Grand Prix de San Marin Imola
30 avril 1995

Damon Hill, en souvenir d'Ayrton
n découvrant le nouveau tracé du circuit bolognais d'Imola où les virages de Tamburello et Tosa ont été remaniés, le souvenir des pilotes est ravivé par le souvenir d'un sinistre week-end qui devait enlever au monde du sport la grâce de Senna, ainsi que la vie du pilote autrichien Ratzenberger... Entre l'ombre de l'inégalable Brésilien, planant toujours sur les lieux, et la pression nouvelle pesant sur Ferrari, qui vient de raviver la flamme des tifosi en prenant la tête du championnat des constructeurs, la course promet d'être ouverte. Le retour de Nigel Mansell dans le baquet de la McLaren constitue l'un des intérêts du week-end, ainsi que les nouvelles évolutions des V12 Ferrari et du V10 Renault... Ecrasés de soleil, les essais voient une bataille "kolossale" entre la Benetton-Renault de Schumacher, les Williams-Renault de Hill et de Coulthard et les Ferrari de Berger et Alesi. Les cinq gladiateurs se tiennent en une demi-seconde ! A six minutes de la fin de séance ce vendredi, Hill est en pole, mais s'en fait déposséder par Schumacher, puis par Coulthard. Mais ce n'est pas fini ... Dans son second tour lancé, l'Allemand reprend une nouvelle fois la pole en 1'27"274 ! Derrière, Berger fait hurler son V12 de la plus belle des manières, en échouant sur Hill pour seulement 8/1000 de seconde, soit 40 centimètres ! Sur une piste humide, le peloton s'élance en pneus-pluie, dans l'ordre de la grille pour les six premiers. Comme chaque fois dans des conditions de pluie et d'humidité instables, les stratégies des teams s'échafaudent dans le secret des paddocks. En tête, le premier à rentrer aux stands est Berger, qui va repartir aussitôt en pneus slicks, qui lui permettront d'effectuer une remontée impressionnante ... En tête, Schumacher adapte la même stratégie en passant par son stand au 10ème tour, en même temps que Hill. L'Allemand n'aura pas l'occasion de boucler un tour en pneus lisses, sortant soudain très violemment de la piste à Piratella. Avec le pit-stop de Coulthard, c'est Berger qui prend le commandement. Passée la première salve de ravitaillements, deux duels animent la course : Hill, deuxième, a décidé de grignoter les 7 secondes qui le séparent de Berger, tandis que Jean Alesi, collé à la Williams de l'Ecossais, entame quelques manoeuvres d'intimidation...

Quand le champion du monde part à la faute...
Le champion du monde étant hors course, la lutte entre les Williams-Renault et les Ferrari fait rage, sous les drapeaux de tifosi déchaînés. Lorsqu'il stoppe à son stand pour ravitailler, Berger cale, et perd un temps précieux avant de reprendre la piste en... quatrième position. En tête, Hill a du mal à creuser l'écart, tant les pilotes attardés de chez Minardi et Forti bouchonnent, oubliant tout simplement de surveiller leurs rétroviseurs ! Coulthard, libéré de la pression du Français qui est à son stand, va attaquer son équipier, mais sera victime d'un tête-à-queue. Quelques tours plus tard, le duel Alesi-Coulthard reprend de plus belle, poussant les deux hommes jusqu'au contact dans Rivazza. Dans le 35ème tour, c'est Alesi qui va prendre définitivement le meilleur sur l'Ecossais, qui doit marquer un ,,stop-and-go" pour vitesse excessive dans les stands...

Alesi de plus en plus "chaud" pour la victoire
Peu de temps après, Berger est tout heureux de s'emparer de la troisième place, que Coulthard abandonne dans un nouvel arrêt ravitaillements. Derrière, Hakkinen et Frentzen réalisent une fin de course sérieuse, tandis que Mansell et Irvine sont à la peine, limitant les dégâts dus à leur accrochage du 43ème tour. Mansell, 9ème temps sur la grille, était très mal parti, avant d'opérer une belle remontée en cinquième position, ce qui aurait été un résultat honorable pour son retour au volant d'une monoplace. Anonyme malgré l'abandon prématuré de Schumacher, Johnny Herbert ne termine que septième. Pour la première fois, Damon Hill prend la tête du championnat du monde, tandis que Jean Alesi est son dauphin sur le podium, pour la deuxième fois consécutive. Véritablement au pied du succès, il affiche un sourire de gagneur, et la confiance semble être pour lui une alliée de poids à présent ... Pour Briatore, il ne fait aucun doute que la victoire du Français se profile : "Si ce n'est pas à Barcelone, je pense que cela ne devrait pas trop tarder", confiait-il avant ce Grand Prix, avant de rajouter "Je serais heureux que Jean se mette enfin à gagner cette année. Mais plus tard. Surtout pas ici ! Ici, je veux que ce soit nous". Le sort devait sourire finalement au team Williams ... Il aura suffi de la présence des deux pilotes Ferrari sur le podium pour que tous imaginent prochaine une victoire de la Scuderia... Du rêve à la réalité ?