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Grand Prix d'Italie | Monza
13 septembre 1998 |
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Schumacher à égalité avec Hakkinen | ![]() |
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Pour les tifosi, une victoire Ferrari, c'est la joie ; un doublé, la liesse ; la Scudéria leur a donné tout cela, l'égalisation sur Hakkinen en prime, et c'était à Monza. De quoi déclencher la folie.
Et sans se déparer de sa sérénité, sur le sec ou le mouillé, Coulthard donne la réplique aux Ferrari toute la première journée. Samedi, le déluge de Spa revient sur la F1 et donne aux essais libres un verdict inédit : 1. Frentzen, 2. Schum junior, 3. Fisichella.
Personne ne se risque sur la piste détrempée pendant trente-cinq minutes de qualifications. Puis c'est la ruée, avec un magnifique temps de référence fixé par Jean Alesi. La Sauber pavoise en haut du tableau, mais à trois minutes de la fin est supplantée par une McLaren, puis une autre, puis Irvine, les deux Schumacher, Villeneuve et Wurz !
Comme ceux d'Alesi pour rester aux avant-postes, les efforts de Hakkinen pour signer sa neuvième pole de l'année sont vains : Schumacher obtient sa première... et met le feu à toute l'Italie. Surprenant, Villeneuve relègue les McLaren en deuxième ligne, tandis que Prost s'offre un joli tir groupé en neuvième et dixième places.
Contre toute attente, les McLaren s'échappent après un départ aussi réussi que celui de Schumacher est raté, à tel point que même Irvine et Villeneuve passent devant lui... Vite ressaisi, l'Allemand se défait de la Williams et de son équipier en trois tours. Une beau début de course que ne renie pas Damon Hill, tout aussi boulimique : de onzième et survolté, il est bientôt sixième.
Entre-temps, Hakkinen a rencontré des problèmes et dû laisser passer Coulthard, qui route bien plus vite. Mais au dix-septième tour, son V10 rend l'âme, et comme Hakkinen va de mal en pis, Schumacher prend le commandement. Diniz et Herbert sont sortis de la piste, Frentzen s'est pris deux fois les pieds dans le tapis mais continue, Nakano a eu un début d'incendie, Panis en proie à une déplorable tenue de route s'est arrêté deux fois et ne poursuit que pour l'honneur.
Par le jeu des ravitaillements, Mika revient brièvement en tête, puis rend le témoin à son rival mais se montre plus offensif qu'avant. De six secondes, l'écart descend à deux et demie en huit tours. Suspense : à sept boucles du but, tout peut encore arriver. Las ! En panne de freins, le Finlandais part en toupie, traverse les graviers et - ouf ! - se remet en piste. Mais la Ferrari est loin. La McLaren poursuit - en ce sens plus chanceuse que Wurz, Verstappen, Salo et Villeneuve, éliminés - mais souffre.
Au quarante-neuvième passage, Irvine recolle à Hakkinen et prend aussitôt la deuxième place. Encore deux tours et Ralf Schumacher s'empare de la troisième. Mika est aux abois : si son souci de freins s'aggrave, finira-t-il quatrième ? Tout de même oui, car Alesi est trop loin pour le priver de cette place, la dernière qui lui permette de ne pas être délogé du commandement du championnat.
À deux courses du but, Michael et lui sont néanmoins exaequos. Une jonction qui aura été longue à se faire après le tonitruant début de saison des McLaren. Mais comme dans la fable, Hakkinen-le-lièvre est à la merci de Schumacher-la-tortue. Profil bas, Ron Dennis fait amende honorable, reconnaît que la fiabilité a trop souvent porté préjudice à la vélocité de ses MP4/13 : "si nous perdons le championnat, nous ne pourrons nous en prendre qu'à nous".
Ce second doublé des autos rouges (après Magny-Cours) marquetait le tournant du championnat ? Jean Todt qui n'en doute pas cède à la folie contagieuse qui s'empare d'un public hystérique. L'invasion de la piste est évitée de justesse : cent-dix mille fanatiques en extase se bousculent pour fêter leurs héros et offrir à Enzo Ferrari, disparu dix ans plus tôt, le plus bel hommage.
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