Grand Prix de Monaco 28 mai 1995

Schumacher et Renault princes de Monaco









a Principauté subit sa 53ème métamorphose en ce 28 mai, et propage l'écho assourdissant du V12 de la Ferrari de Jean Alesi, qui signe la pole provisoire dès le jeudi. Le samedi, c'est avec autorité que Schumacher s'octroie le meilleur temps. En panne de boîte, Alesi ne peut relever le défi, et voit Hill, Coulthard et Berger le précéder sur la grille... Mais c'est finalement le Britannique Damon Hill qui, sur ce tracé où son père a par cinq fois triomphé, s'assure de la pole-position, reléguant le champion du monde à près de 8/10e de seconde. Après la démonstration de Barcelone, on sait à présent la Benetton B 195 de Schumacher tout à fait performante, et l'Allemand plein de la légitime ambition de gagner, en toutes circonstances. Au feu vert, sur une piste où le soleil est enfin revenu, le premier sprint est, comme à son habitude, synonyme de "tôle froissée". A Sainte Dévote en effet, Coulthard se trouve pris en sandwich entre les Ferrari de Berger et Alesi. Derrière, cela s'emboîte à qui mieux mieux : Salo, Katayama, Morbidelli, Frentzen et Schiattarella obligeant tout ce beau monde à se repositionner sur la grille pour un second départ... Hill, une fois encore, s'élance parfaitement, virant en tête devant Schumacher, Coulthard, Alesi, Berger, Herbert et Hakkinen. Les deux leaders se détachent du peloton des poursuivants, et Hill creuse l'écart sur l'Allemands mais trois secondes d'avance ne suffisent pas au Britannique pour conserver le commandement, à l'issue de son premier arrêt dans le 24ème tour. Schumacher est passé, et ne semble pas encore vouloir opérer de pit-stop.

Alesi fou de rage contre son "ami" Brundle
Chez Williams-Renault, on sent bien que l'équipe Benetton est en train de jouer, et que ses pilotes ne vont marquer qu'un seul arrêt. C'est aussi le choix de Jean Alesi qui a profité du ravitaillement de Hill pour s'octroyer une seconde place qui le survolte. En tête le temps d'un tour, il succède à Schumacher aux stands, et repart derrière ce dernier. Le Français, bien que distancé de plus de dix secondes, n'a pas renoncé, mais le voilà qui bute sur la Ligier de Brundle, à qui il va prendre un tour. Cette dernière attaque un peu trop fort pour rattraper un arrêt de pénalité... C'est alors qu'elle part en tête-à-queue à la Piscine, contraignant la Ferrari n°27 à taper le rail pour éviter un choc plus grave. Alesi est furieux contre son grand "ami"... "Je le déteste, il me déteste. Chaque fois, il veut me faire une crasse ! ", déclarera-t-il à chaud, en évoquant le pilote Ligier. Pour seule consolation, il repartira de Monte-Carlo avec la satisfaction du meilleur tour en course... Hill récupère la deuxième place, mais ne se fait guère d'illusions quant à ses chances de victoire : il lui reste en effet un ravitaillement à effectuer. Berger, malgré deux arrêts contre un seul à Herbert, prend le meilleur sur ce dernier à la mi-course, et ne sera plus inquiété. Derrière eux, Blundell a remplacé positivement Mansell et Frentzen occupe la sixième. Quant à Jean-Christophe Boullion, ex-pilote d'essai Williams-Renault et nouveau pilote Sauber Ford, il termine huitième, non sans avoir réalisé un tête-à-queue dans le dernier virage, et bénéficié des abandons de Badoer et de Panis, victimes de touchettes aux conséquences irréversibles. Une fois encore, la stratégie Benetton a été la bonne, alors que Ferrari a dignement tenu son rôle de "troisième larron". L'Allemand, qui déclarait "ne pas avoir droit à l'erreur", vient d'offrir au moteur Renault sa première victoire en Principauté.