Grand Prix du Japon Suzuka
1er novembre 1998
Schumacher : Mauvais sort
Hakkinen champion !

Cinq semaines avaient permis aux acteurs majeurs de préparer leur ultime joute. Le combat a bien eu lieu, haletant quoique inattendu. Mais c'est le mauvais sort qui l'arbitra, aux dépens de Schumacher.

 

oint de tension, aucune nervosité. L'attitude des deux prétendants au titre cette année tranche nettement avec celle qui avait marqué les duels entre Senna et Prost, ou plus près de nous entre Schumacher et Hill puis Villeneuve. Le calme de Mika et Michael peut bien être un peu de façade, il n'empêche que l'un et l'autre paraissent parfaitement sereins.

 

Les écuries aussi, et en particulier Ferrari qui ne multiplie pas les tours de piste vendredi, s'attachant plus au samedi matin et bien sûr aux qualifications. Cela ne lui nuit pas : Schumacher prend la pole devant son rival. Les lieutenants suivent derrière, mais en ordre inverse puisque c'est Coulthard qui devance Irvine.

 

Derrière, Frentzen confirme par sa cinquième place une excellente prestation d'ensemble sur les deux jours d'essais. Villeneuve a du mal à venir s'installer dans son sillage, devant les Jordan et Benetton. Pour ces trois marques, l'enjeu est différent de Ferrari et McLaren mais important : elles jouent leur dernière carte pour finir troisième du championnat constructeurs. Une position lourde de conséquences en terme budgétaire... et pour obtenir les meilleurs emplacements dans les stands de 1999.

 

Aussi groupées, les Sauber devancent les Prost, tandis que Arrows, Stewart et Tyrrell ont bataillé pour laisser les dernières places de la grille à Minardi.

Première procédure, Trulli est en panne et relégué en fond de grille. Deuxième procédure, Schumacher cale et reçoit la même punition. La vraie tuile ! Mais Hakkinen ne vend pas la peau de l'ours : il sait de quoi son adversaire est capable. Et il a bien raison de se méfier car l'Allemand réussit un départ et un premier tour époustouflants, puis encore quatre tours d'anthologie, qui le propulsent septième ! Hill se fait plus coriace et la Ferrari reste bloquée jusqu'à ce que la Jordan ravitaille, dix boucles plus tard.

 

Pendant ce temps, Hakkinen a pris la tête, mais pas le large : Irvine le talonne. Coulthard qui a raté son départ nage au cœur du (lointain) peloton de chasse mené par Frentzen avec Villeneuve, Hill et les frères Schumacher, puis juste Michael : Ralf explose son moteur.

 

Libéré de Hill, Michael passe vite Villeneuve, et cravache pour rester devant Hill après son propre arrêt. Opération réussie, et après que les Williams et Coulthard aient à leur tour ravitaillé, l'Allemand pointe, à mi-course, en troisième position

Il est à vingt-deux secondes de son équipier et vingt-huit du leader, mais rien n'est vain : car à ce stade, il suffirait que Hakkinen ait un problème pour que Schumi marque six points et soit sacré !

 

Mais le danger vient d'ailleurs : au trentième tour, Takagi et Tuero s'accrochent violemment à la chicane. Sans doute Michael roule-t-il sur un débris : deux tours plus tard dans la ligne droite, son pneu arrière-droit explose d'un coup. La Ferrari se range sur le bas-côté. Les rouges le sont de surprise, de rage, de déconvenue. Il est 14h16, Hakkinen et McLaren-Mercedes sont champions du monde !

 

Même Eddie Irvine n'y peut plus rien. L'Irlandais voudrait tout de même alléger la douloureuse en remportant la course. Seulement sa stratégie à trois arrêts (pour être moins lourd et attaquer fort en début d'épreuve) ne joue pas en sa faveur : son dernier ravitaillement à dix tours de la fin le met à plus de vingt secondes de Hakkinen. Sauf pépin, la cause est entendue. Le large avantage qu'il possède sur Coulthard lui garantit la deuxième place, rien de plus.

 

Les vingt dernières minutes offrent encore la lutte pour la quatrième place. Hill est survolté entre les deux Williams, et ne laisse aucun répit à Frentzen. Au prix d'un énorme effort, il le passe dans la chicane au tout dernier tour. Ainsi Jordan est quatrième constructeur devant Benetton - un résultat qui ne laisse pas Frentzen indifférent... il sera lui aussi chez Jordan en 1999...


 


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