Grand Prix de Hongrie Hungaroring
13 août 1995
Hill à la relance, Coulthard confirme...












près ses deux faux pas de Silverstone et d'Hockenheim, Damon Hill est véritablement au pied du mur, presque remis en cause au sein même de son écurie... Il est urgent qu'il réponde à ses détracteurs, et qu'il prouve à tous qu'il est digne de son rang de challenger numéro 1 de l'Allemand. Ce qu'il démontre de fort belle manière, à l'occasion des deux séances qualificatives, où seul son équipier Coulthard sera en mesure de contester sa domination. Sur ce tracé où les dépassements sont difficiles, le Britannique est décidé plus que jamais à s'élancer en pole. Schumacher, qui a la même ambition, tentera vainement de déloger l'ahurissant chrono de Hill ... Généreux lui aussi dans l'effort, il effectuera même un superbe 360° dans le dernier virage, remettant crânement plein gaz pour franchir dans son élan la ligne.
Sous le soleil inondant le tourniquet du Hungaroring, Hill réalise un départ irréprochable. Tentent bien de le suivre Coulthard, Schumacher, Berger et Hakkinen, mais l'Anglais se détache irrésistiblement, d'une seconde plus rapide au tour... Profitant d'un moment de faiblesse de l'Ecossais qui le précède à la chicane, Schumacher trouve l'ouverture et s'empare de la deuxième place. Comme à l'accoutumée, les premiers ravitaillements profitent à sa Benetton, qui après moins de sept secondes d'immobilisation, repart juste sous le museau de Jean Alesi , remis de sa violente sortie de piste du vendredi. Mais quelques tours plus tard, l'Allemand opère un deuxième arrêt, car un dysfonctionnement a empêché de verser la quantité de carburant prévue !

Hill de bout en bout
Hill, opérant un cavalier seul en tête de la course, conservera le commandement après son dernier ravitaillement. Schumacher tente bien de remonter, mais l'Anglais le contrôle par panneautage interposé. Dans le peloton des seconds rôles "de luxe", Alesi, Barrichello, Berger, Brundle et Herbert en décousent pour les places à points. Mais le pilote français casse son moteur, tout comme Blundell, et encore Brundle. Quant à Irvine, victime de l'embrayage, il n'aura pas la chance de rallier l'arrivée. C'est le cas également pour l'Allemand Schumacher qui, à quatre tours du drapeau, explose son moteur. Rangeant sagement sa monoplace sur le gazon brûlé par le soleil magyar, il assiste au premier doublé des Williams-Renault depuis celui du Portugal en 1994. Derrière, la Jordan-Peugeot de Barrichello, en proie à un problème d'alimentation d'essence, doit laisser passer à 300 mètres de la ligne Berger, Herbert, Frentzen et Panis. Il hérite de la plus mauvaise place : septième. Sur le podium, le trio de tête s'asperge gaiement au champagne, et Hill, revenu à 11 points au championnat, savoure son carton plein du week-end : pole, victoire et meilleur tour en course. "Nous savions ce que nous avions à faire, et je pense que nous avons bien contrôlé la course." affirme ce dernier à l'arrivée. Pour une fois, la stratégie des trois ravitaillements, contre deux pour le team Benetton, était la bonne. Ce fut d'ailleurs celle adoptée par tous les pilotes dans les points. "Nous avions choisi la bonne stratégie, même si, jusqu'à l'abandon de Michael, rien n'était acquis. Je suis ravi, c'est un excellent weekend pour toute l'équipe ! " Aussi, Coulthard n'est pas le dernier à le reconnaître : "Pour être tout à fait honnête, je dois dire que j'ai été très surpris de voir la rapidité avec laquelle Damon a creusé l'écart. Quant à moi, j'ai connu des problèmes de survirage avec mon premier train de pneus, ce qui a permis à Michael de me doubler dans la chicane. Mais je suis heureux d'être deuxième pour la seconde fois consécutive." En quittant le circuit hongrois, Hill doit se dire qu'il vient de prendre le bon virage dans cette deuxième partie de championnat.