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usqu'au
moment du départ, le grand prix de France ressemblait à tous les autres
pour Mika Hakkinen
. La veille, il avait obtenu sa cinquième pole position de la saison.
Différence de taille tout de même, son voisin de première ligne n'était
pas son équipier David Coulthard, mais Michael Schumacher
, déjà vainqueur il y a trois semaines à Montréal et désormais adversaire
déclaré du Finlandais au championnat. Plutôt que sur le rouge Ferrari
, Hakkinen préfère se concentrer sur celui des feux au moment du départ.
Et comme d'habitude, il prend un envol de rêve et avant même l'attaque
du premier virage à gauche, il possède déjà quelques mètres d'avance
sur Schumacher. A peine a-t-il quitté des yeux le rouge aperçu dans
ses rétroviseurs que l'homme de tête remarque des drapeaux de la même
couleur.
La course est interrompue. La voiture du revenant Jos Verstappen, qui
remplace Jan Magnussen, a calé. La monoplace représente un danger et
le directeur de l'épreuve ne veut pas prendre le moindre risque. Les
pilotes sont rappelés sous ses ordres et c'est une course complètement
différente qui commence quelques instants plus tard.
Au second départ, l'hésitation de Mika Hakkinen lui est fatale. Cette
fois, il voit nettement Michael Schumacher lui filer sous le nez,. et
même Eddie Irvine
qui s'infiltre. Avec les deux Ferrari au commandement, toute la stratégie
de l'écurie McLaren
-Mercedes s'écroule. Ce n'est plus une course confortable qui se profile
à l'horizon des 305 kilomètres à parcourir. Schumacher ne tarde pas
à prendre la mesure de l'occasion qui s'offre à lui. Avec Irvine en
protection, il sait qu'il a devant lui quelques tours pour faire la
différence. Malgré une voiture chargée en essence, l 'Allemand empile
une série de tours à un rythme infernal.
Et l'écart se creuse à raison d'une seconde à chaque passage. Il n'y
a sûrement que Schumacher et les stratèges de la Scuderia pour ne pas
être surpris. Le pilote avait pourtant prévenu. "Nous sommes revenus
à quelques centièmes des McLaren et je pense que nous sommes désormais
en mesure de les inquiéter en course." Ce n'était pas des propos dans
le vent. La Ferrari vole de virage en virage et Mika Hakkinen s'énerve
derrière l'autre Ferrari. Ce manque de patience lui coûte cher. A force
d'attaquer l'irlandais, il commet une petite faute qui l'expédie dans
un bac à graviers dont il sort miraculeusement. Quand il revient en
piste, les voitures de tête sont loin. De plus, ses pneus souillés l'obligent
à anticiper son arrêt au stand. David Coulthard
reste l'unique danger pour les flèches rouges.
Alors, l'écurie Ferrari sort le grand jeu et peaufine les arrêts au
stand de ses deux voitures. L'idée est de permettre à Schumacher de
préserver son avantage et à Irvine de rester en protection. La vingtaine
de préposés accueille d'abord Schumacher qui repart deuxième derrière
Irvine, qui ravitaille au tour suivant et rend la tête de la course
à l'Allemands Les deux arrêts ont été parfaits.
Mais, depuis le premier tiers de la course, Michael Schumacher n'augmente
plus son avance qui a culminé à 30 secondes. Mika Hakkinen a retrouvé
du tonus et le ravitaillement des Ferrari lui a permis de revenir à
une poignée de secondes. Mais Hakkinen ne se bat plus pour la victoire,
seulement pour sauver les meubles et un maximum de points. Il en a la
confirmation lorsque Schumacher ravitaille une dernière fois et repart
en tête.
Il faut les ennuis à répétition de David Coulthard, qui passe deux fois
une éternité au stand à cause d'une seringue de ravitaillement endommagée
pour qu'Hakkinen gagne facilement une place. Mais son deuxième et tardif
arrêt va le rejeter derrière les Ferrari. Et c'est derrière Irvine que
le leader du championnat vient buter en fin de course.
Derrière ce face à face Ferrari-McLaren, les autres pilotes ont le sentiment
de ne pas avoir participé au même Grand Prix. Jacques Villeneuve, le
champion du monde en titre, termine 4e à des années lumières du vainqueur
du jour, Wurz, encore
remarquable au volant de sa Benetton, se classe 5e , et Coulthard sauve
un point au finish en passant la Sauber
de Jean Alesi
, blessée après une touchette avec Frentzen
.
Lionel Froissart

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