Grand Prix du Luxembourg Nurburgring
27 septembre 1998
Sans faute d'Hakkinen

Contre tous pronostics, Hakkinen n'a pas craqué face à la terrible offensive de Schumacher aux derniers Grands Prix. Mieux : pour reprendre la main et aborder l'ultime étape en leader, Mika a fait un sans-faute qui établit pour de bon son talent et son mérite.

ika et Michael devant la presse. Seuls. Ce jeudi précédant la course, les média internationaux sont à l'affût de la moindre pique. En vain. Les deux finalistes affichent une sérénité remarquable. Rien ne les met en difficulté ni ne les fait frémir ou s'accrocher; on sentirait presque une complicité, voire une connivence. Leurs équipes jouent les grandes manœuvres : au lieu de trois, quatre Ferrari et autant de McLaren trônent dans les stands.

 

Les Italiennes étrennent aussi un nouveau museau très désign... mais là surtout pour être efficace...

Vendredi est un round général d'observation, où une attention très particulière est portée aux pneus. Le premier affrontement survient samedi matin, sur une piste un peu mouillée qui provoque plusieurs dérapages, mais sans dégâts.

 

L'après-midi, après une première marque de Mika, Michael réussit une pole d'anthologie. La pluie qui vient, s'en va, revient, ne favorise pas les efforts de Hakkinen, et Irvine enfonce le couteau dans la plaie en se glissant deuxième. Les deux Ferrari devant Hakkinen, Coulthard cinquième et donc d'une aide quasi-inutile le décor est planté, tout de rouge, très rouge...

 

Audience record pour cette avant-dernière manche. Le titre peut se jouer, la météo est incertaine et Irvine-le-coriace est en travers du chemin du Finlandais, qui fait aux yeux ,de tous figure de challenger après avoir été si longtemps favori.

 

C'est justement Eddie qui s'élance en tête, mais a cause d'un loupé laisse le commandement à son chef de file avant la fin du premier tour, et se retrouve vraiment sous le nez de la McLaren. Hakkinen se méfie mais attaque, piaffe, et après quatre tours parvient à passer. Son adversaire a pris un peu de large, mais il met le paquet, collectionne les records du tour et remonte. Le ravitaillement de la Ferrari le porte en tête. Normal, à priori provisoire. Et non après son propre arrêt, le Finlandais déboute des stands juste devant l'Allemand qui freine en crabe pour éviter le choc. Bien joué. Mais pas joué car Michael s'accroche.

 

Derrière, Coulthard se forge un solide troisième rang sur lequel le reste du plateau ne parait avoir aucun espoir. Il y a pourtant une infernale bagarre pour les trois autres places récompensées par les points. Irvine, Frentzen et les Benetton ne se concèdent en effet aucun cadeau. L'un des assauts de Fisichella et Wurz sur Frentzen fait frémir d'angoisse. Ralf Schumacher, Villeneuve, Alesi et Hill s'expliquent aussi chaudement.

 

Peu après la mi-course, Mika a pu se détacher un peu et les deux hommes arrivent sur les attardés. Michael ravitaille de nouveau. 7'4. Mika idem un tour plus tard. 6"5. La grise reprend encore le manche juste devant la rouge. Génial ! Et sans doute décisif. De fait, l'écart qui monte à un peu plus de cinq secondes se stabilisé ensuite, au gré du dépassement des derniers. Mais ce n'est pas un aveu de défaite la part de Schumacher : il ne faiblit pas une seconde, res gonflé d'agressivité et malmène sa voiture qui parait saut d'un bord à Yautre de la piste. Rien n'y fait. Son retard, descend guère : au contraire il va culminer à près de se secondes à trois tours du but. Alors Mika lève un peu (juste un tout petit peu) le pied, et franchit la ligne avec avantage minime... mais ô combien suffisants..

 

Seul contre deux, le Finlandais ne pouvait compter que sur lui-même et la réussite parfaite de ses deux ravitaillements McLaren n'a que rarement raté ces derniers. Restait le pilote, mis en position délicate depuis Monza, moins crédible aux yeux des observateurs et présenté comme plus fragile et moins doué.

 

Une heure trente-deux a suffît pour apporter un cinglant démenti à ces idées reçues, et pour accorder à Mika le mérite de triompher au final du grandissime Schumacher...

 

 


 


Bernie Ecclestone

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