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Grand Prix d'Espagne | Barcelona 7 mai 2000 |
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McLaren revient comme une flèche | ![]() |
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la
seule lecture des palmarès, Mika Hakkinen pourrait apparaître comme
intouchable sur le très technique tracé de Barcelone. Le champion du monde
s'y est en effet imposé pour la troisième fois consécutive au volant
de sa McLaren-Mercedes. Mais, avant de remporter sa première victoire de
la saison, le Finlandais a dû produire un effort colossal pour soutenir le
rythme de Michael Schumacher en début de course avant de profiter des
ennuis de son adversaire lors des ravitaillements.
Hakkinen aurait pu passer un après-midi plus confortable si son audacieuse manœuvre du départ avait été couronnée de succès. "Je n'ai pas vraiment pris le meilleur départ possible. J'ai profité d'une excellente motricité, mais je n'ai pas lâché l'embrayage de manière idéale. Je suis quand même revenu au niveau de la Ferrari. Michael m'a ensuite bloqué, nous étions très proches, presque à nous toucher. Je n'avais pas envie que la course s'arrête là et je n'ai pas insisté, d'autant que j'étais en dehors de la trajectoire."
Atomisé. En sortant de la première série de virages en tête, Michael Schumacher peut donc s'estimer heureux d'avoir préservé l'avantage de sa première pole position de la saison. Il donne ensuite l'impression de pouvoir s'échapper seul en tête. Il a presque la demi-ligne droite d'avance sur Hakkinen (3 secondes) lorsque le Finlandais réagit. Sa voiture s'allégeant de son essence et la McLaren ayant la particularité de ne pas martyriser ses pneus, Hakkinen revient au contact de la Ferrari de tête. A ce rythme, les deux hommes ont atomisé la concurrence. Ralf Schumacher, Rubens Barrichello et David Coulthard forment un trio turbulent mais qui perd du terrain à chaque tour sur la tête de la course.
Une fois revenu dans le sillage de la Ferrari de Schumacher, Hakkinen se contente de mettre la pression sur son adversaire, mais ne se fait pas d'illusion sur la possibilité de le doubler à la régulière. Les deux hommes savent qu'ils vont devoir s'arrêter à deux reprises selon la stratégie préétablie. La gourmandise du circuit catalan pour la gomme des pneus impose trois relais (soit deux arrêts). Et c'est là que les ennuis de Michael Schumacher commencent. Il parvient à se maintenir en tête lors de son deuxième relais, mais Mika Hakkinen est de plus en plus menaçant. L'écart entre les deux hommes ne dépasse plus la demi-seconde. Le Finlandais commence à échafauder son plan d'attaque. Et il est toujours périlleux de partir à l'assaut de Schumacher.
Coup de pouce. Lors du deuxième arrêt au stand, le Finlandais profite d'un petit coup de pouce du destin. La Ferrari et la McLaren s'arrêtent de concert, mais la flèche d'argent repart près de dix secondes avant la Ferrari. Le ravitaillement en essence s'est encore mal passé pour Schumacher. Une fois revenu en piste, l'Allemand à la désagréable surprise de constater qu'un de ses pneus arrière est défectueux. Au volant d'une monoplace instable, il entame alors une pathétique période de résistance. Il repousse par deux fois, et dans un style plutôt viril, les assauts de Coulthard. Mais l'Ecossais n'a aucun complexe face à Schumacher, et, grâce à un freinage par l'extérieur, il vient à bout de l'Allemand pour s'installer à la deuxième place et compléter le succès de l'écurie McLaren-Mercedes. Avant d'effectuer un troisième arrêt en catastrophe pour changer ses pneus arrières, Michael Schumacher se paye un duel fratricide avec son petit frère Ralf. Et c'est son équipier Rubens Barrichello qui en profite aussitôt pour s'emparer de la 3e place. Cette fois, le cadet des Schumacher n'a pas goûté la plaisanterie et ne manque pas de le faire savoir à son frère après l'arrivée.
Mais, le grand "Schumi" avait d'autres soucis que les états d'âme de son frère. Il constate que son avance s'est réduit à quatorze petits points au championnat. Et ce n'est plus Coulthard qui est en chasse derrière lui, mais le champion du monde en titre Mika Hakkinen. En l'espace d'une course, la Scuderia Ferrari a sérieusement perdu de son assurance. LIONEL FROISSART ![]() ![]() |
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