e premier titre de champion du mon
de de Michael Schumacher lui
avait laissé un goût amer. Trop de drames, trop de polémiques, trop de soupçons, trop de doutes étaient venus gâcher le plaisir d'être reconnu comme le meilleur pilote de Formule 1 de l'année. Alors,
Schumacher s'était juré d'effacer cette frustration née de cette saison 1994 chaotique. 1995 serait l'année
de son vrai sacre. Ce qu'elle fut.
De la première à la dernière course, le jeune pilote a voulu mettre les formes à la construction de son deuxième titre de champion du monde. Il a d'abord jaugé ses adversaires,
a fait le compte des plus redoutables, pour mieux les neutraliser ensuite.
Très vite, il n'en est resté qu'un, et ce fut, comme prévu, Damon Hill et sa formidable Williams-Renault.
Intraitable sur la piste, Michael Schumacher a su mener et gagner la bataille
psychologique engagée dans la coulisse du paddock. Là encore, Schumacher s'est montré le
plus fort. Intraitable.
Et quand le vide fut fait autour de lui, il a su exposer un panache
qu'on ne lui connaissait pas. Le froid calculateur s'est mué en un formidable compétiteur, capable d'exploits gratuits pour le seul plaisir de triompher. Du haut de ses vingt-six ans, Michael Schumacher, nouvelle idole d'une Allemagne sous le charme, est devenu grand. Son talent et sa maîtrise
lui ont fait prendre place parmi les plus grands pilotes de l'histoire de la
Formule 1.
Insatiable et ambitieux, Schumacher considère que le temps est déjà venu de relever de nouveaux défis.
Son prochain porte un nom magique: Ferrari.

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