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Grand Prix de Monaco | 16 mai 1999 |
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Ferrari, la paire d'as | ![]() |
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chumacher n'est pas du genre à se gargariser d'un succès. «On va faire la fête. Mais l'équipe n'aura pas beaucoup de temps pour remettre en condition le matériel avant de repartir pour le prochain Grand Prix, à Barcelone.» L'Allemand est à peine descendu du podium, avec la coupe du vainqueur de la course la plus convoitée de la saison, qu'il recadre déjà ses hommes. Avec Eddie Irvine, Michael Schumacher vient d'inscrire au palmarès de la Scuderia un premier doublé à Monaco.
Pour autant, l'Allemand veut tempérer l'ardeur ambiante. Sur les douze prochains rendez-vous, il sait qu'il n'évoluera pas toujours sur des pistes aussi favorables à son coup de volant. Et que sa Ferrari, à la fiabilité pour l'instant presque irréprochable, doit encore progresser pour relever le défi que lui impose l'écurie McLaren-Mercedes. N'empêche: il peut savourer sa démonstration.
Rythme infernal. Tout commence avec un départ de rêve, qui lui permet d'annuler l'avantage que s'est offert Hakkinen en s'installant en pole. «J'ai été moi-même surpris de réaliser un aussi bon départ. Mais cela nous a permis d'appliquer la plus avantageuse des stratégies que nous avions imaginées. Je dois dire que Mika [Hakkinen] a eu l'intelligence de ne pas insister au premier freinage. Il a été très fair-play, sinon je crois que notre course aurait pu s'arrêter là. Une fois en tête, j'ai vraiment poussé très fort pour me ménager un avantage sans me préoccuper du reste.» Et c'est à un rythme infernal que la Ferrari s'échappe. Les soucis de Hakkinen accentuent alors la domination de l'écurie italienne. Irvine a, il est vrai, la bonne idée de surprendre lui aussi David Coulthard dès le départ, au prix d'un freinage à quitte ou double.
Après quelques tours, alors que personne ne soupçonne les ennuis de Hakkinen, sauf ses ingénieurs reliés avec le pilote finlandais par radio, les problèmes de Coulthard sont plus visibles. Dans plusieurs virages, la McLaren laisse échapper un panache de fumée bleue à la réaccélération. Et, comme les défaillances mécaniques ne vont jamais en s'arrangeant, l'Ecossais se sait condamné à l'abandon. Derrière le trio de tête, il n'est même d'aucune utilité à Hakkinen. Et lorsque la boîte de vitesses lâche l'Ecossais, personne ne s'en aperçoit.
C'est que la situation n'est pas très confortable pour Hakkinen. Il lui faut marquer des points pour ne pas laisser Schumacher s'échapper. La saison dernière, le Finlandais ne s'était jamais retrouvé dans la position du chasseur. Et la perspective de le devenir cette saison ne le réjouit guère.
Casse et fougue. Tant que sa voiture n'aura pas la fiabilité requise pour effectuer les 305 kilomètres d'un Grand Prix (262 à Monaco), Hakkinen ne sera pas serein. Il ne peut même pas se consoler en se disant qu'un bon départ aurait changé la physionomie de sa course. Malgré la judicieuse stratégie de Ferrari - un seul arrêt pour Schumacher, deux pour Irvine. Irvine, avec le handicap d'un départ en 2e ligne et d'un second passage par son stand, a fini deuxième, histoire d'agrémenter cette 7e victoire d'une Ferrari à Monaco depuis la création du championnat du monde, en 1950 (1).
Derrière ce trio, l'impitoyable circuit monégasque a entretenu les frustrations de pilotes qui adorent pourtant s'y produire. Ainsi, Trulli a connu des ennuis mécaniques durant toute la course et a échoué dans sa quête de points (7e). Barrichello , comme son équipier Herbert, a été expédié dans le rail en vue de l'arrivée, alors qu'il était 5e. Alesi , Villeneuve, Diniz, Takagi ou encore Panis ont été victimes d'une faiblesse de leur mécanique. D'autres de leur fougue. Comme Hill, Gené, Salo et Ralf Schumacher.
(1) Celle de Marzotto en 1952 était dans le cadre d'une épreuve de voitures de sport.
LIONEL FROISSART
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