard, déjà agacé par un départ moyen, accentué par une manœuvre d'intimidation de Michael Schumacher, n'était pas d'humeur à laisser entrevoir la moindre faiblesse. D'autant que le pilote écossais n'a jamais été aussi bien placé dans la course au titre mondial.

 

Touchette. Au 40e tour, une nouvelle tentative était couronnée de succès. L'Ecossais s'emparait en force de la première place, malgré une touchette qui aurait pu expédier la Ferrari et la McLaren dans le décor. Une fois en tête, Coulthard pouvait s'échapper laissant son équipier Hakkinen aux prises avec Schumacher. Mais sa première préoccupation après être descendu du podium fut de s'excuser pour son geste déplacé. "Je sais que ce n'est pas le genre de chose à faire et je m'en excuse." Mika Hakkinen, pour une fois rigolard, et "vraiment très heureux" de s'être classé deuxième, a bien demandé des précisions à son coéquipier, mais l'Ecossais a préféré ne pas l'entendre.

Tandis que les pilotes McLaren, trempés de champagne et de sueur, s'expliquaient sur leur réussite du jour, Schumacher affichait la mine des mauvais jours. Sur la piste, l'Allemand s'est toujours débrouillé pour gagner quand il est au volant d'une voiture capable de le faire, mais hier, il aurait sans doute apprécié que Rubens Barrichello contrarie un peu la démonstration McLaren. Seulement, le petit Brésilien n'a pas longtemps défendu la deuxième place qu'il avait soufflé à Coulthard au moment du départ. Lui aussi ralenti par des problèmes de pneumatiques, il a encore une fois été victime d'un ravitaillement raté qui ne l'a pas aidé à s'intercaler entre les deux McLaren.

 

Septennat. Ce doublé de l'écurie anglo-allemande, le troisième de la saison, relance l'intérêt de la course au titre. Une situation qui inquiète Jean Todt, directeur de la gestion sportive chez Ferrari, qui fêtait à Magny-Cours son septennat à la tête de la Scuderia. "Nos principaux adversaires nous ont été supérieurs sur la piste lors de la course et ont récolté un maximum de points. La "règle" est simple cette année. Quand nous ne gagnons pas, c'est McLaren qui l'emporte." Toute la difficulté est là!

LIONEL FROISSART