Grand Prix de Belgique Spa Francorchamps
30 août 1998
1ere victoire Jordan
1er doublé Jordan

Conditions météo apocalyptiques, cataclysme pour treize voitures, fatal départ manqué de Mika Hakkinen, perte de contrôle de Michael Schumacher.. Spectacle inouï, la course belge fut aussi l'apothéose pour Jordan.

 

ur le terrain où il effectua ses brillants débuts et triompha déjà quatre fois, Michael Schumacher est grandissime favori, et cette épreuve peut lui permettre d'éliminer son retard - déjà réduit à sept points - sur Mika Hakkinen. À quelques lieues de sa ville natale (juste au-delà de la frontière), et soutenu par des dizaines de milliers de fans décharnés, l'Allemand est à son aise. Dès les premiers essais, il affiche sa détermination d'en finir avec la suprématie McLaren. Mais l'avance reste infime ... : un centième sur le Finlandais ! David Coulthard suit à distance honorable mais le reste du plateau est dans un autre monde. Le mieux loti, un inattendu Damon Hill, est à une seconde deux ; les Williams larguées à une-six.

 

Samedi, la bagarre est sévère mais ne laisse vite aucune chance au champion - germanique. C'est lui qui se retrouve à plus d'une seconde des monoplaces grises, et même derrière Damon Hill dont l'exploit n'est pas sans rappeler que lui aussi remporta l'épreuve, à deux reprises. Derrière les quatre écuries habituées aux premières places, Jean Alesi mène encore la 'deuxième division", avec un très net et superbe avantage sur la Benetton d'Alexander Wurz.

 

La plupart des managers et pilotes diront ensuite qu'un départ sous la voiture de sécurité s'imposait, comme cela fut d'ailleurs le cas l'an passé. Mais le début de course en avait pâti... il est bien difficile de jouer les juges dans ces conditions.

 

A l'origine de la catastrophe, une petite touchette entre Coulthard et Irvine à La Source. L'Irlandais continue mais l'Écossais a du mal à se replacer, part en travers, tape le rail, traverse la piste, et sème la panique et la désolation Quelques-uns sont passés avant, Verstappen se faufile dans le carnage, ne récoltant qu'un pneu crevé. Pour douze autres, c'est la fin du monde. Heureusement sans gros pépin sur le plan médical seul Barrichello a pris une grosse ecchymose.

 

Le Brésilien est forfait au second départ, tout comme Panis, Salo et Rosset dont ce n'est pas le tour de prendre le mulet. Le temps de nettoyer le cimetière de F1 et la pluie s'est calmée. Hill effectue un superbe départ alors que les McLaren piétinent. Du coup, l'Anglais prend la tête devant Irvine, tandis que Schumacher déborde Hakkinen. De nouveau touchette, le Finlandais part en toupie, voit passer des voitures... et reçoit Herbert dans le museau !

 

La roue avant-gauche arrachée, le tenant provisoire du titre est dans une piteuse allure... et dans une bien mauvaise posture pour la fin de saison. D'autant que Schumacher n'attend pas pour s'emparer de la deuxième place et filer le train à son ancien rival dont la Jordan ne fait manifestement pas le poids. La seconde McLaren n'offre pas de danger : Coulthard accroché avec Wurz ne poursuit que cahin-caha. Damon et Michael mènent la danse mais la Ferrari prend l'avantage au huitième tour et s'en va. Derrière, les incidents sont nombreux et variés, parfois fatals, parfois sans grave conséquence.

 

Au tiers de l'épreuve, l'Allemand a dix-huit secondes d'avance sur Hill et Alesi, comme d'habitude fameux sous la pluie mais bientôt mangé par la seconde Jordan de Ralf. Le petit Schum doublonne d'ailleurs son frère : durant plusieurs tours, les deux hommes sont les plus rapides et se taillent de solides positions. En sandwich, Hill n'a pas la meilleure place. Pas encore.

 

Schumacher la lui offre en heurtant Coulthard à qui il va prendre un tour de plus. La Ferrari sur trois roues, c'est terminé ; d'une façon qui fait sortir Michael de ses gonds, au point de devoir être ceinturé...

 

Désormais, le spectacle est sur le muret des stands, où Eddie Jordan se ronge les ongles. Sept ans de réflexions. Cent vingt-sept Grands Prix pour un doublé, le rêve absolu.

 

Peter Sauber n'est pas moins fier de son Alesi troisième, et Prost GP peut enfin goûter son premier point de l'année, grâce à Trulli.

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