Grand Prix du Portugal Estoril
24 septembre 1995
Course parfaite de Coulthard :
Pole, record du tour et victoire




















oulthard, qui dit apprécier les nouveaux réglages de sa monoplace, signe le meilleur temps des essais, dominant son équipier et surtout Schumacher, qui se trouve à 8/10 ! Si les nouvelles McLaren (respectivement 12ème et 13ème temps) sont décevantes, en revanche la cinquième position de l'Allemand Frentzen sur la grille est à saluer.

Au feu vert, le monde de la Formule 1 est soudainement plongé dans l'effroi, avec la terrible cabriole dont est victime Katayama qui, serrant d'un peu trop près la Minardi de Badoer, effectue plusieurs tonneaux avant de retomber sur l'arceau en pleine ligne droite... On craint le pire, mais passé le moment délicat de l'extraction du pilote, les nouvelles sont rassurantes : le "petit samouraï", comme on le surnomme, n'a pas de lésions graves. Toutefois, il restera en observation à l'hôpital jusqu'au lendemain, ayant tout de même eu les vertèbres cervicales malmenées. Tandis que Coulthard s'empare du commandement dès le second feu, Schumacher prend un départ "canon" depuis la deuxième ligne et réussit à rentrer dans le premier virage devant Hill, repoussant ainsi son rival à la troisième place. Collés à leurs ailerons, Berger, Herbert, Alesi, Brundle, Irvine et Barrichello garderont leurs positions seize tours durant. Devant, Schumacher est moins à l'aise que Hill, et permet à Coulthard de grappiller des secondes précieuses. Les premiers ravitaillements vont aggraver la situation du pilote anglais, qui y perd 9 secondes, gêné par une roue récalcitrante, puis par Berger. Enfin, il va buter sur Alesi, qui le bloque et lui fait perdre 10 nouvelles secondes en quatre tours.

70 victoires pour Renault!
Quand Schumacher s'arrête pour un nouveau ravitaillement, la Williams de Hill prend la deuxième place, puis la première lorsque son équipier effectue à son tour un pit-stop. Mais cette position privilégiée sera de courte durée, car Damon va rester immobilisé plus de 11 secondes, pour embarquer plus d'essence et rallier ainsi l'arrivée sans nouvel arrêt. Reprenant la piste en troisième position, il ne reprendra du poil de la bête qu'à la faveur du troisième ravitaillement de Schumacher, qui surprend par cette stratégie. Il ne faudra d'ailleurs à ce dernier que quelques six tours pour fondre sur la monoplace de Hill, qui est de plus en plus en délicatesse avec ses pneus qu'elle doit pourtant ménager jusqu'au drapeau. Le constatant, l'Allemands qui a fait la jonction, porte une attaque aussi audacieuse qu'imparable au "tire-bouchon", portion où Frentzen, l'autre pilote allemand de talent parti du fond de la grille après avoir calé au départ, a effectué un nombre considérable de dépassements pour se hisser à la cinquième place à cet instant de la course. Les positions resteront figées jusqu'à l'arrivée. David Coulthard est donc venu à bout, et de son équipier et virtuel pilote numéro un de l'équipe, et du champion du monde en titre.

Pour David, c'est la "douche écossaise" au champagne sur le podium de ce premier triomphe... Troisième pilote à remporter cette saison un premier succès en Grand Prix, il offre par ailleurs au moteur Renault sa 70ème victoire. "J'ai été sous pression jusqu'à la fin de la course, je pensais que Michael n'allait faire que deux ravitaillements, mais en fait, il s'est arrêté à trois reprises. Je n'avais plus qu'à maintenir une marge de sécurité suffisante et heureusement, tout cela s'est passé ainsi... " A quatre longueurs de la fin de la saison, Schumacher compte désormais 17 points d'avance sur son rival anglais, qui n'aura plus droit à l'erreur : "Vue l'avance de Michael, il faudrait un miracle pour que je puisse remporter le titre ", reconnaît-il, très déçu.