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Grand Prix de Belgique | Spa-Francorchamps 27 août 2000 |
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Le Spa en avant de Mika | ![]() |
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rivés d'un "départ-arrêté" classique, les milliers de spectateurs présents autour du circuit de Francorchamps pour assister au Grand Prix de Belgique avaient une bonne raison d'être déçus. A une époque où les dépassements se font de plus en plus rares, et où les ravitaillements en carburant et pneus entretiennent un faux suspense, le départ est un moment d'une rare intensité qui vaut souvent, à lui seul, le déplacement. Mais Charlie Whiting, le directeur de course des Grand Prix, n'a pas voulu prendre de risque, surtout avec l'épingle de la Source - une souricière plutôt - située quelque centaines de mètres après le départ et alors que les averses matinales avaient détrempé le circuit imposant à l'ensemble des pilotes de partir en pneus pluie.
Duel gagné. Moins de deux heures plus tard, cette frustration était oubliée après une course somptueuse et riche en rebondissements. Le plus spectaculaire s'est produit cinq tours avant le drapeau à damier lorsque Hakkinen est parvenu à prendre l'avantage sur Schumacher, au prix d'une manœuvre d'anthologie qui restera comme l'un des moments forts de la saison. Et peut-être décisif aussi. Car une vingtaine de kilomètres plus tard, le Finlandais était récompensé par la victoire, la quatrième cette année. Il pouvait s'en réjouir à voix haute. "J'ai adoré ce moment (le dépassement), ce n'est sans doute pas le cas pour Michael. Je suis surtout heureux de repartir avec dix points d'autant que j'ai bien failli abandonner lorsque la voiture m'a échappé sur une bordure. Après cet épisode, je n'ai pas cessé de chasser pour revenir sur Michael qui m'avait subtilisé la première place au moment de mon tête à queue. Les mécaniciens ont eu le temps d'ajuster quelques réglages lors de mon deuxième ravitaillement, et la voiture s'est améliorée au fil des tours."
Hakkinen vainqueur devant Schumacher, c'est finalement un résultat logique. Sans la pluie l'Allemand n'aurait d'ailleurs pas été un prétendant à la victoire. Il a tout de même eu l'occasion de démontrer son immense talent au volant d'une monoplace qui n'est plus en mesure de rivaliser avec les McLaren-Mercedes. "Encore une fois Hakkinen était tout simplement le plus rapide. Et les améliorations que nous avons apportées à ma voiture entre les essais et la course n'ont pas été suffisantes."
Erreurs de jeunesse. Ce qui n'empêchait pas Schumacher d'apparaître en deuxième position dès le quatrième tour, malgré le handicap de s'être élancé de la deuxième ligne "virtuelle". Il a ainsi profité de l'erreur de jeunesse de Jenson Button , 20 ans, qualifié troisième et plutôt impatient en début de course qui s'attaquait avec un peu trop d'enthousiasme à Jarno Trulli, lui aussi éblouissant aux essais. Alors que les deux jeunes hommes s'emmêlaient les roues, Michael Schumacher contournait l'obstacle pour plonger dans le sillage de la McLaren d'Hakkinen. Si la Jordan Mugen-Honda de Trulli en restait là, la Williams-BMW de Button, un peu chiffonnée, poursuivait son chemin vers la cinquième place à l'arrivée. C'est finalement l'autre Williams, celle de Ralf Schumacher, qui récolte les honneurs de la troisième place. Un coin de podium qui était promis au débutant anglais.
Jean Todt, le directeur sportif de la Scuderia, anxieux de nature, avait quelques raisons d'être inquiet après la course. Le titre que Schumacher tenait d'une main il y a encore deux mois est en train de lui échapper.
Jean Alesi lui n'est plus à une déception près. Après avoir figuré dans le peloton de tête une bonne partie de la course, le Français a encore été trahi par la mécanique de sa Prost-Peugeot à douze tours de l'arrivée. Comme son ami Michael Schumacher, il compte beaucoup sur le prochain rendez-vous, à Monza devant les tifosi, pour oublier ses déboires. LIONEL FROISSART |
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