Grand Prix d'Argentine Buenos Aires
9 avril 1995

Hill s'affirme, Alesi surprend




















uatorze ans après, la Formule 1 revient dans le pays du plus prodigieux de ses pilotes, le quintuple champion du monde Juan Manuel Fangio. Sur l'autodrome Oscar Alfredo Galvez de Buenos Aires, la pluie abondante se mêle aux combats pour les deux séances de qualifications. Dans ces conditions, c'est à un véritable festival de sorties de piste et de tête-à-queues auquel on assiste, notamment le vendredi, avec pas moins de douze voitures victimes de dérobades incontrôlées ! Sur le fil, à quelques minutes de la fin de séance, David Coulthard s'élance sur une piste plus clémente, et signe le meilleur chrono, devant son équipier Hill, qui confirme la forme de la FW17, et l'Allemand Schumacher qui précède Eddie Irvine, surprenant au volant de sa Jordan Peugeot... Pour son dixième Grand Prix seulement, l'Ecossais Coulthard vient de signer une pole position qui le fait sortir de l'ombre, et prouve que l'équipe Williams ne donne aucune consigne particulière à ses pilotes, traités sur un pied d'égalité.


Le départ offre un rush parfait de Coulthard qui conserve la pole, tandis que Jean Alesi, freinant sur une portion encore humide de la piste, provoque un carambolage par son tête-à-queue. Sept voitures sont hors course, et le drapeau rouge est aussitôt agité par les officiels. Ce qui permet au pilote français, imité par Panis, de prendre part au second départ au volant de son mulet. Au deuxième feu vert, bis repetita : l'Ecossais de Williams se propulse en tête au premier virage, tout comme Schumacher qui prend l'avantage sur Hill. Une fois encore, le premier virage est le théâtre d'un accrochage, qui voit cette fois Hakkinen et Irvine s'accrocher lors du premier freinage : le Finlandais est hors course,- tandis que l'irlandais repartira pour quelques tours seulement, trahi par une fuite d'huile...

 

La Benetton en rodage...
En tête de la course, Coulthard s'échappe, profitant du blocage "involontaire" de Hill derrière le champion du monde en titre. Mais la domination de l'Ecossais est de bien courte durée, et tout ses espoirs de victoire s'envolent dans le sixième tour, lorsqu'il est victime d'une coupure de son moteur, qui le contraindra à l'abandon quelques tours plus tard. Désormais, Hill se fait de plus en pressant derrière Schumacher. A l'entame du onzième tour, l'Anglais fait superbement l'intérieur dans le freinage du bout de la ligne droite. Dans le peloton des poursuivants, le surprenant Mika Salo sur sa Tyrell, un temps 4ème, finit par céder aux attaques de Jean Alesi, qui ne tardera pas à occuper la tête de la course, dès lors que Hill et Schumacher auront procédé au premier de leurs trois ravitaillements. Lorsque son tour est venu de s'arrêter, l'Anglais reprend définitivement son bien, tandis que Schumacher, dominé, reste sagement en troisième position, avant de signer le meilleur tour en course grâce à un train de pneus idéal. Lorsque Damon s'arrache des stands à l'issue de son troisième et dernier arrêt, Alesi n'est plus qu'à 4 petites secondes ! D'aucuns se mettent alors à rêver d'un retour au tout premier plan du V 12 italien, qui ne manquerait pas de donner du piment au duel Williams-Renault/Benetton-Renault ! Mais malgré la fougue du pilote avignonnais, les positions resteront figées jusqu'au drapeau à damiers. Après la gifle brésilienne, la constance des voitures rouges de la Scuderia surprend. Berger, victime d'une crevaison et d'une course plus laborieuse, réussit à prendre le point de la sixième place... Herbert, le quatrième, est à un tour, suivi par un Frentzen qui démontre le potentiel de sa Sauber-Ford. Sur le podium, Damon Hill a le sourire des jours de gloire : il vient de signer sa dixième victoire en Grands Prix. Pas encore totalement affûtée, la Benetton de Schumacher a marqué le pas. "J'ai passé quatre trains de pneus, ils étaient tous différents, maintenant il nous faut analyser et tenter de comprendre pourquoi. " L'Allemand est mécontent...