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Grand Prix du Canada | Montréal
18 juin 2000 |
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Schumacher Québec et ongles | ![]() |
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lors qu'il bouclait son tour d'honneur après sa victoire dans le Grand Prix du Canada, Michael Schumacher a posé une question à son équipe: "A quelle place termine Hakkinen?" Heureux mais lucide, Michael Schumacher s'est d'abord inquiété de la position de celui qu'il a désigné comme son principal adversaire. Ce n'est pas très charitable pour David Coulthard et même pour son équipier Rubens Barrichello, pourtant deuxième hier. Mais l'Allemand n'est pas tombé de la dernière pluie, qui s'est d'ailleurs abattue sur le circuit Gilles Villeneuve de Montréal à la mi-course.
Ascendant. Il sait bien qu'il a déjà pris un ascendant psychologique sur son compagnon d'écurie. A voiture égale, Rubens Barrichello, comme tous les autres équipiers de Schumacher dans le passé, ne peut pas rivaliser avec le champion allemand. Et Schumacher a désormais trop d'avance sur lui au classement du championnat pour que l'écurie Ferrari autorise le Brésilien à jouer sa propre chance tant que Schumacher est en piste. Concernant David Coulthard, Schumacher sait qu'il n'a pas affaire avec l'Ecossais à un pilote de sa trempe et surtout de sa classe. Coulthard est rapide mais manque de régularité pour jouer le titre dès cette saison.
Reste donc Mika Hakkinen qui sait, lui, ce qu'est de conquérir un titre mondial et même de le garder, puisque le Finlandais s'est imposé deux ans de suite, en 1998 et 1999. Cette expérience d'Hakkinen, avec lequel Schumacher s'est déjà mesuré, est un atout que Schumacher prend très au sérieux. Même si le champion du monde en titre n'a pas été irrésistible au Canada, et traverse une période un peu décevante, il sait aller chercher les points quand il le faut. De ces petits points qui peuvent faire la différence à la fin d'une saison. Cette huitième épreuve de la saison est l'exemple parfait de la course qu'il ne fallait surtout pas rater.
Derrière les Ferrari qui ont signé au Canada leur deuxième doublé de la saison, Giancarlo Fisichella a raflé la mise d'un formidable coup de poker: partir avec un maximum d'essence pour s'arrêter le plus tard possible en espérant que la pluie aurait alors fait son apparition et ainsi économiser un arrêt au stand. Mika Hakkinen obtient, lui, les trois points de la quatrième place après une course sage. Il aurait pu espérer beaucoup mieux, sans un mauvais départ et surtout l'arrivée de la pluie qui est venue couper son élan alors qu'il avait enfin trouvé l'ouverture et pouvait espérer inquiéter, même à distance, les pilotes Ferrari devant lui.
Moteur éteint. David Coulthard avait déjà disparu du trio de tête, après être longtemps resté dans le sillage de la Ferrari de tête. Mais, pour l'Ecossais, tout s'est écroulé avant même l'extinction des feux. Alors qu'il est installé en première ligne, son moteur s'éteint au moment de partir pour le tour de chauffe. Le temps de remettre en route grâce à l'intervention de ses mécaniciens, Schumacher a déjà accéléré. Cela vaut à Coulthard de partir avec la menace d'une pénalité, qui tombe effectivement après une quinzaine de tours. Le pilote McLaren-Mercedes laisse là ses espoirs de victoire. Plus tard, il va même être victime d'un passage dans l'herbe lorsque la pluie fait son apparition. Dès lors, il ne sera plus jamais dans le rythme.
L'arrivée de la pluie fait l'affaire des pilotes Ferrari. Barrichello perd pourtant beaucoup de temps à son stand lorsqu'il s'arrête pour troquer ses pneus "slicks" pour des gommes "pluie". Schumacher vient justement de repartir devant lui, et les mécaniciens italiens ne sont pas prêts.
Pour Jacques Villeneuve, le héros local, qui a pris un départ somptueux, se glissant à la troisième place, puis animé les premiers tours en retenant tout un peloton dans son sillage, les premières gouttes noient toute ambition. Il doit céder à Barrichello, puis à Coulthard, pour commettre une énorme bourde en fin de course, accrochant au passage la Williams-BMW de Ralf Schumacher.
Devant, Michael Schumacher peut assurer, laissant même Barrichello terminer le Grand Prix dans la même seconde que lui. Mais, grâce à ce 40e succès personnel, le 130e pour Ferrari, Michael Schumacher reprend le large au championnat et précède les autres pilotes de plus de vingt points. LIONEL FROISSART ![]() ![]() |
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